La carte de Eugène Ionesco
Dulceață de gutui (confiture de coings au sirop)
retourner
Dulceață — la douceur de garde offerte à la petite cuillère aux visiteurs, avec un verre d'eau

Dulceață de gutui (confiture de coings au sirop)

ConservationReconstitution🍯 🍋moyen1 h 15
Dulceață — la douceur de garde offerte à la petite cuillère aux visiteurs, avec un verre d'eau

Dulceață de gutui (confiture de coings au sirop)

Pourquoi ce plat ? La dulceață est le geste d'hospitalité roumain par excellence : on en garde un bocal toute l'année et on l'offre à la cuillère à qui passe la porte. Dans la culture de l'enfance d'Ionesco, c'est la douceur de garde des maisons — celle qu'on sort pour l'invité, comme un petit rituel d'accueil tendre et désuet.

cliquer pour retourner
Dulceață — la douceur de garde offerte à la petite cuillère aux visiteurs, avec un verre d'eau

Des coings coupés et confits longuement dans un sirop parfumé jusqu'à ce que les morceaux deviennent translucides et ambrés. On la conserve en bocal et on la déguste à la petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau froide à côté.

Chez nous, quand quelqu'un poussait la porte, on ne demandait pas s'il avait faim : on sortait le bocal de dulceață et une petite cuillère, posée sur une soucoupe, avec un verre d'eau bien froide. C'était l'accueil même, un rite minuscule et obstiné. Le coing, comprenez-vous, ne se laisse pas faire — dur, âpre, presque hostile — et il faut des heures de patience au sirop pour qu'il devienne tendre et translucide comme un vitrail. J'ai toujours trouvé qu'il y avait là une leçon : les choses les plus rêches finissent ambrées, pourvu qu'on insiste.
Eugène Ionesco
Ingrédients
  • Coings bien mûrsautant que de sucre (fruit)
  • Sucreà parts égales avec les coings (sirop et conservation)
  • Citronun (éviter le brunissement, équilibrer)
  • Eauun peu (lancer le sirop)
Comment on faisait : On préparait les dulceață à la fin de l'été et à l'automne, quand les fruits abondaient, pour les conserver tout l'hiver dans des bocaux. Le coing, riche en pectine naturelle, prenait magnifiquement et se gardait des mois. C'était à la fois une technique de conservation paysanne et un objet d'hospitalité, offert symboliquement à la cuillère plutôt qu'en pot entier.

Voir aussi