Biographie

Homme d'État français (1747-1809), ministre de l'Intérieur de Napoléon Ier et premier gouverneur de la Banque de France. Il joua un rôle clé dans la réorganisation administrative et financière de la France consulaire et impériale.

Emmanuel Crétet de Champmol

Emmanuel Crétet de Champmol

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PolitiqueÉconomieXIXe sièclePremier Empire napoléonien, début du XIXe siècle

Questions fréquentes

Emmanuel Crétet (1747-1809) est un homme d’État français qui a occupé deux postes clés sous le Consulat et le Premier Empire : premier gouverneur de la Banque de France (1800-1806) puis ministre de l’Intérieur (1807-1809). Ce qu’il faut retenir, c’est que sa carrière illustre la manière dont Napoléon a recruté des notables pragmatiques issus de la bourgeoisie révolutionnaire pour stabiliser le pays. Contrairement à d’autres ministres, Crétet était un technicien de l’administration et de la finance, ce qui le rendait précieux pour organiser les institutions du nouveau régime.

Faits marquants

  • Nommé gouverneur de la Banque de France en 1806, consolidant son indépendance institutionnelle
  • Ministre de l'Intérieur de 1807 à 1809 sous Napoléon Ier
  • Supervise les grands travaux d'infrastructure (canaux, routes) sous l'Empire
  • Membre du Conseil d'État, pilier de la réforme administrative napoléonienne
  • Décédé en 1809 en plein exercice de ses fonctions ministérielles

Œuvres & réalisations

Gouvernance fondatrice de la Banque de France (1800-1806)

En tant que premier gouverneur, Crétet organisa les premières opérations d'escompte, mit en place les procédures de gouvernance et contribua à asseoir la crédibilité de l'institution dans un pays méfiant envers le papier-monnaie. Son action posa les bases d'une banque centrale qui existe encore aujourd'hui.

Réorganisation du corps des Ponts et Chaussées (1800-1806)

Comme directeur général, Crétet supervisa la remise en état et l'extension du réseau routier français, essentiel aux campagnes militaires napoléoniennes et au commerce intérieur, tout en renforçant la formation des ingénieurs d'État.

Développement du réseau de canaux (canal de Saint-Quentin) (1807-1809)

Ministre de l'Intérieur, Crétet impulsa les grands travaux hydrauliques, notamment les travaux du canal de Saint-Quentin destiné à relier le bassin de la Somme à celui de l'Oise, améliorant les échanges commerciaux entre le nord de l'Empire et Paris.

Administration des 130 départements de l'Empire (1807-1809)

À la tête du ministère de l'Intérieur, Crétet coordonnait l'action des préfets et sous-préfets, veillait à l'application des lois impériales, à la collecte des statistiques nationales et rendait compte à Napoléon de l'état intérieur de l'Empire.

Rapport sur le crédit public et les opérations de la Banque de France (1802)

Crétet contribua à la rédaction de rapports officiels sur l'état du crédit public, proposant des mesures pour consolider la confiance dans le nouveau billet de banque et développer les opérations d'escompte en province.

Anecdotes

Emmanuel Crétet fut choisi par Napoléon Bonaparte en personne pour devenir le tout premier gouverneur de la Banque de France, institution créée en janvier 1800 pour stabiliser les finances du pays après les désordres révolutionnaires. Cette nomination récompensait son expertise de juriste et de financier : dans un pays encore traumatisé par l'effondrement des assignats révolutionnaires, il lui fallait convaincre les milieux d'affaires que le nouveau billet de banque valait vraiment l'argent métal qu'il promettait.

Député du tiers état en 1789, Crétet siégea à Versailles aux côtés des avocats et bourgeois qui allaient renverser l'Ancien Régime. Fils d'une famille bourgeoise de l'Ain, il représentait exactement ce type de notable provincial instruit et pragmatique que Napoléon saurait rallier à son service : des hommes qui avaient traversé la Révolution sans se compromettre dans les excès et qui aspiraient à la stabilité.

