Banquier suisse installé à Paris, Jean-Frédéric Perregaux fut l'un des cofondateurs de la Banque de France en 1800 et son premier régent. Sénateur du Premier Empire, il joua un rôle central dans la stabilisation financière de la France napoléonienne.
Jean-Frédéric Perregaux(1744 — 1808)
Jean-Frédéric Perregaux
royaume de Prusse
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1744 à Neuchâtel, principauté suisse, il s'installe à Paris comme banquier
- Cofonde la Banque de France le 18 janvier 1800 avec Napoléon Bonaparte et d'autres associés
- Devient le premier régent de la Banque de France, poste qu'il occupe de 1800 à 1808
- Nommé sénateur du Premier Empire, il participe aux institutions politiques napoléoniennes
- Décède en 1808, laissant une institution financière qui structure encore l'économie française
Œuvres & réalisations
Perregaux établit à Paris l'une des maisons de banque les plus solides de la fin du XVIIIe siècle, traversant sans faillite la Révolution et le chaos monétaire des assignats, un exploit rare qui en faisait un modèle de gestion prudente dans un monde financier en ruines.
Élu parmi les quinze régents chargés d'administrer la nouvelle institution nationale, Perregaux apporta à la Banque de France la crédibilité de son nom et de son réseau européen, déterminants pour convaincre les marchés financiers du sérieux du projet napoléonien.
Nommé sénateur inamovible, Perregaux représentait au sein de l'institution impériale la bourgeoisie financière stabilisée par le régime, illustrant la réconciliation entre Napoléon et les grandes fortunes bancaires qui avaient survécu à la Révolution.
En accueillant et formant Jacques Laffitte — futur associé, régent de la Banque de France et Premier ministre de Louis-Philippe — Perregaux constitua une véritable école bancaire française, fondée sur la rigueur comptable et la réputation d'intégrité.
Anecdotes
Perregaux traversa la Terreur sans être inquiété, protégé en partie par son statut de ressortissant de la principauté de Neuchâtel, alors sous suzeraineté prussienne. Là où de nombreux banquiers étrangers furent arrêtés ou ruinés, il maintint discrètement son activité, se rendant utile aux gouvernements successifs qui avaient besoin de financer la guerre.
Lorsque Bonaparte chercha en 1800 des hommes capables de fonder une banque nationale crédible aux yeux de l'Europe, Perregaux fut parmi les deux cents actionnaires fondateurs et fut élu l'un des quinze régents chargés d'administrer la nouvelle institution. Son nom et sa réputation dans les places financières de Paris, Genève et Amsterdam contribuèrent à rassurer les investisseurs sur la solidité de l'établissement.
Un jeune homme originaire de Bayonne se présenta un jour à la maison de banque Perregaux, rue du Mont-Blanc, sans autre recommandation que sa bonne mine et son sérieux. Perregaux l'engagea comme commis : ce jeune homme s'appelait Jacques Laffitte, qui deviendrait son associé, son héritier à la tête de la banque, et bien plus tard Premier ministre de France sous Louis-Philippe.
Perregaux eut le rare mérite de ne jamais céder à la spéculation effrénée sur les assignats, la monnaie papier révolutionnaire dont la valeur s'effondrait de mois en mois. En convertissant prudemment ses avoirs en biens réels et en or, il préserva la solidité de sa maison bancaire, ce qui lui valut la confiance durable des grandes fortunes qui avaient besoin d'un banquier sûr dans un monde financier chaotique.
Sources primaires
La Banque de France est établie pour escompter à Paris des lettres de change et autres effets de commerce à ordre ou au porteur, à deux signatures au moins… Elle sera administrée par quinze régents et trois censeurs élus par l'assemblée des deux cents plus forts actionnaires.
Ont été élus comme régents par l'assemblée des actionnaires : MM. Perregaux, Récamier, Mallet, Perrée-Duhamel, entre autres, chargés de l'administration de l'établissement conformément aux statuts.
Le citoyen Perregaux (Jean-Frédéric), banquier demeurant à Paris, est nommé membre du Sénat conservateur en qualité de sénateur inamovible.
Je dois tout à M. Perregaux. C'est lui qui, me voyant sans appuis dans une grande ville, daigna m'accorder sa confiance et m'initia aux pratiques de la banque avec une rigueur et une bienveillance dont je lui ai gardé une profonde reconnaissance.
Lieux clés
Bourg de la principauté de Neuchâtel, alors sous suzeraineté prussienne, où Perregaux naquit en 1744. Cette région protestante et horlogère formait des négociants et financiers réputés dans toute l'Europe.
Siège de la maison de banque de Perregaux, dans le quartier de la Chaussée-d'Antin, nouveau centre financier parisien sous le Directoire et l'Empire. C'est là que Jacques Laffitte débuta sa carrière et que se traitaient les grandes opérations financières.
Siège de la Banque de France, installée dans l'hôtel de Toulouse, où se réunissait le conseil de régence dont Perregaux était membre fondateur. Ce lieu reste encore aujourd'hui le siège de la Banque de France.
Siège du Sénat conservateur sous le Consulat et l'Empire, où Perregaux siégea comme sénateur nommé à vie. Cette institution conférait à ses membres un prestige social considérable et une immunité personnelle.
Objets typiques

