Renarde à neuf queues métamorphosée en concubine du roi Zhou, dernier souverain de la dynastie Shang (XIe s. av. J.-C.). Figure démoniaque de la mythologie chinoise, elle incarne la séduction maléfique et la tyrannie. Sa cruauté légendaire contribua à la chute de la dynastie Shang, vaincue par le roi Wu des Zhou.
Daji
Daji
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Questions fréquentes
Faits marquants
- XIe s. av. J.-C. : Daji prend possession du corps d'une jeune femme pour devenir la concubine du roi Zhou des Shang
- Selon la légende, elle pousse le roi à des actes de cruauté et de débauche qui aliènent noblesse et peuple
- La chute de la dynastie Shang est attribuée en partie à son influence maléfique sur le souverain
- Elle est un archétype du motif de l'esprit-renard (huli jing) dans la mythologie et la littérature chinoises
- Son histoire est popularisée par le roman mythologique 'La Canonisation des dieux' (Fengshen Yanyi, XVIe s. ap. J.-C.)
Œuvres & réalisations
Les Mémoires historiques constituent la première grande source historique mentionnant Daji par son nom et décrivant son influence sur le roi Zhou. Elles fixent l'image de Daji comme cause principale de la chute des Shang.
L'un des Cinq Classiques confucéens, il contient des chapitres relatifs à la campagne de Wu Wang contre les Shang et à la tyrannie du roi Zhou. Il est cité comme justification morale du changement de dynastie.
Recueil de biographies de femmes exemplaires ou mauvaises, compilé par le lettré Liu Xiang. Daji y figure comme archétype de la 'femme pernicieuse' responsable de la ruine d'un État, dans la section des mauvaises épouses.
Roman mythologique qui codifie la figure de Daji comme renarde à neuf queues envoyée par des divinités pour détruire les Shang. C'est l'œuvre qui a le plus profondément façonné l'image populaire de Daji dans la culture chinoise jusqu'à nos jours.
Roman historique relatant les royaumes de la période des Royaumes combattants, qui inclut des références aux événements de la fin des Shang comme contexte. Il contribue à entretenir la mémoire de Daji dans la littérature populaire chinoise.
Anecdotes
Dans les textes anciens comme les Mémoires historiques de Sima Qian (Shiji), Daji est décrite comme la favorite du roi Zhou, dernier souverain des Shang. Sa beauté et son ascendant sur le roi lui auraient permis d'influencer toutes les décisions du royaume, y compris les sentences de mort contre les nobles qui osaient critiquer le souverain.
La légende du 'paolao' (炮烙) lui est attribuée : un supplice consistant à faire marcher les condamnés sur un cylindre de bronze chauffé à blanc suspendu au-dessus d'un brasier. Ce dispositif de torture illustre, dans la tradition chinoise, la cruauté extrême associée à la fin de la dynastie Shang.
Le 'lac de vin et la forêt de viande' (酒池肉林, jiǔchí ròulín) est l'une des images les plus célèbres liées au règne du roi Zhou sous l'influence de Daji : un étang rempli de vin et des arbres dont les branches auraient été garnies de viande, symbole de l'extravagance et du gaspillage qui précipitèrent la chute de la dynastie.
Dans la mythologie populaire codifiée au XVIe siècle dans le roman Fengshen Yanyi (La Canonisation des dieux), Daji est une renarde à neuf queues envoyée par des forces démoniaques pour corrompre le roi Zhou et provoquer la fin des Shang. Elle est finalement exécutée par Jiang Ziya, stratège du roi Wu des Zhou, après la victoire de la bataille de Muye.
Daji est devenue en Chine l'archétype littéraire et moral de la 'femme renversant les dynasties' (傾國之色, qīngguó zhī sè) : une beauté fatale dont la séduction dévaste le pays. Cette figure a profondément marqué la littérature et la pensée morale chinoises pendant des siècles, servant d'avertissement sur les dangers de la tyrannie et du vice.
Sources primaires
Le roi Zhou aimait le vin, la débauche et la musique. Il était épris de Daji et obéissait à toutes ses paroles. Il fit construire des jardins de plaisance, accumula les richesses des greniers publics pour combler ses désirs et intensifia les impôts.
Le roi Zhou ne cherche qu'à plaire à une seule femme. Il a offensé le Ciel et la Terre. Il méprise ses ancêtres et ne sacrifie plus. C'est pourquoi le Mandat du Ciel lui a été retiré.
Daji était la favorite du roi Zhou. Tout ce qu'elle désirait, le roi le lui accordait sans restriction. Ceux qui s'opposaient à ses caprices étaient mis à mort. Les sages et les loyaux se dispersèrent.
La renarde à neuf queues, mandatée par Nüwa pour troubler les Shang, prit possession du corps de Daji et séduisit le roi Zhou. Par ses sortilèges et sa cruauté, elle fit périr d'innombrables innocents et précipita la chute de la dynastie.
La douzième année du roi Zhou, il prit Daji comme épouse principale. Dès lors, les rites du royaume furent abandonnés et les châtiments se multiplièrent contre les vassaux fidèles.
Lieux clés
Capitale du royaume Shang sous le règne du roi Zhou, dans l'actuel comté de Qi (Henan). C'est là que Daji résidait à la cour royale, et que se déroulent les scènes de tyrannie et de débauche décrites dans les sources.
Site de la bataille décisive de 1046 av. J.-C. où les armées de Wu Wang des Zhou écrasèrent les Shang, mettant fin à la dynastie. Près de l'actuelle ville de Xinxiang (Henan), ce lieu marque la fin du règne du roi Zhou et de Daji.
Site archéologique majeur dans le Henan, révélé au XXe siècle, où furent découverts des milliers d'os oraculaires et les tombes royales Shang. Ces fouilles ont permis de valider historiquement l'existence de la dynastie Shang et de plusieurs de ses souverains.
Région du Shaanxi d'où étaient originaires les Zhou, vassaux des Shang qui finirent par les renverser. C'est le berceau de la civilisation qui mit fin à la tyrannie de Daji et du roi Zhou selon la tradition.
Territoire du clan You Su, dans l'actuel Henan, dont le roi Zhou aurait conquis les terres et ramené Daji comme prisonnière de guerre avant d'en faire sa favorite. Ce lieu symbolise le début du mythe.
Objets typiques

