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Cafea la nisip (café à la roumaine, cuit sur le sable)
Pourquoi ce plat ? On sait qu'Ionesco était grand amateur de café, boisson qui accompagnait ses longues séances d'écriture et de conversation. Ce café dense, cuit lentement, est celui de toute l'Europe danubienne de sa jeunesse — la tasse qu'on fait durer en parlant, exactement le tempo de ses dialogues qui s'étirent.
Un café très finement moulu, porté trois fois à la mousse dans une petite casserole à long manche. On le verse marc compris dans la tasse et on attend qu'il repose. Intense, amer, c'est moins une boisson qu'un prétexte à s'attarder.
Le café, voyez-vous, c'est mon vrai instrument de travail — bien plus que la plume. J'en buvais des tasses pendant que les phrases refusaient de venir, et c'est souvent dans le marc, au fond, que je croyais lire la suite. Il faut le faire monter trois fois, le retirer juste avant qu'il ne déborde, sinon il enrage et perd sa mousse. On le laisse reposer, on attend que le marc descende — et cette attente, mon cher, c'est déjà du théâtre. Une tasse, une cigarette, et l'absurde devient soudain parfaitement supportable.
- •Café arabica torréfié, moulu très fin — une cuillerée par petite tasse (base)
- •Eau — une tasse par convive (infusion)
- •Sucre — facultatif, au goût (ajusté avant cuisson)
Cafea la nisip (café à la roumaine, cuit sur le sable)
Un café très finement moulu, porté trois fois à la mousse dans une petite casserole à long manche. On le verse marc compris dans la tasse et on attend qu'il repose. Intense, amer, c'est moins une boisson qu'un prétexte à s'attarder.
Pourquoi ce plat ? On sait qu'Ionesco était grand amateur de café, boisson qui accompagnait ses longues séances d'écriture et de conversation. Ce café dense, cuit lentement, est celui de toute l'Europe danubienne de sa jeunesse — la tasse qu'on fait durer en parlant, exactement le tempo de ses dialogues qui s'étirent.
Le café, voyez-vous, c'est mon vrai instrument de travail — bien plus que la plume. J'en buvais des tasses pendant que les phrases refusaient de venir, et c'est souvent dans le marc, au fond, que je croyais lire la suite. Il faut le faire monter trois fois, le retirer juste avant qu'il ne déborde, sinon il enrage et perd sa mousse. On le laisse reposer, on attend que le marc descende — et cette attente, mon cher, c'est déjà du théâtre. Une tasse, une cigarette, et l'absurde devient soudain parfaitement supportable.
Ingrédients (version d’époque)
- Café arabica torréfié, moulu très fin — une cuillerée par petite tasse (base)
- Eau — une tasse par convive (infusion)
- Sucre — facultatif, au goût (ajusté avant cuisson)
Ingrédients
- Café moulu très fin (mouture turque) — 1 c. à café bombée par tasse (base)
- Eau froide — 1 petite tasse (60 ml) par personne (infusion)
- Sucre — selon le goût, ajouté avant cuisson (douceur optionnelle)
Préparation
- Dans une petite casserole à long manche (ibric/cezve), mélanger l'eau froide, le café moulu fin et éventuellement le sucre.
- Poser sur feu doux et chauffer sans remuer jusqu'à ce qu'une mousse brune monte ; retirer juste avant le débordement.
- Laisser retomber, remettre sur le feu, et répéter l'opération deux ou trois fois pour développer la mousse (caïmac).
- Verser doucement dans de petites tasses, marc compris, et laisser reposer 1 à 2 min le temps que le marc se dépose au fond.
- Boire à petites gorgées, sans remuer, en laissant le marc tranquille.
Comment on faisait : Dans les cafés et les maisons d'Europe danubienne, le café se cuisait traditionnellement sur un lit de sable chaud (nisip) qui répartissait une chaleur douce et régulière sous l'ibric — d'où le nom cafea la nisip. Cette méthode, héritée de l'Empire ottoman, donnait une mousse épaisse et un café sans filtre, qu'on laissait reposer avant de boire.
Le twist contemporain : Servez chaque tasse avec un carré de rahat-loukoum et un verre d'eau fraîche, comme dans les vieux cafés — la pause exacte d'un entracte.
Eugène Ionesco · Charactorium





