Actrice espagnole du Siècle d'or, fille du directeur de troupe Jerónimo Velázquez. Elle fut la maîtresse du jeune dramaturge Lope de Vega, qui l'immortalisa sous le nom de « Filis » dans ses poèmes.
Elena Osorio
Elena Osorio
Espagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Actrice de la troupe dirigée par son père Jerónimo Velázquez à Madrid dans les années 1580
- Maîtresse de Lope de Vega vers 1583-1587, qui la célèbre sous le nom poétique de « Filis »
- Sa rupture avec Lope de Vega entraîne la rédaction de pamphlets diffamatoires (libelos) contre elle et sa famille
- Ces libelles valent à Lope de Vega un procès et une condamnation à l'exil (banni de Madrid en 1588)
Œuvres & réalisations
Comédienne au sein de la compagnie dirigée par son père, elle participa aux comedias jouées dans les corrales de Madrid, à une époque où les actrices étaient encore rares.
Elle inspira à Lope de Vega de nombreux poèmes d'amour signés du nom poétique de Filis, parmi les premières grandes pièces lyriques du futur maître du théâtre espagnol.
Sa figure et sa rupture avec Lope inspirèrent l'héroïne de ce roman dialogué, considéré comme l'une des œuvres les plus personnelles de l'auteur.
Sa séparation d'avec Lope provoqua les libelles satiriques qui menèrent au célèbre procès et à l'exil du poète, épisode majeur de sa biographie.
Anecdotes
Elena Osorio appartenait à une véritable dynastie du théâtre : son père, Jerónimo Velázquez, dirigeait une troupe de comédiens, métier itinérant et mal vu de l'Église à l'époque. Grandir dans ce milieu signifiait apprendre très jeune à monter sur scène, dans une Espagne où les femmes commençaient tout juste à être autorisées à jouer publiquement.
Vers 1583, le jeune Lope de Vega, alors dramaturge encore inconnu, tomba amoureux d'Elena et écrivit pour elle des dizaines de poèmes où il la chantait sous le nom poétique de « Filis ». Cette histoire d'amour secrète et orageuse nourrira plus tard une grande partie de son œuvre.
Quand Elena finit par le quitter pour un prétendant plus riche, Lope de Vega, furieux et blessé, écrivit contre elle et sa famille des vers satiriques et insultants. Ces libelles diffamatoires lui valurent un procès retentissant en 1588 et une condamnation à l'exil hors de Madrid.
Lope de Vega transforma sa rupture en littérature : on retrouve l'écho d'Elena Osorio dans son roman pastoral « La Dorotea », publié bien des années plus tard, où il revient sur cette passion de jeunesse. L'actrice oubliée est ainsi devenue, malgré elle, l'une des muses fondatrices du théâtre espagnol.
Sources primaires
Lope de Vega est accusé d'avoir composé et diffusé des vers injurieux contre Elena Osorio et la famille Velázquez ; il est condamné au bannissement de la cour et du royaume.
Action en prose où le poète revient, sous des noms transposés, sur sa passion de jeunesse pour une comédienne et la douleur de l'abandon.
Les poèmes adressés à « Filis » célèbrent une dame aimée que la critique identifie à Elena Osorio.
Lieux clés
Capitale de l'Espagne de Philippe II depuis 1561 et centre bouillonnant du théâtre. C'est là qu'Elena Osorio vécut, joua et rencontra Lope de Vega.
L'un des premiers théâtres permanents de Madrid, ouvert en 1579. Les troupes y donnaient les comedias devant un public populaire et bruyant.
Théâtre madrilène rival du Corral de la Cruz, haut lieu du spectacle au Siècle d'or. Scène typique du milieu où évoluait la famille Velázquez.
Ville où Lope de Vega fut contraint à l'exil après sa condamnation de 1588, conséquence indirecte de sa rupture avec Elena. Important foyer théâtral espagnol.
Objets typiques

Cour intérieure aménagée en théâtre populaire, avec scène au fond, parterre debout et balcons. Cœur de la vie théâtrale du Siècle d'or où jouaient les troupes comme celle de son père.

Robes et accessoires de scène, souvent somptueux pour évoquer reines ou bergères. Le vêtement aidait le public à reconnaître aussitôt le rôle joué.

Cahier copié à la main contenant le texte d'une pièce, propriété de la troupe. Les acteurs y apprenaient leurs répliques avant la représentation.

Cahiers de vers que Lope de Vega lui dédiait sous le nom de « Filis ». Ces poèmes circulaient parfois de main en main avant d'être imprimés.

Accessoire indispensable des dames espagnoles, utilisé aussi bien sur scène que dans la vie sociale. Il permettait de se rafraîchir et d'échanger des messages discrets.

Voile de dentelle ou de soie porté sur la tête et les épaules par les Espagnoles. Marque d'élégance et de pudeur dans l'Espagne catholique du Siècle d'or.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une comédienne commençait souvent tard, car les représentations et les répétitions occupaient les après-midi et les soirées. On révisait son rôle, on réparait ou ajustait les costumes de la troupe.
Après-midi
Les comedias se jouaient l'après-midi, en plein jour, dans les corrales à ciel ouvert. Elena montait sur scène devant un public dense et bruyant, mêlant nobles installés aux balcons et peuple debout au parterre.
Soir
Le soir, la troupe partageait repas et discussions, préparait les pièces du lendemain et entretenait ses relations avec les auteurs et protecteurs. C'est dans ce milieu qu'elle côtoyait de jeunes dramaturges comme Lope de Vega.
Alimentation
L'alimentation madrilène reposait sur le pain, les légumes secs comme les pois chiches, l'huile d'olive, le vin et un peu de viande de mouton ou de porc. Le fameux pot-au-feu castillan, l'olla, était un plat courant.
Vêtements
Hors de la scène, les Espagnoles portaient robes ajustées, jupons et mantille de dentelle. Sur scène, les costumes pouvaient être plus riches et colorés pour incarner reines, bergères ou amoureuses.
Habitat
Les gens du théâtre, métier itinérant, logeaient souvent dans des demeures modestes ou des auberges proches des corrales. Les troupes voyageaient de ville en ville au gré des saisons théâtrales.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Représentations dans la troupe de Jerónimo Velázquez
années 1580
Muse des poèmes de « Filis »
vers 1583-1587
Modèle de l'héroïne de La Dorotea
1632
Source du procès de 1588
1588






