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La table de la paria : entre l'ordinaire parisien et les fourneaux d'Arequipa
La vie de Flora Tristan se partage entre deux structures de repas. À Paris, c'est l'ordinaire frugal des classes moyennes laborieuses : un potage-socle qui tient lieu de plat principal, du pain à toutes les heures, et bien peu de viande — le tout pris vite, souvent en pension ou en auberge bon marché. À l'autre bout du monde, durant ses Pérégrinations au Pérou, elle découvre la table créole d'Arequipa, organisée autour d'un grand chupe (soupe-ragoût épaisse servie en plat unique de fête) relevé d'ají et d'herbes andines. Entre les deux, la nourriture du long-cours : galettes sèches qui se gardent des mois dans la malle de voyage. Trois mondes pour une même femme en marche.
Signature : L'ají et le cacao du Pérou, contre le pain gris de Paris
Le grand écart gustatif de sa vie : d'un côté la frugalité grise de l'ouvrière parisienne (pain rassis, bouillon clair), de l'autre l'ardeur colorée des fourneaux d'Arequipa où le piment ají et le cacao péruvien — l'héritage de son père Mariano de Tristán — réchauffent et parfument tout. Le cacao, qu'elle découvre dans sa famille paternelle, devient le fil rouge de son identité métisse.

Flora Tristan à table

1803 — 1844

4 recettes d’époque