Retour à Diego Maradona
La mesa criolla — du barrio à la sobremesa
Dans l'Argentine de Maradona, le repas n'est pas une succession de plats codifiés mais un rythme social. La journée s'ouvre et se prolonge autour du mate, l'infusion partagée qui circule de main en main. En semaine, dans les quartiers populaires comme Villa Fiorito, on mange un guiso ou une polenta qui mijote et nourrit beaucoup pour peu. Le dimanche, tout s'organise autour de l'asado : la viande grillée lentement sur la parrilla, mangée debout puis assis, suivie de la sobremesa, ce long moment où l'on reste à table à parler football et famille. La rue a sa propre cuisine — le choripán dévoré au stade — et le sucré argentin tourne autour du dulce de leche, présent du petit-déjeuner au dessert. C'est une cuisine de générosité, d'abondance partagée, héritée des immigrants italiens et espagnols installés dans la pampa.
Signature : La parrilla et le chimichurri
L'âme de la table argentine tient en deux choses : le feu de bois sous la grille de fonte (la parrilla), qui cuit la viande lentement à la braise, et le chimichurri, sauce crue d'ail, de persil, d'origan, de vinaigre et d'huile relevée de piment doux séché (ají molido), dont chaque famille garde sa version. C'est l'assaisonnement-totem qui accompagne presque tout ce qui sort du gril.

Diego Maradona à table

1960 — 2020

5 recettes d’époque