retournerGalette du long-cours pour la malle de voyage
Galette du long-cours pour la malle de voyage
Pourquoi ce plat ? En 1833, Flora embarque au Havre pour un voyage de plusieurs mois jusqu'au Pérou, par la mer. Sa malle de voyage et son passeport figurent parmi ses objets typiques. À bord, on ne mange que ce qui se conserve : le biscuit de mer, galette dure et sèche, était l'aliment du marin et du passager au long-cours.
Une galette plate, dense et très sèche, cuite deux fois pour chasser toute humidité. Insipide mais increvable : trempée dans la soupe ou le café, elle ramollit et nourrit là où rien d'autre ne se garde.
Vous qui n'avez jamais traversé l'Atlantique enfermée des mois sur un navire, vous ignorez ce que vaut une simple galette de mer. Point de pain frais à bord, allez ! Rien que ces disques durs comme pierre que je rangeais dans ma malle et qu'il fallait tremper longuement dans la soupe pour ne point s'y briser les dents. C'était laid, c'était sec, mais cela tenait au corps quand le tangage vous ôtait jusqu'au goût de vivre. J'ai mâché bien des galettes en songeant à la terre que je ne voyais plus.
- •Farine de froment — deux mesures (base)
- •Eau — ce qu'il faut (liaison)
- •Sel — une pincée (conservation et goût)
Galette du long-cours pour la malle de voyage
Une galette plate, dense et très sèche, cuite deux fois pour chasser toute humidité. Insipide mais increvable : trempée dans la soupe ou le café, elle ramollit et nourrit là où rien d'autre ne se garde.
Pourquoi ce plat ? En 1833, Flora embarque au Havre pour un voyage de plusieurs mois jusqu'au Pérou, par la mer. Sa malle de voyage et son passeport figurent parmi ses objets typiques. À bord, on ne mange que ce qui se conserve : le biscuit de mer, galette dure et sèche, était l'aliment du marin et du passager au long-cours.
Vous qui n'avez jamais traversé l'Atlantique enfermée des mois sur un navire, vous ignorez ce que vaut une simple galette de mer. Point de pain frais à bord, allez ! Rien que ces disques durs comme pierre que je rangeais dans ma malle et qu'il fallait tremper longuement dans la soupe pour ne point s'y briser les dents. C'était laid, c'était sec, mais cela tenait au corps quand le tangage vous ôtait jusqu'au goût de vivre. J'ai mâché bien des galettes en songeant à la terre que je ne voyais plus.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de froment — deux mesures (base)
- Eau — ce qu'il faut (liaison)
- Sel — une pincée (conservation et goût)
Ingrédients
- Farine de blé (T65 ou semi-complète) — 250 g (base)
- Eau — 100 à 110 ml (liaison)
- Sel — 5 g (conservation et goût)
Préparation
- Mélanger farine et sel, ajouter l'eau peu à peu pour former une pâte très ferme et sèche (elle doit être difficile à pétrir).
- Abaisser au rouleau sur 7-8 mm d'épaisseur et découper des disques ; piquer toute la surface à la fourchette.
- Cuire à four moyen (180 °C) 25 à 30 minutes jusqu'à coloration pâle.
- Baisser le four à 110 °C et laisser sécher les galettes encore 1 heure, porte entrouverte, pour les rendre dures et durables.
- Laisser refroidir complètement ; conserver à l'abri de l'humidité. Tremper dans une soupe ou une boisson chaude avant de manger.
Comment on faisait : Le biscuit de mer (hardtack) était la base de l'alimentation embarquée : farine, eau, sel, sans levain, cuit puis longuement séché pour résister des mois. Dur à briser, on le trempait systématiquement. C'était le compagnon obligé de tout passager au long-cours du XIXe siècle.
Le twist contemporain : Saupoudrée de graines et servie tiède avec un fromage frais, cette galette austère se réinvente en cracker rustique — clin d'œil aux « rations de voyage » devenues snack de randonnée.
Sources : Flora Tristan, Pérégrinations d'une paria (1838)
Flora Tristan · Charactorium