Document commercial par lequel un créancier ordonne à un débiteur de payer une somme à une date fixée, instrument fondamental du commerce international et de la banque au XVIIIe siècle. Perregaux en traitait quotidiennement entre Paris, Genève et Amsterdam.

Premier papier-monnaie officiel français émis par la Banque de France à partir de 1800, convertible en métal précieux à vue. Ces billets représentaient la réponse directe à la catastrophe des assignats révolutionnaires.

Registre relié en cuir, tenu à la plume, dans lequel le banquier consignait l'ensemble des opérations de sa maison : dépôts, prêts, escomptes, remises. Clé de voûte de toute activité bancaire avant l'ère industrielle.

Meuble blindé, fermé à multiples serrures et encastré dans les murs des salles fortes, où l'on conservait l'or, les billets et les effets de valeur. La réputation d'une maison de banque dépendait de la sécurité visible de ses réserves.

Cachet officiel en métal gravé aux armes de la Banque de France, utilisé pour authentifier les délibérations et actes officiels signés par les régents lors des séances du conseil d'administration.

Publication périodique listant les cours des changes, prix des denrées et nouvelles des places marchandes européennes, indispensable à tout banquier souhaitant anticiper les fluctuations des marchés avant l'ère du télégraphe.
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Vie quotidienne
Matin
Perregaux se levait de bonne heure pour recevoir les courriers arrivés de nuit depuis Lyon, Genève ou Amsterdam. Il lisait les gazettes financières, dictait sa correspondance commerciale à ses commis et recevait en cabinet privé les marchands venant escompter des lettres de change avant l'ouverture des marchés.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux réunions d'affaires : entretiens avec des négociants, rencontres avec des représentants du Trésor ou d'autres banquiers parisiens. Les jours de conseil, il se rendait à la Banque de France pour délibérer avec les autres régents des taux d'escompte, des émissions de billets et de la politique de réserves.
Soir
La soirée offrait un temps plus mondain : dîners dans les salons du quartier de la Chaussée-d'Antin, fréquentation des cercles où se côtoyaient industriels, hauts fonctionnaires et militaires de l'Empire. Perregaux y entretenait le réseau d'influence sans lequel aucune grande maison de banque ne pouvait prospérer durablement.
Alimentation
La table d'un banquier prospère sous l'Empire était abondante et soignée : viandes rôties, gibier en saison, poissons de rivière, fromages et entremets sucrés. Le vin de Bourgogne ou de Bordeaux accompagnait les dîners de représentation, tandis que le café — denrée encore coûteuse mais symbole de modernité — clôturait les repas d'affaires.
Vêtements
Perregaux s'habillait selon le style bourgeois distingué du Consulat et de l'Empire : habit en drap fin sombre, gilet brodé, jabot de dentelle les jours de cérémonie, et redingote pour les déplacements en ville. En qualité de sénateur, il revêtait le costume officiel impérial lors des séances solennelles au Palais du Luxembourg.
Habitat
Il résidait dans un hôtel particulier du quartier Chaussée-d'Antin, nouveau quartier à la mode des financiers et des artistes, combinant logements privés et bureaux bancaires sous le même toit. La décoration sobre et solide de sa demeure reflétait l'éthique protestante de son propriétaire, soucieux de respectabilité plus que d'ostentation.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation et direction de la maison de banque Perregaux & Cie
Années 1770 — 1808
Cofondateur et régent de la Banque de France
18 janvier 1800
Sénateur du Sénat conservateur
An X (1802) — 1808
Formation et transmission à Jacques Laffitte
Fin XVIIIe siècle — 1808






