Esteve Comella est un artiste catalan du XIXe siècle, dont l'œuvre s'inscrit dans le mouvement de renouveau culturel de la Renaixença. Il a contribué au développement des arts visuels en Catalogne à une époque de forte affirmation identitaire régionale.
Esteve Comella
Esteve Comella
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Artiste d'origine catalane actif au XIXe siècle
- Son œuvre s'inscrit dans le contexte de la Renaixença, mouvement de renaissance culturelle catalane
- Représentant des arts visuels régionaux dans une période de romantisme européen
Œuvres & réalisations
Drame historique en prose consacré au roi philosophe Frédéric le Grand de Prusse, mêlant scènes guerrières et dialogues sentimentaux. L'un des plus grands succès de Comella, il illustre la fascination de l'Espagne des Lumières pour les monarques éclairés étrangers.
Drame historique consacré à Catherine II de Russie, figure emblématique du despotisme éclairé européen. La pièce connut un grand succès populaire auprès du public madrilène, friand de personnages historiques puissants et lointains.
Adaptation en castillan du drame patriotique français Le Siège de Calais de Pierre-Laurent de Belloy (1765), relatant l'héroïsme des bourgeois de Calais face au roi anglais Édouard III. Elle illustre la pratique répandue d'adaptation du répertoire français pour la scène espagnole.
Comédie sentimentale mêlant intrigues amoureuses et situations pathétiques, typique du genre que Comella contribua à populariser en Espagne. La pièce illustre l'influence du théâtre larmoyant français sur la dramaturgie espagnole de la fin du XVIIIe siècle.
Anecdotes
Dans sa pièce La comedia nueva o el café (1792), Leandro Fernández de Moratín met en scène un dramaturge raté nommé Eleuterio, auteur de pièces boursouflées et bâclées. Bien que Comella ne soit jamais nommé, ses contemporains reconnaissaient immédiatement dans ce personnage une satire de son style : effets spectaculaires, histoires sentimentales tirées à la hâte et mépris total des règles des trois unités. Comella devint ainsi, malgré lui, le symbole vivant du 'mauvais théâtre' selon les néoclassiques espagnols.
Malgré les attaques des critiques lettrés, Esteve Comella jouissait d'une popularité immense auprès du public madrilène. Ses drames historiques mettant en scène des monarques étrangers comme Frédéric II de Prusse ou Catherine II de Russie remplissaient chaque soir le Teatro del Príncipe et le Teatro de la Cruz. Les recettes de ses pièces surpassaient souvent celles des œuvres néoclassiques soutenues par les intellectuels des Lumières, ce qui exaspérait profondément ses détracteurs.
Né en Catalogne et de langue maternelle catalane, Comella choisit délibérément d'écrire exclusivement en castillan pour toucher le plus large public possible dans les théâtres de Madrid. Ce choix, dicté par les réalités du marché théâtral, fait de lui un témoin singulier de la politique culturelle centraliste de l'Espagne des Bourbons, où la capitale concentrait l'essentiel de la vie artistique du royaume.
Comella fut l'un des auteurs les plus prolifiques du théâtre espagnol du XVIIIe siècle, produisant plusieurs dizaines de pièces en une trentaine d'années. Il vendait ses manuscrits directement aux directeurs de troupes pour subsister, sans percevoir de droits d'auteur durables. Cette productivité forcée l'amenait parfois à adapter librement des pièces françaises à succès, pratique courante à l'époque mais que les réformateurs néoclassiques condamnaient vigoureusement.
Sources primaires
Pièce en deux actes représentant la première d'un drame populaire raté, dont l'auteur — clairement inspiré de Comella — produit des œuvres spectaculaires et sentimentales sans respecter les règles du bon goût. La satire met en regard les partisans du théâtre populaire et ceux du théâtre éclairé.
Drame historique en prose représenté au Teatro del Príncipe de Madrid, illustrant le règne du roi philosophe de Prusse à travers des scènes de bataille, des dilemmes moraux et des dialogues sentimentaux. Exemplaire du style de Comella : spectacle, émotion, figure du monarque éclairé.
Journal littéraire madrilène qui rendait compte régulièrement des représentations théâtrales. Il commentait les succès et les échecs des pièces jouées au Príncipe et à la Cruz, notant l'enthousiasme du public pour les drames populaires tout en les jugeant indignes des règles du bon goût éclairé.
Adaptation en castillan du Siège de Calais de Pierre-Laurent de Belloy (1765), relatant l'héroïsme des bourgeois de Calais face au roi anglais Édouard III. La pièce illustre la pratique courante d'adaptation libre du théâtre français pour le public espagnol.
Lieux clés
Ville natale d'Esteve Comella, cité épiscopale de Catalogne centrale où il grandit dans un milieu de langue catalane avant de se tourner vers Madrid et le théâtre castillan pour faire carrière.
L'un des deux grands théâtres publics de Madrid où furent représentées les principales œuvres de Comella. Aujourd'hui connu sous le nom de Teatro Español, il se trouve sur la Plaza de Santa Ana et reste l'un des plus anciens théâtres en activité d'Europe.
L'autre grande salle de spectacles de Madrid au XVIIIe siècle, rivale du Teatro del Príncipe. Les deux théâtres se disputaient les meilleures troupes et les auteurs les plus populaires, dont Comella, dont les pièces y alternaient régulièrement.
Quartier littéraire et théâtral de Madrid, à proximité des deux grands théâtres, où vivaient et travaillaient les gens de lettres madrilènes. C'est dans ce milieu animé que Comella négociait ses manuscrits, fréquentait les cafés et suivait les débats sur la réforme du théâtre.
Objets typiques

