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Dulceață de gutui (confiture de coings au sirop)
Pourquoi ce plat ? La dulceață est le geste d'hospitalité roumain par excellence : on en garde un bocal toute l'année et on l'offre à la cuillère à qui passe la porte. Dans la culture de l'enfance d'Ionesco, c'est la douceur de garde des maisons — celle qu'on sort pour l'invité, comme un petit rituel d'accueil tendre et désuet.
Des coings coupés et confits longuement dans un sirop parfumé jusqu'à ce que les morceaux deviennent translucides et ambrés. On la conserve en bocal et on la déguste à la petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau froide à côté.
Chez nous, quand quelqu'un poussait la porte, on ne demandait pas s'il avait faim : on sortait le bocal de dulceață et une petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau bien froide. C'était l'accueil même, un rite minuscule et obstiné. Le coing, comprenez-vous, ne se laisse pas faire — dur, âpre, presque hostile — et il faut des heures de patience au sirop pour qu'il devienne tendre et translucide comme un vitrail. J'ai toujours trouvé qu'il y avait là une leçon : les choses les plus rêches finissent ambrées, pourvu qu'on insiste.
- •Coings bien mûrs — autant que de sucre (fruit)
- •Sucre — à parts égales avec les coings (sirop et conservation)
- •Citron — un (éviter le brunissement, équilibrer)
- •Eau — un peu (lancer le sirop)
Dulceață de gutui (confiture de coings au sirop)
Des coings coupés et confits longuement dans un sirop parfumé jusqu'à ce que les morceaux deviennent translucides et ambrés. On la conserve en bocal et on la déguste à la petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau froide à côté.
Pourquoi ce plat ? La dulceață est le geste d'hospitalité roumain par excellence : on en garde un bocal toute l'année et on l'offre à la cuillère à qui passe la porte. Dans la culture de l'enfance d'Ionesco, c'est la douceur de garde des maisons — celle qu'on sort pour l'invité, comme un petit rituel d'accueil tendre et désuet.
Chez nous, quand quelqu'un poussait la porte, on ne demandait pas s'il avait faim : on sortait le bocal de dulceață et une petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau bien froide. C'était l'accueil même, un rite minuscule et obstiné. Le coing, comprenez-vous, ne se laisse pas faire — dur, âpre, presque hostile — et il faut des heures de patience au sirop pour qu'il devienne tendre et translucide comme un vitrail. J'ai toujours trouvé qu'il y avait là une leçon : les choses les plus rêches finissent ambrées, pourvu qu'on insiste.
Ingrédients (version d’époque)
- Coings bien mûrs — autant que de sucre (fruit)
- Sucre — à parts égales avec les coings (sirop et conservation)
- Citron — un (éviter le brunissement, équilibrer)
- Eau — un peu (lancer le sirop)
Ingrédients
- Coings — 1 kg (épluchés, en lamelles ou dés) (fruit)
- Sucre — 800 g (sirop et conservation)
- Citron — 1 (jus) (anti-brunissement et équilibre acide)
- Eau — 200 ml (démarrage du sirop)
- Gousse de vanille ou un clou de girofle (facultatif) — 1 (parfum)
Préparation
- Éplucher les coings, retirer le cœur et les couper en fines lamelles ou petits dés ; les arroser aussitôt de jus de citron.
- Faire un sirop avec le sucre et l'eau, porter à frémissement.
- Ajouter les coings (et la vanille ou le girofle) et cuire à feu doux, longuement, sans trop remuer, en écumant si besoin.
- Poursuivre jusqu'à ce que les morceaux deviennent translucides et ambrés et que le sirop nappe la cuillère (45 min à 1 h).
- Mettre en bocaux ébouillantés, fermer et retourner ; conserver au frais. Servir à la petite cuillère avec un verre d'eau.
Comment on faisait : On préparait les dulceață à la fin de l'été et à l'automne, quand les fruits abondaient, pour les conserver tout l'hiver dans des bocaux. Le coing, riche en pectine naturelle, prenait magnifiquement et se gardait des mois. C'était à la fois une technique de conservation paysanne et un objet d'hospitalité, offert symboliquement à la cuillère plutôt qu'en pot entier.
Le twist contemporain : Une cuillerée de dulceață de gutui sur un fromage frais ou un yaourt épais en fait un dessert express, à mi-chemin entre la Roumanie d'hier et le brunch d'aujourd'hui.
Eugène Ionesco · Charactorium





