Masa românească — le repas roumain de l'enfance, prolongé à la table parisienne
Le repas traditionnel roumain ne suit pas la grille entrée/plat/dessert. Il s'ouvre sur des gustări (petites bouchées et tartinades), se noue autour d'une ciorbă (soupe aigre, le cœur du repas), se poursuit avec un felul principal souvent mijoté, et se ponctue de douceurs et de café. Chez Ionesco, franco-roumain, cette structure se mêle aux habitudes françaises : le vin à table, le café qui n'en finit pas, la conversation qui déborde sur les plats. Le repas y est moins une succession qu'une durée — comme ses pièces, où l'on s'attarde, où l'on répète, où l'on rit de l'attente elle-même.
Signature : Le borș — l'aigre fermenté qui fait l'âme de la table roumaine
Le borș est un liquide aigre obtenu par fermentation de son de blé (tărâțe) dans l'eau. C'est lui qui donne aux ciorbe roumaines leur acidité vive et vivante, bien différente du vinaigre ou du citron. Cette pointe fermentée, présente dans toute la cuisine de l'enfance d'Ionesco, signe la roumanité du repas avant même qu'on ait goûté la viande.
Eugène Ionesco à table
1909 — 1994
4 recettes d’époque
🍋
QuotidienCiorbă de perișoare (soupe aigre aux boulettes)
Ciorbă — la soupe aigre qui forme le cœur du repas roumain, servie brûlante avant le plat principal
🍋 🧂 🍄· 1 h
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🧂
FestifSarmale cu mămăligă (choux farcis et polenta)
Felul principal de sărbătoare — le grand plat mijoté des jours de fête, qui trône au centre de la table
🧂 🫙 🍄· 3 h 30
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☕
BoissonCafea la nisip (café à la roumaine, cuit sur le sable)
Cafea — le café qui clôt le repas et accompagne la conversation, jamais pressé
☕· 10 min
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🍯
ConservationDulceață de gutui (confiture de coings au sirop)
Dulceață — la douceur de garde offerte à la petite cuillère aux visiteurs, avec un verre d'eau
🍯 🍋· 1 h 15
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