Tu Long

Tu Long

dynastie Ming

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LettresSpectacleDramaturgeÉcrivain(e)RenaissanceChine de la dynastie Ming, fin du XVIe siècle, époque de grand essor du théâtre et de la littérature lettrée

Tu Long (1543-1605) est un lettré et dramaturge chinois de la dynastie Ming. Connu pour ses pièces de théâtre chuanqi et ses essais, il incarne la figure de l'érudit-artiste de la fin du XVIe siècle chinois.

Questions fréquentes

Tu Long (1543-1605) est un lettré et dramaturge de la dynastie Ming, surtout connu pour ses pièces chuanqi comme Tanhua ji et Caihao ji. Ce qui le rend singulier, c'est qu'après avoir été destitué de sa charge officielle en 1584, il devient l'un des premiers écrivains « professionnels » de Chine, vivant de sa plume. Il faut imaginer un érudit qui non seulement écrit, mais monte lui-même sur scène avec sa troupe privée, mêlant théâtre, spiritualité bouddhiste et taoïste. Son œuvre majeure, Kaopan yushi, un traité sur les objets du lettré, est une source précieuse pour comprendre le raffinement de la fin des Ming.

Faits marquants

  • Né en 1543 sous la dynastie Ming, à Yin (actuelle Ningbo)
  • Reçu au concours impérial (jinshi) en 1577, il occupe des fonctions officielles avant de se consacrer aux lettres
  • Auteur de pièces de théâtre chuanqi, dont Tanhua ji (Le Récit de la fleur de santal)
  • Figure marquante de la vie littéraire et théâtrale de la fin des Ming
  • Mort en 1605

Œuvres & réalisations

Tanhua ji (曇花記), « La Fleur d'udumbara » (vers 1598)

Pièce de théâtre chuanqi sur le renoncement au monde et la quête de l'éveil, illustrant son attrait pour le bouddhisme et le taoïsme.

Caihao ji (綵毫記), « Le Pinceau aux couleurs » (fin du XVIe siècle)

Drame chuanqi consacré à la vie du poète des Tang Li Bai, modèle du génie créateur libre et inspiré.

Xiuwen ji (修文記) (fin du XVIe siècle)

Pièce chuanqi complétant son œuvre dramatique, où se mêlent thèmes lettrés et préoccupations spirituelles.

Kaopan yushi (考槃餘事) (vers 1590)

Traité de connaisseur sur les objets raffinés du studio du lettré (pinceaux, encre, qin, encens, thé), document majeur du goût de la fin des Ming.

Baiyu ji (白榆集) (vers 1590)

Recueil de ses poèmes et essais en prose, témoignant de sa virtuosité et de sa production abondante.

Hongbao (鴻苞) (début du XVIIe siècle)

Vaste compilation d'essais et de notes sur des sujets variés, reflet de son érudition encyclopédique et de ses curiosités religieuses.

Anecdotes

Tu Long réussit le concours impérial de docteur (jinshi) en 1577, puis devint magistrat de district avant d'être nommé au ministère des Rites à Pékin. Sa carrière officielle fut pourtant brève : accusé d'inconduite par un censeur en 1584, il fut démis de ses fonctions et ne revint jamais au service de l'État.

Après sa disgrâce, Tu Long fit une chose rare pour un lettré de son rang : il vécut de sa plume. Des particuliers le payaient pour rédiger préfaces, éloges funèbres et poèmes de circonstance. On le cite souvent comme l'un des premiers écrivains « professionnels » de la Chine des Ming.

Ses contemporains s'émerveillaient de sa rapidité d'écriture. L'Histoire des Ming rapporte qu'il composait poèmes et essais sans effort apparent, noircissant plusieurs feuillets d'un seul jet. La tradition prétend même qu'il pouvait dicter plusieurs textes différents presque en même temps.

Passionné de théâtre, Tu Long entretenait sa propre troupe privée et, dit-on, montait parfois lui-même sur scène pour jouer ses pièces. Son drame « Tanhua ji » met en scène un héros qui renonce au monde pour chercher l'éveil, reflet de son goût marqué pour le bouddhisme et le taoïsme.

Dans son « Kaopan yushi », Tu Long décrit minutieusement les objets raffinés du cabinet de travail idéal : pinceaux, pierres à encre, encens, cithare et ustensiles à thé. Ce petit guide est devenu une source précieuse pour comprendre le goût des lettrés de la fin des Ming.

Sources primaires

Mingshi (明史), Biographie de Tu Long, Traités des lettrés (Wenyuan zhuan) (Histoire des Ming, achevée en 1739)
Tu Long, de prénom social Changqing, était originaire de Yin ; dès sa naissance il manifesta un talent hors du commun, et ses poèmes comme ses proses jaillissaient sans effort, plusieurs feuillets achevés d'un seul jet.
Kaopan yushi (考槃餘事), « Notes en marge d'une vie de loisir » (vers 1590)
L'ouvrage passe en revue, rubrique par rubrique, le papier, l'encre, le pinceau, la pierre à encre, la cithare qin, l'encens et le thé, indiquant comment le lettré doit les choisir et les disposer dans son studio.
Tanhua ji (曇花記), « La Fleur d'udumbara » (vers 1598)
Pièce de théâtre chuanqi où un haut dignitaire renonce aux honneurs du monde pour entreprendre une quête spirituelle mêlant inspirations bouddhiques et taoïstes jusqu'à l'éveil final.
Caihao ji (綵毫記), « Le Pinceau aux couleurs » (fin du XVIe siècle)
Drame chuanqi consacré à la vie du grand poète des Tang Li Bai, qu'il présente en génie libre et inspiré, idéal du créateur affranchi des contraintes officielles.
Baiyu ji (白榆集), recueil littéraire de Tu Long (vers 1590)
Recueil de ses poèmes et essais en prose, témoin de l'éloquence brillante et de la production abondante qui firent sa réputation parmi les lettrés du Jiangnan.

Voir aussi