Biographie

Esther Lederberg (1922-2006) est une microbiologiste américaine pionnière de la génétique bactérienne. Elle découvre le bactériophage lambda et met au point la technique de l'empreinte sur velours (replica plating), restée longtemps dans l'ombre de son mari Joshua Lederberg.

Esther Lederberg(1922 — 2006)

Esther Lederberg

États-Unis

5 min de lecture

SciencesXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle, âge d'or de la biologie moléculaire et de la génétique aux États-Unis, dans un contexte où les femmes scientifiques peinaient à être reconnues.

Questions fréquentes

Esther Lederberg (1922-2006) est une microbiologiste américaine dont les travaux ont posé des bases essentielles de la génétique bactérienne. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a découvert le bactériophage lambda en 1951 et inventé la technique du replica plating (empreinte sur velours) en 1952, deux outils devenus incontournables en biologie moléculaire. Moins connue que son mari Joshua Lederberg, elle a pourtant contribué de manière décisive aux découvertes qui lui ont valu le prix Nobel en 1958, sans être elle-même récompensée.

Faits marquants

  • Naît en 1922 à New York dans une famille modeste de la communauté juive.
  • Découvre en 1951 le bactériophage lambda, virus essentiel à l'étude de la génétique bactérienne.
  • Met au point vers 1952 la technique de l'empreinte sur velours (replica plating) pour cultiver et repérer les bactéries.
  • Identifie le facteur de fertilité F, qui explique le transfert de matériel génétique entre bactéries.
  • Fonde et dirige à partir de 1976 le Plasmid Reference Center à l'université Stanford ; meurt en 2006.

Œuvres & réalisations

Découverte du bactériophage lambda (1951)

Identification d'un virus latent dans E. coli K-12, devenu un outil central de la biologie moléculaire et du génie génétique.

Technique du replica plating (empreinte sur velours) (1952)

Méthode simple et révolutionnaire pour copier les colonies bactériennes d'une boîte à l'autre, toujours utilisée aujourd'hui.

Études génétiques de la lysogénie chez E. coli (1953)

Démonstration que la capacité à libérer un phage est un caractère héréditaire lié au chromosome bactérien.

Travaux sur le facteur F de fertilité (1952-1960)

Contributions à la compréhension du transfert de matériel génétique entre bactéries lors de la conjugaison.

Fondation du Plasmid Reference Center (1976)

Création d'une collection mondiale de référence de plasmides à Stanford, standardisant leur identification pour les chercheurs.

Anecdotes

Pour comparer rapidement des milliers de colonies de bactéries d'une boîte à l'autre, Esther Lederberg eut une idée d'une simplicité géniale : presser un morceau de velours stérile sur les colonies, comme un tampon, puis l'appliquer sur des boîtes neuves. Cette technique, appelée « replica plating » (empreinte sur velours), est encore enseignée et utilisée dans les laboratoires aujourd'hui.

En 1951, en travaillant sur la souche E. coli K-12, elle découvre le bactériophage lambda : un virus capable de se cacher discrètement dans le matériel génétique de la bactérie sans la détruire, puis de se « réveiller ». Cette découverte est devenue un outil fondamental de la biologie moléculaire et du génie génétique.

En 1958, son mari Joshua Lederberg reçoit le prix Nobel de médecine pour des travaux auxquels Esther avait largement contribué. Pourtant, elle n'est ni citée ni récompensée, et restera longtemps cantonnée à des postes de chercheuse subalterne, sans la titularisation qu'elle méritait.

Passionnée de musique ancienne, Esther jouait de la flûte à bec et fut l'une des fondatrices d'un ensemble d'instruments anciens de la région de San Francisco. Pour elle, la rigueur de la science et la beauté de la musique de la Renaissance allaient parfaitement ensemble.

En 1976, elle fonde et dirige le Plasmid Reference Center à l'université Stanford, une collection mondiale de référence permettant aux chercheurs du monde entier d'identifier et de partager des plasmides bactériens de façon standardisée.

Sources primaires

Lederberg J. & Lederberg E. M., « Replica plating and indirect selection of bacterial mutants », Journal of Bacteriology (1952)
A piece of sterile velveteen mounted on a cylindrical block is pressed onto the surface of a plate, picking up an impression of the bacterial colonies, which can then be transferred in the same pattern to fresh media.
Lederberg E. M., « Lysogenicity in Escherichia coli strain K-12 », Microbial Genetics Bulletin (1951)
Cultures of E. coli K-12 carry a latent bacteriophage which can be liberated, indicating that the strain is lysogenic.
Lederberg E. M. & Lederberg J., « Genetic studies of lysogenicity in Escherichia coli », Genetics (1953)
The capacity to liberate phage (lysogenicity) behaves as a heritable character associated with a determinant carried by the bacterial chromosome.

Lieux clés

Le Bronx, New York

Quartier de New York où naît Esther Lederberg en 1922, au sein d'une famille modeste pendant l'entre-deux-guerres.

Hunter College, New York

Établissement où elle obtient sa licence en 1942, se spécialisant en biochimie malgré des conseils l'orientant vers d'autres voies.

Université du Wisconsin-Madison

Université où elle obtient son doctorat en 1950 et réalise ses découvertes majeures sur le phage lambda et le replica plating.

Université Stanford, Californie

Université qu'elle rejoint en 1959, où elle fonde le Plasmid Reference Center et travaille jusqu'à sa retraite ; elle y meurt en 2006.

Liens externes & ressources

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