Actrice française née en 1917 et décédée en 2017, Danielle Darrieux est l'une des plus grandes stars du cinéma français. Sa carrière exceptionnelle de huit décennies l'a vue tourner sous la direction des plus grands cinéastes.
Danielle Darrieux(1917 — 2017)
Danielle Darrieux
France
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 1er mai 1917 à Bordeaux, elle débute au cinéma à 14 ans en 1931
- Révélée au grand public avec Mayerling (1936) aux côtés de Charles Boyer
- Elle tourne dans plus de 100 films au cours de sa carrière
- Elle continue à jouer jusqu'à un âge très avancé, notamment dans 8 Femmes (2002) de François Ozon
- Décède le 17 octobre 2017 à l'âge de 100 ans
Œuvres & réalisations
Premier film de Danielle Darrieux, réalisé par Wilhelm Thiele, dans lequel elle joue à 14 ans le rôle d'une jeune pianiste. Ce film marque le début d'une des plus longues carrières de l'histoire du cinéma mondial.
Film d'Anatole Litvak où Darrieux incarne la baronne Marie Vetsera, l'amante tragique du prince héritier Rodolphe d'Autriche, face à Charles Boyer. Ce film la propulse au rang de star internationale et lui vaut des offres d'Hollywood.
Film de Max Ophüls adapté d'Arthur Schnitzler, dans lequel Danielle Darrieux est l'une des figures centrales d'une ronde amoureuse viennoise. Considéré comme un chef-d'œuvre du cinéma français d'après-guerre.
Film de Max Ophüls dans lequel elle joue une comtesse mondaine au destin tragique à travers une paire de boucles d'oreilles qui change de mains. Présenté à Cannes, unanimement salué comme un chef-d'œuvre absolu du cinéma européen.
Comédie musicale de Jacques Demy où Danielle Darrieux, à 50 ans, chante et danse aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Un témoignage éclatant de sa polyvalence et de son énergie intacte.
Comédie musicale policière de François Ozon réunissant huit grandes actrices françaises. À 85 ans, Danielle Darrieux y incarne la grand-mère espiègle et obtient avec la troupe un Ours d'argent à la Berlinale.
Anecdotes
Danielle Darrieux débute au cinéma à seulement 14 ans, en 1931, dans Le Bal réalisé par Wilhelm Thiele. Repérée lors d'une audition, elle est engagée pour son rôle de jeune pianiste et le film est immédiatement un succès. Ce coup d'essai est un coup de maître : la jeune actrice devient une vedette presque du jour au lendemain.
En 1936, Mayerling d'Anatole Litvak, dans lequel elle incarne la baronne Marie Vetsera face à Charles Boyer, la propulse sur la scène internationale. Hollywood lui propose des contrats mais Danielle Darrieux refuse de s'installer durablement en Amérique, préférant rester fidèle au cinéma français — un choix rare pour une star de ce niveau à l'époque.
En 1942, Danielle Darrieux participe à un voyage en Allemagne organisé par Continental Films, société de production nazie opérant en France occupée. Elle affirme avoir accepté pour tenter d'obtenir la libération de son fiancé Porfirio Rubirosa, interné par les Allemands. Cet épisode reste l'un des plus controversés de sa carrière et illustre les dilemmes moraux auxquels les artistes étaient confrontés sous l'Occupation.
En 1967, Jacques Demy lui offre un second souffle dans Les Demoiselles de Rochefort, aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. À 50 ans, Danielle Darrieux y chante et danse avec une légèreté qui éblouit les critiques, prouvant que son talent traversait les décennies sans s'essouffler.
En 2002, François Ozon réunit huit grandes actrices françaises — dont Isabelle Huppert, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart — dans 8 femmes, une comédie musicale policière. Danielle Darrieux, à 85 ans, y interprète la doyenne avec une malice désarmante, et toute l'équipe reçoit un Ours d'argent collectif à la Berlinale.
Sources primaires
J'avais quatorze ans, je ne savais pas ce que je faisais. On m'a dit : joue, et j'ai joué. Je n'avais peur de rien parce que je ne savais pas qu'il y avait de quoi avoir peur.
Je n'ai jamais eu d'autre objectif que d'obtenir la libération de l'homme que j'aimais. Je n'ai rien signé, rien approuvé, rien célébré pour l'occupant.
J'ai eu la chance extraordinaire de ne jamais m'ennuyer dans ce métier. Chaque film était une nouvelle vie, un nouveau visage, une nouvelle façon d'exister.
Danielle Darrieux est l'âme même du cinéma français. Depuis plus de cinquante ans, elle incarne avec une grâce incomparable ce que notre cinéma a de plus profond et de plus humain.
Lieux clés
Ville natale de Danielle Darrieux, née le 1er mai 1917 dans cette grande ville du Sud-Ouest français. C'est dans ce cadre bourgeois qu'elle grandit avant de monter à Paris pour tenter sa chance dans le spectacle.
Cœur de la vie artistique française où Danielle Darrieux a forgé sa carrière, des premières auditions aux grandes premières mondiales. Paris était au XXe siècle la capitale mondiale du cinéma européen.
Principal complexe de tournage français où Danielle Darrieux a réalisé une grande partie de sa carrière. Ces studios ont accueilli les plus grandes productions du cinéma classique français des années 1930 aux années 1970.
Danielle Darrieux se rend à Berlin en 1942 dans le cadre d'un voyage organisé par Continental Films, la société de production allemande active en France occupée. Cet épisode controversé, qu'elle justifie par la détention de son fiancé, marquera durablement sa biographie.
Commune d'Île-de-France où Danielle Darrieux a passé ses dernières années et où elle s'est éteinte le 17 octobre 2017, à l'âge de 100 ans, après la plus longue carrière de l'histoire du cinéma français.
Objets typiques

