Peintre, dessinateur et lithographe autrichien, figure majeure de l'expressionnisme viennois. Élève et protégé de Gustav Klimt, il développe un style cru et torturé, centré sur le corps et l'autoportrait, avant de mourir de la grippe espagnole à 28 ans.
Egon Schiele(1890 — 1918)
Egon Schiele
Cisleithanie
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'art ne peut pas être moderne, l'art est éternel.»
Faits marquants
- Né le 12 juin 1890 à Tulln an der Donau (Autriche-Hongrie)
- Entre à l'Académie des beaux-arts de Vienne en 1906, où il rencontre Gustav Klimt qui devient son mentor
- Arrêté et brièvement emprisonné en 1912 pour ses dessins jugés scandaleux (affaire de Neulengbach)
- Connaît la consécration à l'exposition de la Sécession viennoise en 1918
- Meurt le 31 octobre 1918 à Vienne de la grippe espagnole, à l'âge de 28 ans, trois jours après son épouse Edith
Œuvres & réalisations
Double portrait de l'artiste et de sa compagne Wally Neuzil, emblématique de son obsession de l'autoreprésentation. Schiele s'y montre avec une intensité crue et frontale.
Grande toile où Schiele se représente aux côtés de Klimt en deux figures spectrales enveloppées de noir. Une déclaration de filiation et de solitude artistique.
Réinterprétation provocatrice du Baiser de Klimt, transposée dans un registre sulfureux et anticlérical. Œuvre représentative de l'audace transgressive de Schiele.
Adieu peint à sa compagne Wally au moment de son mariage avec Edith. Une étreinte dramatique mêlant amour, séparation et présence de la mort.
Dernière grande composition de Schiele, montrant un homme, une femme et un enfant. Un poignant projet d'avenir familial, réalisé peu avant la mort du peintre et de sa femme enceinte.
Portrait de son épouse en robe rayée, d'une rare tendresse dans son œuvre. Témoigne de l'apaisement relatif de ses dernières années.
Vue de Krumau aux maisons serrées et aux fenêtres comme des yeux, paysage urbain traité avec la même tension que ses corps. Schiele fut aussi un grand peintre de villes.
Anecdotes
En 1912, Egon Schiele est arrêté à Neulengbach, près de Vienne, et emprisonné 24 jours. Accusé d'avoir exposé des dessins jugés immoraux à la vue d'enfants, il voit l'un de ses dessins brûlé symboliquement par le juge à l'audience. Il occupe ses journées de cellule en peignant des aquarelles où il se représente prisonnier.
Schiele était un dessinateur d'une rapidité stupéfiante : il traçait souvent ses contours d'un seul trait continu, sans lever la main, et coloriait ensuite. Ses modèles racontaient qu'il pouvait saisir une pose en quelques minutes, le regard rivé sur eux pendant que sa main courait sur le papier.
Adolescent, Schiele était obsédé par les trains : son père était chef de gare à Tulln, et le jeune Egon passait des heures à dessiner des locomotives avec une précision maniaque, au point que ses professeurs s'inquiétaient. Cette enfance au bord des rails marqua son sens aigu de l'observation.
À seulement 16 ans, Schiele fut admis à la prestigieuse Académie des beaux-arts de Vienne, la même qui refusera Adolf Hitler peu après. Il s'y sentit vite à l'étroit face à l'enseignement académique rigide et finit par claquer la porte pour fonder son propre groupe d'artistes, le Neukunstgruppe.
En octobre 1918, la grippe espagnole emporta d'abord sa femme Edith, enceinte de six mois, puis Egon lui-même trois jours plus tard, à 28 ans. Pendant l'agonie d'Edith, il réalisa un dernier dessin d'elle, ultime témoignage d'un couple foudroyé en pleine ascension artistique.
Sources primaires
Je serai le fruit qui, après sa décomposition, laissera encore une éternelle vie ; combien grande doit donc être ta joie de m'avoir enfanté.
Entraver l'artiste est un crime, c'est assassiner la vie en germe !
Tout est mort vivant. Les corps des êtres qui ont joui de leur vie sentent ensuite l'amertume.
La guerre est finie et je dois partir. Mes tableaux seront montrés dans tous les musées du monde.
Lieux clés
Ville de Basse-Autriche où naquit Schiele en 1890, dans la gare dont son père était le chef. L'univers ferroviaire de son enfance marqua durablement son œil.
Schiele y entra à 16 ans en 1906 mais en partit dès 1909, jugeant l'enseignement trop académique. Il y croisa le milieu artistique viennois en pleine effervescence.
Capitale de l'Empire austro-hongrois et cœur du modernisme, où Schiele développa son œuvre auprès de Klimt et de la Sécession. C'est là qu'il connut la gloire et la mort.
Bourg près de Vienne où Schiele s'installa avec sa compagne Wally et où il fut arrêté puis emprisonné 24 jours en 1912 pour des dessins jugés immoraux.
Ville natale de sa mère, en Bohême, où Schiele séjourna et peignit de nombreux paysages urbains aux toits enchevêtrés. Les habitants finirent par le chasser, scandalisés par ses mœurs.
Objets typiques

