Romancière et cinéaste zimbabwéenne née en 1959, Tsitsi Dangarembga est la première femme noire du Zimbabwe à avoir publié un roman en anglais. Son œuvre explore la colonisation, la condition féminine et l'identité africaine dans une société postcoloniale.
Tsitsi Dangarembga(1959 — ?)
Tsitsi Dangarembga
Zimbabwe
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1959 : naissance à Mutoko, en Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe)
- 1988 : publication de Nervous Conditions, premier roman en anglais d'une femme noire zimbabwéenne
- 2006 : publication de The Book of Not, suite de la trilogie
- 2018 : publication de This Mournable Body, sélectionné pour le Booker Prize 2020
- 2020 : arrêtée lors d'une manifestation pour la liberté de la presse au Zimbabwe
Œuvres & réalisations
Premier roman en anglais d'une femme noire zimbabwéenne, il suit Tambu, jeune fille rurale, qui accède à l'éducation coloniale. Œuvre fondatrice de la littérature africaine au féminin, elle est aujourd'hui étudiée dans les universités du monde entier.
Pièce de théâtre écrite alors que Dangarembga était encore étudiante, portant déjà sur la condition des femmes zimbabwéennes. C'est l'une de ses premières œuvres publiées, révélatrice de sa vocation précoce d'auteure engagée.
Film zimbabwéen sur les droits successoraux des femmes veuves, co-scénarisé par Dangarembga. Succès populaire au Zimbabwe, il a contribué à une prise de conscience nationale sur les droits des femmes dans la coutume shona.
Long métrage qu'elle réalise seule, traitant du sort des enfants orphelins du sida au Zimbabwe. Premier film zimbabwéen dirigé par une femme à obtenir une distribution internationale.
Deuxième volet de la trilogie de Tambu, qui suit l'héroïne dans un pensionnat colonial pendant la guerre d'indépendance. Le roman explore la violence psychologique de l'assimilation coloniale sur l'identité africaine.
Troisième roman de la trilogie, shortlisté pour le Booker Prize 2020. Écrit à la deuxième personne du singulier — procédé narratif rare — il dépeint le désenchantement du Zimbabwe postcolonial à travers une Tambu adulte en proie à l'échec et à la violence sociale.
Anecdotes
Tsitsi Dangarembga est née en 1959 en Rhodésie du Sud, colonie britannique, et a passé une partie de son enfance en Angleterre avant de revenir au Zimbabwe. Cette double expérience — grandir entre deux cultures, deux langues, deux mondes — nourrit profondément son écriture et sa réflexion sur l'identité africaine colonisée.
Son premier roman, 'Nervous Conditions' (1988), a été refusé par de nombreux éditeurs avant d'être finalement publié par la maison d'édition féministe britannique The Women's Press. Il est devenu un classique de la littérature africaine anglophone et figure au programme de nombreuses universités dans le monde.
Dangarembga a étudié la médecine puis la psychologie à Cambridge, avant de se tourner vers le cinéma qu'elle a étudié à Berlin. Cette trajectoire intellectuelle hors norme — littérature, sciences humaines, cinéma — se reflète dans la complexité psychologique de ses personnages féminins.
En juillet 2020, alors que le Zimbabwe traverse une crise politique grave, Tsitsi Dangarembga participe à une manifestation pacifique contre la corruption à Harare. Elle est arrêtée par la police, ce qui provoque une vague internationale de solidarité. Malgré les pressions, elle ne renonce pas à son engagement civique.
En 2020, son roman 'This Mournable Body' est sélectionné pour le Booker Prize, l'un des prix littéraires les plus prestigieux du monde anglophone. Cette reconnaissance internationale consacre une carrière de plus de trente ans et place la voix des femmes zimbabwéennes sur la scène littéraire mondiale.
Sources primaires
I was not sorry when my brother died. Nor am I apologising for my callousness, as you may define it, my lack of feeling. For it is not that at all. I feel many things these days, much more than I was able to feel in the days when I was young and my brother was alive.
You are not the person you want to be. The person you want to be would not have done what you have done. You have done what you have done because you are you, and not what you want to be.
Writing is an act of resistance. Every word I put on the page is a challenge to the silence that was imposed on us — on women, on Africans, on those whose stories were deemed unworthy of telling.
I wrote about what I knew: the experience of being a girl in colonial Rhodesia, the ambivalence of education, the way colonialism enters the mind and the body. I wanted to bear witness.
Lieux clés
Ville de naissance de Tsitsi Dangarembga, dans la province de Mashonaland East. Ce cadre rural zimbabwéen, avec ses réalités sociales et coloniales, est directement la source des paysages et communautés dépeints dans 'Nervous Conditions'.
Dangarembga y a étudié la psychologie à l'Université de Cambridge dans les années 1980. Cette expérience de la métropole coloniale depuis la perspective d'une étudiante africaine a profondément marqué sa vision des rapports de domination culturelle.
Capitale du Zimbabwe où Dangarembga vit et travaille. Elle y fonde l'International Images Film Festival for Women (IIFF) et y mène ses engagements culturels et politiques, y compris la manifestation qui mènera à son arrestation en 2020.
Dangarembga y a étudié le cinéma à la Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin (DFFB) dans les années 1990. Cette formation européenne lui a permis de maîtriser le langage cinématographique tout en gardant un regard africain sur le monde.
Ville de l'est du Zimbabwe, proche de la frontière mozambicaine, qui sert de cadre à plusieurs épisodes de la trilogie de Dangarembga, notamment dans 'The Book of Not' où l'héroïne fréquente un pensionnat colonial.
Objets typiques