Comella rédigeait ses pièces à la main sur des cahiers de papier qu'il vendait directement aux directeurs de troupes (autores de comedias). Ces manuscrits circulaient souvent sans être imprimés, ce qui rend aujourd'hui difficile l'attribution exacte de l'ensemble de son œuvre.

Outil quotidien de tout écrivain du XVIIIe siècle, la plume d'oie permettait à Comella de produire en quelques semaines des pièces entières, au rythme effréné que lui imposait la demande des théâtres madrilènes toujours en quête de nouveautés.

Dans le théâtre espagnol du XVIIIe siècle, le souffleur (apuntador) disposait d'un exemplaire du texte pour guider les acteurs depuis les coulisses. Les pièces de Comella, souvent montées rapidement, rendaient ce rôle indispensable à chaque représentation.

Les drames historiques de Comella mettant en scène des souverains étrangers — uniformes prussiens, robes impériales russes — exigeaient des costumes d'apparat coûteux, qui constituaient une part importante du spectacle attendu par le public et du budget des troupes.

Les salles du Teatro del Príncipe et du Teatro de la Cruz étaient éclairées à la bougie et à l'huile. Ces lumières vacillantes créaient une atmosphère propice aux effets dramatiques dont Comella était friand, comme les scènes nocturnes, les apparitions et les tempêtes.

Cette gazette littéraire madrilène publiait régulièrement des comptes rendus de représentations théâtrales. Comella y était souvent mentionné, tantôt pour le succès populaire de ses pièces, tantôt pour les critiques sévères que lui adressaient les partisans du bon goût néoclassique.
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Vie quotidienne
Matin
Comella commençait sa journée par la rédaction ou la révision de ses manuscrits théâtraux, travaillant dans sa chambre ou dans un café du Barrio de las Letras. Il devait souvent produire dans l'urgence, car les directeurs de troupes réclamaient sans cesse de nouveaux textes pour satisfaire un public avide de nouveautés. L'écriture était pour lui autant un métier alimentaire qu'une vocation artistique.
Après-midi
L'après-midi, Comella se rendait aux répétitions au Teatro del Príncipe ou au Teatro de la Cruz, collaborant avec les acteurs, le souffleur et le metteur en scène sur ses pièces en cours de montage. Il négociait également avec les autores de comedias — les directeurs de troupes — la vente de ses nouveaux manuscrits, dans un rapport de force souvent défavorable à l'auteur, qui cédait ses droits une fois pour toutes.
Soir
Le soir était consacré aux représentations théâtrales, qui débutaient en début d'après-midi ou en soirée selon les saisons. Comella assistait aux premières de ses pièces depuis les coulisses ou la salle, guettant les réactions du public — signe décisif du succès ou de l'échec d'une œuvre. Une salle comble pouvait assurer sa subsistance pour plusieurs semaines.
Alimentation
Comme la plupart des gens de lettres madrilènes de condition modeste, Comella se nourrissait simplement : cocido madrileño (pot-au-feu de pois chiches et de viande), pain, légumes de saison et vin local. Les jours de bonne fortune, après le succès d'une pièce, il pouvait se permettre un repas dans une fonda ou une posada du quartier des théâtres.
Vêtements
Comella portait probablement la tenue bourgeoise sobre de l'époque : redingote en drap de laine, culotte, gilet et bas, chapeau tricorne ou à larges bords. Sans être un homme de cour, il devait soigner son apparence pour fréquenter les milieux théâtraux et littéraires madrilènes, où les relations et les apparences jouaient un rôle important.
Habitat
Comella vivait dans un logement modeste du centre de Madrid, à proximité des théâtres du Príncipe et de la Cruz. Malgré son immense popularité auprès du public, les auteurs dramatiques de son rang n'étaient pas riches : ils vendaient leurs manuscrits une fois pour toutes et ne touchaient pas de droits d'auteur réguliers, contrairement aux pratiques qui se développeront progressivement au XIXe siècle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Federico II, rey de Prusia
vers 1789
Catalina segunda, emperatriz de Rusia
vers 1792
El sitio de Calés
vers 1790
Cecilia y Dorsán
vers 1787