Comme directeur général des Ponts et Chaussées sous le Consulat, Crétet était responsable de l'ensemble du réseau routier français, en piteux état après dix ans de troubles révolutionnaires. Il supervisait les ingénieurs formés à la célèbre école des Ponts et Chaussées et planifiait les travaux sur les grandes routes impériales, essentielles aussi bien pour les armées de Napoléon que pour les marchands qui approvisionnaient Paris.

Nommé ministre de l'Intérieur en 1807, Crétet hérita d'un ministère qui gérait à peu près tout : routes, canaux, écoles, hôpitaux, préfets, statistiques, assistance aux pauvres. Napoléon exigeait des rapports détaillés et des résultats rapides, ce qui usait rapidement ses ministres. La maladie força Crétet à quitter ses fonctions en 1809, quelques semaines seulement avant sa mort, laissant derrière lui une administration mieux structurée que celle qu'il avait trouvée.

Sources primaires

Arrêté des Consuls du 28 nivôse an VIII instituant la Banque de France (1800)
Il est formé une société anonyme sous le nom de Banque de France, pour faire les opérations de banque et d'escompte sous les conditions réglées par le présent arrêté. Elle sera administrée par un gouverneur nommé par le Gouvernement.
Loi du 24 germinal an XI portant organisation définitive de la Banque de France (1803)
La Banque de France est administrée par un gouverneur et deux sous-gouverneurs nommés par le gouvernement. Il y a quinze régents et trois censeurs élus par les actionnaires. Le gouverneur est chargé de l'exécution des statuts et de la direction des affaires.
Correspondance de Napoléon Ier — lettre à Crétet, ministre de l'Intérieur, sur les travaux du canal de Saint-Quentin (1808)
Mon intention est que les travaux du canal soient conduits avec toute l'activité possible. Vous rappellerez aux ingénieurs que ces communications sont indispensables au commerce du nord de l'Empire et que je compte sur leur zèle pour en presser l'achèvement.
Rapport du gouverneur de la Banque de France sur les opérations de l'an X (1802)
Les opérations d'escompte ont sensiblement progressé depuis l'établissement de la Banque. Les billets en circulation inspirent une confiance croissante au commerce parisien, et les demandes de succursales se multiplient en province, témoignant du crédit nouveau dont jouit l'institution.

Lieux clés

Pont-de-Vaux, Ain

Ville natale d'Emmanuel Crétet, dans la plaine de la Bresse bourguignonne. Il y naquit en 1747 dans une famille bourgeoise et y reçut sa première formation avant de poursuivre ses études de droit et de faire carrière à Paris.

Versailles — Hôtel des Menus-Plaisirs

C'est à Versailles que Crétet siégea comme député du tiers état aux États généraux en mai 1789, participant aux débats historiques qui allèrent aboutir à la Révolution française. Il fut témoin du Serment du Jeu de Paume et des premiers grands bouleversements politiques.

Banque de France, Paris (rue La Vrillière)

Siège de la Banque de France installé dans l'hôtel de Toulouse à partir de 1808, où Crétet exerça ses fonctions de premier gouverneur de 1800 à 1806. C'est là que furent organisées les premières opérations d'escompte et émis les premiers billets de banque fiables de l'ère napoléonienne.

Ministère de l'Intérieur, Paris

Siège du ministère où Crétet exerça ses fonctions de ministre de 1807 à 1809. De ce centre nerveux de l'administration impériale, il coordonnait l'action des préfets dans les départements, supervisait les travaux publics et rendait compte directement à Napoléon.

Paris — résidence personnelle

Crétet résida à Paris pendant l'essentiel de sa carrière napoléonienne, dans une ville en pleine transformation sous l'Empire. Napoléon faisait réaménager la capitale avec de nouveaux monuments, des fontaines et des quais pour en faire la première cité d'Europe.

Voir aussi