Philosophe, psychanalyste et militant français, figure de la pensée antipsychiatrique. Il est célèbre pour sa collaboration avec Gilles Deleuze, avec qui il signe les deux tomes de *Capitalisme et schizophrénie*. Son travail à la clinique de La Borde a profondément renouvelé la psychothérapie institutionnelle.
Félix Guattari(1930 — 1992)
Félix Guattari
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il n'y a pas de prise de pouvoir par les mots d'ordre, il y a un agencement collectif d'énonciation.»
Faits marquants
- Né le 30 avril 1930 à Villeneuve-lès-Sablons et mort le 29 août 1992 à Cour-Cheverny
- Travaille dès 1955 à la clinique psychiatrique de La Borde, laboratoire de la psychothérapie institutionnelle
- Publie avec Gilles Deleuze *L'Anti-Œdipe* (1972), premier tome de *Capitalisme et schizophrénie*
- Co-écrit *Mille Plateaux* (1980), introduisant les concepts de rhizome et de déterritorialisation
- Développe l'écosophie dans *Les Trois Écologies* (1989), articulant environnement, social et psyché
Œuvres & réalisations
Recueil de ses textes de psychothérapie institutionnelle, préfacé par Deleuze. Il y développe le concept de « transversalité » dans les groupes.
Critique retentissante de la psychanalyse et du capitalisme, ouvrage majeur de la pensée d'après Mai 68.
Essai sur l'écrivain Franz Kafka et l'idée d'une « littérature mineure », porteuse d'une force politique.
Œuvre foisonnante introduisant le concept de « rhizome », devenue une référence dans les sciences humaines.
Essai où Guattari repense l'inconscient comme une « machine » productive, hors des cadres freudiens classiques.
Manifeste écologiste précoce articulant nature, société et subjectivité autour du concept d'« écosophie ».
Dernier livre commun avec Deleuze, réflexion sur la nature même de l'activité philosophique.
Dernier ouvrage de Guattari, synthèse de sa pensée sur la subjectivité et la création.
Anecdotes
Dès l'âge de vingt ans, Guattari rejoint la clinique psychiatrique de La Borde, fondée par Jean Oury en 1953. Il y passera toute sa vie, persuadé qu'on ne soigne pas la folie en enfermant les patients, mais en transformant l'institution elle-même : ici, malades et soignants partagent les tâches quotidiennes et le théâtre.
Guattari suit pendant des années le séminaire de Jacques Lacan et devient l'un de ses analysants, mais il finit par prendre ses distances avec le maître de la psychanalyse française. Sa rencontre décisive sera celle de Gilles Deleuze en 1969 : deux hommes très différents, l'un agité et militant, l'autre calme et universitaire, qui vont écrire ensemble pendant plus de vingt ans.
En 1972, son livre écrit avec Deleuze, *L'Anti-Œdipe*, fait l'effet d'une bombe dans le climat d'après Mai 68. L'ouvrage critique la psychanalyse classique et devient un succès retentissant chez les étudiants, au point de transformer ce psychanalyste discret en vedette intellectuelle malgré lui.
Passionné par la liberté de parole, Guattari soutient dans les années 1970 les « radios libres » qui émettent sans autorisation, comme Radio Alice à Bologne. Il voyait dans ces micros pirates un moyen pour les gens ordinaires de prendre la parole, à une époque où la radio et la télévision étaient un monopole d'État.
À la fin de sa vie, Guattari invente le mot « écosophie » et publie *Les Trois Écologies* (1989). Bien avant que l'écologie ne soit à la mode, il affirmait qu'il fallait protéger en même temps la nature, les relations sociales et la vie intérieure de chacun.
Sources primaires
Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie, ça baise. Quelle erreur d'avoir dit le ça.
Un rhizome ne commence et n'aboutit pas, il est toujours au milieu, entre les choses, inter-être, intermezzo.
La seule finalité acceptable des activités humaines est la production d'une subjectivité s'auto-enrichissant de façon continue son rapport avec le monde.
Comment produire, recueillir et surtout réinventer des subjectivités, telle sera demain la question essentielle.
Lieux clés
Village de l'Oise où naît Félix Guattari le 30 avril 1930, dans la banlieue nord-ouest de Paris.
Clinique psychiatrique du Loir-et-Cher fondée par Jean Oury, où Guattari travaille toute sa vie et meurt en 1992. Haut lieu de la psychothérapie institutionnelle.
Capitale où Guattari suit le séminaire de Lacan, milite et fréquente les milieux intellectuels d'après-guerre, notamment autour de l'École freudienne de Paris.
Ville italienne où émet Radio Alice, radio libre que Guattari soutient. Il y noue des liens avec le mouvement de l'autonomie italienne dans les années 1970.
Université parisienne où Guattari, attiré tôt par la philosophie, s'inscrit en pharmacie puis en philosophie au début des années 1950.
Objets typiques

Guattari écrivait abondamment, seul ou en collaboration : carnets, articles militants, manuscrits envoyés à Deleuze. La machine à écrire était l'outil quotidien de cette production intellectuelle foisonnante.

En tant que psychanalyste formé auprès de Lacan, Guattari recevait des patients allongés sur le divan. Cet objet symbolise la cure psychanalytique qu'il a à la fois pratiquée et profondément critiquée.

Guattari noircissait sans cesse des carnets d'idées, de schémas et de concepts en gestation. Ces notes nourrissaient ses échanges et ses livres écrits à quatre mains avec Deleuze.

Symbole des radios pirates des années 1970 qu'il soutenait, l'émetteur permettait de diffuser sans autorisation de l'État. Pour Guattari, c'était un outil d'expression collective et de liberté.

Ouvrage co-écrit avec Deleuze en 1972, devenu un manifeste de la contestation intellectuelle post-Mai 68. Sa couverture est restée une icône de la pensée critique du XXe siècle.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À la clinique de La Borde, la matinée mêlait soin et vie collective : Guattari participait aux réunions où soignants et patients organisaient ensemble la journée. Inlassable, il enchaînait courrier militant, lectures et premières notes.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux entretiens avec les patients, aux activités d'atelier ou de théâtre de la clinique, puis aux séances de travail intellectuel. Guattari multipliait aussi réunions politiques et rencontres associatives.
Soir
Le soir, il écrivait, retravaillait ses concepts et préparait ses échanges avec Deleuze, parfois jusque tard. Sociable et bavard, il aimait prolonger la soirée en discussions animées avec amis et collaborateurs.
Alimentation
Guattari menait la vie d'un intellectuel français du XXe siècle, partageant volontiers les repas conviviaux de la communauté de La Borde. La table était un lieu d'échange autant que de nourriture, entre soignants et patients.
Vêtements
Il portait les vêtements ordinaires d'un intellectuel de son temps : chemise, veste sans apprêt, loin de toute solennité universitaire. Sa silhouette ébouriffée et son allure décontractée tranchaient avec la rigidité du monde académique.
Habitat
Une grande partie de sa vie se déroula à la clinique de La Borde, vaste château entouré d'un parc dans la campagne du Loir-et-Cher. Il gardait aussi des attaches à Paris, où il militait et fréquentait les cercles intellectuels.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Psychanalyse et transversalité
1972
L'Anti-Œdipe. Capitalisme et schizophrénie (avec Gilles Deleuze)
1972
Kafka. Pour une littérature mineure (avec Gilles Deleuze)
1975
Mille Plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2 (avec Gilles Deleuze)
1980
L'Inconscient machinique
1979
Les Trois Écologies
1989
Qu'est-ce que la philosophie ? (avec Gilles Deleuze)
1991