Tripode en bronze à décors de taoties (masques animaux), utilisé pour les sacrifices aux ancêtres. Ces vases sont le symbole du pouvoir royal sous les Shang et étaient au cœur de la vie cérémonielle de la cour où évoluait Daji.

Carapaces de tortues et omoplates de bœufs sur lesquels les devins royaux gravaient des questions pour consulter les ancêtres. La cour Shang pratiquait intensément la divination, y compris pour des décisions de gouvernance influencées par les favoris du roi.

Instrument de supplice légendairement attribué à Daji : un cylindre métallique incandescent sur lequel les condamnés devaient marcher. Il est devenu dans la tradition l'emblème de la cruauté de la cour de Zhou.

Petite coupe tripode en bronze servant à verser les libations et à consommer le vin de millet lors des banquets royaux. La surconsommation de vin par le roi Zhou, encouragée selon la tradition par Daji, est citée dans les textes anciens comme signe de décadence.

Bijoux et parures en jade finement sculptés, symboles de rang et de vertu dans la culture Shang. Les concubines royales portaient des ornements en jade qui signifiaient leur statut à la cour.

Vêtements en soie aux teintes vives, tissés et brodés selon des techniques déjà sophistiquées sous les Shang. Les concubines de haut rang comme Daji s'habillaient de soieries réservées à l'élite royale.

Instruments de musique utilisés lors des banquets et des rituels de la cour Shang. Les festivités musicales organisées par le roi Zhou pour Daji sont décrites dans les sources historiques comme une source de dépenses ruineuses pour le royaume.
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Daji se levait dans ses appartements du palais de Zhaoge, servie par de nombreuses suivantes qui l'aidaient à se coiffer avec des épingles en jade et en bronze doré. Elle revêtait des robes de soie superposées aux couleurs vives, signe de son rang de favorite royale. Les matinées commençaient par des offrandes aux ancêtres dans les appartements privés du roi.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux audiences royales où Daji siégeait aux côtés du roi Zhou, influençant ses jugements selon les sources historiques. Des musiciens jouaient de la cithare et des cloches de bronze pour divertir la cour, tandis que des artisans présentaient leurs bronzes rituels et leurs soieries. Des séances de divination par os oraculaires ponctuaient également les journées de la cour.
Soir
Les soirées du palais Shang étaient réputées pour leurs banquets fastueux : vin de millet servi dans des coupes en bronze, viandes rôties et mets recherchés. Daji présidait ces réjouissances aux côtés du roi, dans des jardins illuminés par des torches. Les textes anciens décrivent des festivités qui se prolongeaient jusqu'à l'aube, symbole du déclin moral associé à cette époque.
Alimentation
L'alimentation de la cour Shang reposait sur le millet et le riz, viandes de bœuf, mouton et porc réservées aux rituels et aux banquets royaux, accompagnés de légumes et de fruits. Le vin de millet fermenté (jiǔ) était consommé en grande quantité lors des cérémonies et festins. Les aliments étaient cuisinés dans d'imposants chaudrons en bronze et présentés sur des plateaux laqués.
Vêtements
Les concubines royales Shang portaient des robes de soie longues aux couleurs vives — rouge, jaune et noir dominant — brodées de motifs géométriques et animaux. Des ceintures en cuir laqué et des ornements en jade (bracelets, pendentifs, épingles à cheveux) complétaient la tenue. La soie était un matériau précieux réservé à l'aristocratie, et la qualité des broderies signalait le rang de la porteuse.
Habitat
Le palais de Zhaoge était une vaste enceinte de bâtiments en bois sur plateformes de terre battue, aux colonnes de bois laqué rouge et noir, aux toits de chaume ou de tuile. Les appartements royaux étaient ornés de bronzes rituels, de jades sculptés et de soieries. Les fouilles archéologiques d'Anyang ont révélé des palais Shang aux fondations imposantes, entourés de fosses sacrificielles et de dépôts rituels.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Peinture numérique inspirée de l'art de cour chinois ancien, mêlant faste des Shang (bronzes, jade, soieries) et atmosphère sombre et surnaturelle de la mythologie des esprits-renards.
Ambiance sonore
Atmosphère de cour impériale des Shang tardifs : cloches de bronze, tambours rituels, soieries bruissantes, banquets nocturnes et tension sourde d'un palais au bord de l'abîme.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Shiji (史記) — Sima Qian
vers 94 av. J.-C.
Shangshu (尚書) — Livre des Documents
compilé entre le VIe et le IIIe s. av. J.-C.
Lienü Zhuan (列女傳) — Liu Xiang
vers 18 av. J.-C.
Fengshen Yanyi (封神演義) — Xu Zhonglin
XVIe siècle (dynastieMing)
Dongzhou Lieguo Zhi (東周列國志)
XVIIe siècle