Outils de prédilection de Schiele, qui était avant tout un dessinateur virtuose capable de saisir un corps d'un trait continu. La ligne nerveuse et anguleuse est la signature de son art.

Schiele rehaussait ses dessins de lavis de couleur appliqués par taches vives et crues. Ces pigments donnent à ses corps leur teint maladif et expressif caractéristique.

Outil central de son travail, le miroir lui permettait de multiplier les autoportraits torturés qui constituent une part majeure de son œuvre. Il scrutait son propre corps comme un objet d'étude.

Schiele ne se déplaçait jamais sans son carnet, remplissant des milliers de feuilles d'études de modèles, de nus et de paysages. Sa production graphique se compte en milliers de dessins.

Schiele pratiqua aussi la lithographie pour diffuser ses images. Cette technique d'estampe permet de reproduire un dessin tracé sur pierre calcaire.

Dans son atelier, Schiele drapait ses modèles d'étoffes colorées ou les laissait nus sur des fonds dépouillés. Les tissus froissés rythment la composition de ses aquarelles.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Schiele se levait tôt pour profiter de la lumière de son atelier viennois. Dès le matin, modèles et amis défilaient pour poser, tandis qu'il enchaînait croquis et aquarelles d'un trait rapide.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail acharné sur les grandes toiles à l'huile et aux études de nus. Méticuleux, il classait soigneusement ses dessins et tenait des comptes précis de ses ventes.
Soir
Le soir, Schiele fréquentait les cafés viennois, lieux de rencontre des artistes et des intellectuels. Il y discutait avec ses mécènes et collectionneurs, soignant un réseau indispensable à sa carrière.
Alimentation
Comme beaucoup d'artistes viennois désargentés à ses débuts, Schiele mangeait simplement et connut des périodes de grande pauvreté. La culture viennoise du café accompagnait pâtisseries, pain et plats modestes de l'Empire austro-hongrois.
Vêtements
Soucieux de son apparence, Schiele s'habillait avec recherche, parfois excentrique, dans le goût bohème des artistes de la Sécession. Il dessinait lui-même des vêtements et soignait l'image qu'il projetait dans ses autoportraits.
Habitat
Schiele vécut dans divers ateliers de Vienne et de sa banlieue, ainsi qu'à Krumau et Neulengbach. Ses logements servaient à la fois d'habitation, d'atelier et de lieu de pose pour ses modèles.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Autoportrait à la lanterne chinoise
1912
Les Ermites
1912
Le Cardinal et la Nonne (Caresse)
1912
La Mort et la Jeune Fille
1915
La Famille (Les Époux accroupis)
1918
Portrait d'Edith Schiele (la femme de l'artiste)
1915
Maisons au bord de la rivière (la vieille ville)
1914






