Edward Saïd(1935 — 2003)

Edward Saïd

États-Unis, Palestine mandataire

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LettresPhilosophieSociétéXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, marquée par la décolonisation, la guerre froide et l'émergence des théories postcoloniales

Edward Saïd (1935-2003) est un universitaire américano-palestinien, théoricien de la littérature et critique. Professeur à l'université Columbia, il est l'un des fondateurs des études postcoloniales avec son ouvrage majeur « L'Orientalisme » (1978). Il fut aussi un porte-parole influent de la cause palestinienne.

Questions fréquentes

Edward Saïd (1935-2003) est un intellectuel américano-palestinien, professeur de littérature comparée à l'université Columbia. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est l'un des pères fondateurs des études postcoloniales, un courant qui analyse comment la colonisation a façonné les cultures et les rapports de pouvoir. Son ouvrage L'Orientalisme (1978) a révolutionné la manière dont on étudie les représentations de l'« Orient » par l'Occident. Il fut aussi un porte-parole influent de la cause palestinienne, siégeant au Conseil national palestinien de 1977 à 1991.

Faits marquants

  • Né en 1935 à Jérusalem (Palestine sous mandat britannique), mort en 2003 à New York
  • Publie « L'Orientalisme » (Orientalism) en 1978, ouvrage fondateur des études postcoloniales
  • Professeur de littérature comparée à l'université Columbia à partir de 1963
  • Membre du Conseil national palestinien de 1977 à 1991
  • Publie « Culture et impérialisme » en 1993, prolongement de sa réflexion sur l'Orientalisme

Œuvres & réalisations

L'Orientalisme. L'Orient créé par l'Occident (1978)

Essai fondateur des études postcoloniales analysant la fabrication occidentale d'un « Orient » imaginaire au service de la domination.

La Question de Palestine (1979)

Ouvrage présentant au public occidental le point de vue palestinien sur le conflit israélo-palestinien.

Couvrir l'islam (Covering Islam) (1981)

Analyse de la manière dont les médias occidentaux représentent et caricaturent le monde musulman.

Culture et impérialisme (1993)

Prolongement de « L'Orientalisme » étudiant les liens entre la grande littérature européenne et l'expansion coloniale.

Des intellectuels et du pouvoir (Representations of the Intellectual) (1994)

Réflexion sur le rôle de l'intellectuel comme voix critique et indépendante face au pouvoir.

À contre-voie. Mémoires (Out of Place) (1999)

Autobiographie revenant sur son enfance entre Jérusalem, Le Caire et les États-Unis et sa quête d'identité.

West-Eastern Divan Orchestra (1999)

Orchestre cofondé avec Daniel Barenboim réunissant de jeunes musiciens israéliens et arabes, projet de dialogue par la musique.

Anecdotes

Edward Saïd est né à Jérusalem en 1935 dans une famille de chrétiens arabes aisés, mais il a grandi entre Le Caire, le Liban et les États-Unis. Toute sa vie, il s'est senti déchiré entre plusieurs identités : Arabe au prénom anglais (« Edward », choisi par sa mère en hommage au prince de Galles), chrétien dans un monde musulman, Palestinien en Amérique.

Saïd était un pianiste accompli et passionné de musique classique. Il a longtemps écrit des critiques musicales et a cofondé en 1999, avec le chef d'orchestre israélien Daniel Barenboim, le West-Eastern Divan Orchestra, un ensemble réunissant de jeunes musiciens israéliens et arabes pour jouer ensemble par-delà les conflits.

En 1978, son livre « L'Orientalisme » fait scandale et devient l'un des ouvrages universitaires les plus discutés du siècle. Saïd y démontre comment les savants et artistes occidentaux ont inventé un « Orient » fantasmé, exotique et arriéré, pour mieux justifier la domination coloniale.

En juillet 2000, lors d'une visite à la frontière sud du Liban après le retrait israélien, Saïd fut photographié en train de lancer une pierre vers un poste-frontière. La photo fit polémique : ses détracteurs y virent un geste de violence, lui répondit qu'il s'agissait d'un simple geste symbolique de joie partagé avec son fils.

Atteint d'une leucémie diagnostiquée en 1991, Saïd a continué d'enseigner, d'écrire et de militer pendant douze ans malgré la maladie. Il rédigea durant cette période ses mémoires, « À contre-voie » (1999), où il revient sur son enfance et sa quête d'identité.

Sources primaires

L'Orientalisme. L'Orient créé par l'Occident (1978)
L'Orient était presque une invention de l'Europe, depuis l'Antiquité lieu de récits romanesques, d'êtres exotiques, de souvenirs et de paysages obsédants, d'expériences extraordinaires.
À contre-voie. Mémoires (Out of Place) (1999)
Avec le temps, j'ai fini par chérir le sentiment de n'être à ma place nulle part. Edward, prénom anglais absurdement accolé au nom arabe Saïd, fut une situation inconfortable que j'ai mis des années à accepter.
Culture et impérialisme (1993)
Aucun de nous n'est complètement à l'écart de la lutte autour de la géographie. Cette lutte est complexe et intéressante parce qu'elle ne se réduit pas aux soldats et aux canons, mais comporte aussi des idées, des formes, des images et des représentations.
The Question of Palestine (La Question de Palestine) (1979)
La Palestine est une terre lourdement chargée d'investissement spirituel, qui a appartenu à un peuple, les Palestiniens, dont la présence y est attestée de manière continue.

Lieux clés

Jérusalem

Ville natale de Saïd en 1935, alors sous mandat britannique ; cœur de l'attachement à la terre palestinienne.

Le Caire

Ville d'Égypte où Saïd a passé une grande partie de son enfance et de son adolescence dans des écoles anglophones.

Université Columbia, New York

Institution où Saïd enseigna la littérature comparée pendant près de quarante ans et écrivit ses œuvres majeures.

Université Harvard, Cambridge

Établissement où Saïd obtint son doctorat de littérature en 1963.

Princeton

Université où Saïd fit ses études de premier cycle avant Harvard.

Voir aussi