Outil fondamental de l'écrivaine, sur lequel ont été rédigés ses romans et scénarios. Dangarembga a évoqué le passage de la machine à écrire mécanique à l'ordinateur comme un changement profond dans son rapport à l'écriture.

En tant que cinéaste, Dangarembga a utilisé la caméra comme second langage artistique, pour filmer des réalités zimbabwéennes que les mots seuls ne pouvaient suffire à transmettre.

La bibliothèque personnelle de Dangarembga illustre sa double culture : littérature anglophone (Doris Lessing, Chinua Achebe) et traditions orales shona, deux héritages qu'elle cherche à réconcilier dans son œuvre.

Elle a confié utiliser des carnets pour noter ses observations quotidiennes, fragments de dialogues et scènes vécues, matière première de sa fiction profondément ancrée dans le réel.

Dangarembga porte régulièrement des vêtements en tissus shona ou en wax africain lors de ses interventions publiques, affirmant visuellement son identité zimbabwéenne dans les espaces littéraires internationaux.

Ses scripts de tournage, couverts de corrections et de directives, témoignent d'un travail collaboratif exigeant entre littérature et cinéma, deux arts qu'elle refuse de hiérarchiser.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les années de rédaction intense, Dangarembga commence ses matinées tôt, avant que la ville de Harare ne s'éveille. Elle consacre les premières heures à l'écriture, travaillant sur ses manuscrits dans le calme de son domicile, avant que les obligations familiales et professionnelles de la journée ne s'imposent.
Après-midi
L'après-midi est souvent consacré aux activités de son centre culturel et au travail cinématographique : réunions de production, visionnages de rushes, ateliers avec de jeunes cinéastes zimbabwéens qu'elle forme et accompagne. Elle gère également la préparation du festival international de films féminins (IIFF) qu'elle a fondé.
Soir
Le soir, Dangarembga retrouve sa famille et lit abondamment — littérature africaine, philosophie, presse internationale. Elle participe aussi régulièrement à des débats publics, conférences ou réunions d'associations civiques, fidèle à son engagement social qui ne s'arrête pas à la littérature.
Alimentation
L'alimentation quotidienne à Harare repose sur les plats traditionnels zimbabwéens shona : sadza (bouillie de maïs, aliment de base), légumes verts feuillus (muboora, rape), haricots et ragoûts de poulet ou de viande. Comme beaucoup de familles zimbabwéennes, le repas du soir est le moment central de la vie familiale.
Vêtements
Dangarembga adopte une tenue sobre et professionnelle au quotidien — robes ou tailleurs — mais choisit souvent des tissus africains colorés pour ses interventions publiques et festivals. Ce choix vestimentaire est assumé comme une affirmation identitaire et une résistance à l'uniformité occidentale.
Habitat
Dangarembga vit à Harare dans un quartier résidentiel de la capitale zimbabwéenne. Sa maison est à la fois foyer familial, lieu de travail et espace d'accueil pour des collaborateurs artistiques. Elle a connu des conditions matérielles difficiles lors des crises économiques zimbabwéennes des années 2000-2010, expérience qui nourrit sa réflexion sur les inégalités.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Nervous Conditions (Les Conditions nerveuses)
1988
She No Longer Weeps
1987
The Book of Not
2006
This Mournable Body
2018