Tapuscrit relié contenant les dialogues, les indications de scène et les répliques que l'actrice doit apprendre avant le tournage. Danielle Darrieux en a étudié des centaines au fil de sa carrière de huit décennies.

Caméra professionnelle utilisée sur les grands plateaux français des années 1930 à 1960. C'est devant ces appareils imposants que Danielle Darrieux a construit sa légende, apprenant à jouer pour l'objectif plutôt que pour la scène de théâtre.

Robe ou tailleur conçu par de grands couturiers parisiens (Balenciaga, Balmain, Givenchy) pour habiller les actrices à l'écran. Dans les années 1950, le vêtement de cinéma était souvent signé par la haute couture, renforçant l'image glamour des vedettes.

Tableau en bois articulé frappé devant la caméra pour synchroniser l'image et le son lors du tournage. Symbole universel du 7e art, il scandait les journées de travail sur les plateaux où tournait Danielle Darrieux.

Support audio en gomme-laque utilisé dans les années 1930-1950 pour diffuser la musique. Danielle Darrieux a enregistré plusieurs chansons de films sur ces disques fragiles, qui constituaient alors le principal moyen de diffusion musicale pour le grand public.

Grande affiche imprimée en couleurs, placardée sur les murs des villes pour annoncer la sortie d'un film. Le visage de Danielle Darrieux a orné des centaines d'affiches françaises et étrangères tout au long du XXe siècle, façonnant son image de star.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Sur un plateau de tournage des années 1940-1950, la journée commence tôt : Danielle Darrieux arrive au studio dès 7 heures pour passer entre les mains de la maquilleuse et de la coiffeuse. Ces séances de préparation, souvent longues d'une heure, sont l'occasion de relire ses répliques et d'échanger avec le réalisateur avant les premières prises.
Après-midi
Les tournages s'étalent sur de longues heures, rythmés par les répétitions, les raccords de lumière et les multiples prises de vue. L'après-midi est le temps des scènes les plus intenses, lorsque la lumière artificielle des studios remplace le soleil. Entre les prises, l'actrice attend dans sa loge, apprend les scènes du lendemain ou accorde des interviews à la presse spécialisée.
Soir
Le soir, après la fin du tournage, Danielle Darrieux retrouve sa vie parisienne : dîners avec des amis du milieu artistique, premières de théâtre ou de cinéma, ou soirées intimes chez elle. En période de promotion d'un film, les soirées se remplissent de mondanités, d'avant-premières et de galas.
Alimentation
Comme beaucoup d'actrices de l'époque soucieuses de leur ligne, Danielle Darrieux suit une alimentation légère et équilibrée, typiquement bourgeoise et française : repas en salle à manger avec entrée, plat et dessert, mais en petites quantités. La cuisine française classique — viandes mijotées, légumes de saison, fromages — constitue l'essentiel de son régime.
Vêtements
En tournage, Danielle Darrieux porte les costumes conçus par les maisons de couture parisiennes qui habillent le cinéma français de l'âge d'or. Dans la vie quotidienne, elle adopte le style élégant et discret de la femme bourgeoise parisienne des Trente Glorieuses : tailleurs ajustés, robes de soirée sobres, gants et chapeaux pour les sorties officielles.
Habitat
Danielle Darrieux réside principalement à Paris, dans des appartements des quartiers huppés de la capitale, conformément au standing des grandes vedettes de l'époque. Elle possède également une maison de campagne en Île-de-France, où elle se retire pour se ressourcer entre les tournages et où elle finit par passer ses dernières années.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Demoiselles de Rochefort
1967
8 femmes
2002






