Épona

Épona

6 min de lecture

MythologieSpiritualitéAntiquitéAntiquité gauloise et romaine (Gaule celtique, puis Empire romain du Ier au IIIe siècle apr. J.-C.)

Épona est une déesse de la mythologie celtique gauloise, protectrice des chevaux, des juments, des poulains, des ânes et des mulets. Son culte, lié à la fertilité et à la protection des cavaliers, fut largement adopté par la cavalerie romaine et se répandit dans tout l'Empire.

Questions fréquentes

Épona est une déesse gauloise protectrice des chevaux, des juments, des poulains, des ânes et des mulets. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle est la seule divinité celtique à avoir été officiellement intégrée au calendrier romain, avec une fête le 18 décembre. Son nom vient du gaulois epos (« cheval »), ce qui en fait littéralement « la divine cavalière » ou « la grande jument ». Contrairement à d'autres figures celtiques, Épona n'est pas une déesse guerrière : elle incarne la fertilité, l'abondance et la protection des montures, ce qui explique son immense popularité auprès des cavaliers et des éleveurs.

Faits marquants

  • Déesse gauloise dont le nom dérive du gaulois *epos signifiant « cheval »
  • Seule divinité d'origine celtique à avoir été intégrée au panthéon romain officiel
  • Honorée par une fête dans le calendrier romain le 18 décembre
  • Culte diffusé dans tout l'Empire entre le Ier et le IIIe siècle apr. J.-C., notamment par la cavalerie auxiliaire
  • Souvent représentée assise de profil sur une jument ou entourée de chevaux et de symboles de fertilité (corne d'abondance, gerbes)

Œuvres & réalisations

Reliefs et statuettes de la « déesse à la jument » (Ier-IIIe siècle apr. J.-C.)

Type iconographique le plus répandu : Épona assise en amazone sur une jument, diffusé dans tout l'Empire. Il fixe l'image durable de la déesse cavalière.

Type de la déesse encadrée par deux chevaux affrontés (Ier-IIIe siècle apr. J.-C.)

Variante iconographique où Épona, assise, est flanquée de deux chevaux ou poulains tournés vers elle, soulignant son rôle protecteur des troupeaux.

Autels votifs portant la dédicace « Eponae » (Ier-IIIe siècle apr. J.-C.)

Nombreux autels inscrits par des particuliers et des soldats, principale source épigraphique attestant l'étendue géographique du culte.

Fête du 18 décembre (calendrier rustique) (IVe siècle apr. J.-C.)

Institution d'un jour de fête officiel pour Épona, fait unique pour une divinité gauloise dans le calendrier romain.

Mentions littéraires (Juvénal, Apulée, Minucius Felix) (Ier-IIe siècle apr. J.-C.)

Rares évocations écrites du culte d'Épona qui complètent l'abondante documentation archéologique.

Anecdotes

Épona est la seule divinité gauloise à avoir été honorée par un jour férié officiel dans le calendrier romain : le 18 décembre lui était dédié, comme l'atteste un calendrier rustique trouvé à Guidizzolo, en Italie. Aucune autre divinité celtique n'a reçu un tel honneur dans le monde romain.

On a retrouvé des centaines de représentations d'Épona dans tout l'Empire romain, de la Bretagne aux Balkans : c'est de loin la divinité d'origine gauloise la mieux attestée par l'archéologie. La plupart la montrent assise en amazone sur une jument, ou entourée de chevaux.

Les soldats de la cavalerie romaine, dont beaucoup étaient recrutés en Gaule, vénéraient Épona pour qu'elle protège leurs montures. Des autels et des statuettes lui étaient dédiés dans les écuries des camps militaires, parfois ornées de roses fraîches.

Épona apparaît dans un roman latin, les Métamorphoses (ou L'Âne d'or) d'Apulée au IIe siècle : le héros décrit une petite statue de la déesse placée dans une niche d'écurie, décorée de couronnes de roses. C'est l'une des rares mentions littéraires de son culte.

Son nom vient du mot gaulois *epos, qui signifie « cheval », apparenté au latin equus et au grec hippos. Épona signifie donc littéralement « la grande jument » ou « la divine cavalière ».

Sources primaires

Apulée, Métamorphoses (L'Âne d'or), Livre III (vers 160-170 apr. J.-C.)
Dans une niche taillée au beau milieu des poteaux qui soutenaient la charpente de l'écurie, on voyait l'image d'Épona, religieusement ornée de couronnes de roses fraîchement écloses.
Juvénal, Satires, VIII (vers 100-127 apr. J.-C.)
Tu jures par les autels et par les Épona peintes sur les écuries puantes.
Calendrier rustique de Guidizzolo (Italie) (IVe siècle apr. J.-C.)
Mention du 18 décembre comme jour consacré à Épona (Eponae), seule divinité d'origine gauloise inscrite au calendrier romain.
Inscription votive d'Entrains-sur-Nohain (Intaranum, Gaule) (Ier-IIIe siècle apr. J.-C.)
Eponae… : dédicace gravée sur un autel, formule typique « à Épona » accompagnée du nom du dédicant et de l'offrande.

Lieux clés

Alésia (Alise-Sainte-Reine, Gaule)

Site gallo-romain où ont été mis au jour des vestiges du culte d'Épona, témoignant de sa dévotion en Gaule centrale.

Entrains-sur-Nohain (Intaranum, Bourgogne)

Bourgade gallo-romaine qui a livré plusieurs dédicaces et représentations d'Épona, important foyer de son culte.

Mayence (Mogontiacum, Germanie)

Camp militaire majeur sur le Rhin où la cavalerie romaine a laissé de nombreux autels et reliefs dédiés à Épona.

Rome (Italie)

Capitale de l'Empire où le culte d'Épona s'est implanté ; ses images ornaient les écuries, comme le rapportent Juvénal et Apulée.

Guidizzolo (Lombardie, Italie)

Lieu de découverte du calendrier rustique mentionnant la fête d'Épona le 18 décembre.

Voir aussi