Forough Farrokhzad(1935 — 1967)

Forough Farrokhzad

Iran pahlavi

6 min de lecture

LettresSpectaclePoète(sse)XXe siècleIran du milieu du XXe siècle, sous la monarchie Pahlavi, marqué par une modernisation autoritaire et l'émergence d'une avant-garde littéraire et artistique en tension avec une société conservatrice.

Poétesse et réalisatrice iranienne, figure majeure de la poésie persane moderne. Par une écriture intime et audacieuse sur le désir et la condition féminine, elle a bouleversé les codes littéraires de son pays. Sa mort dans un accident de voiture à 32 ans a fait d'elle une icône.

Questions fréquentes

Pour comprendre qui est Forough Farrokhzad (1935-1967), il faut imaginer l'Iran des années 1950-1960, sous la dynastie Pahlavi, où une femme qui écrit ouvertement le désir et l'intimité féminine provoque un véritable scandale. Ce qui frappe ici, c'est qu'elle révolutionne la poésie persane en brisant les codes classiques du ghazal et en adoptant une langue directe, personnelle. Moins une simple poétesse qu'une voix de la révolte, elle devient une icône culturelle, notamment après sa mort brutale à 32 ans dans un accident de voiture. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne la modernité littéraire iranienne et la lutte pour l'émancipation féminine.

Citations célèbres

« Je ne regretterai jamais cette pensée que je suis un être humain comme les autres. »

Faits marquants

  • Née en 1935 à Téhéran, elle publie son premier recueil, La Captive (Asir), en 1955.
  • Son recueil Le Mur (Divar, 1956) et Rébellion (Osyan, 1958) heurtent la société par leur franchise sur le désir féminin.
  • En 1962, elle réalise le court documentaire La Maison est noire (Khaneh siah ast), tourné dans une léproserie, considéré comme une œuvre fondatrice du cinéma iranien.
  • Son recueil Une autre naissance (Tavallodi digar, 1964) la consacre comme une voix majeure de la poésie moderne persane.
  • Elle meurt le 13 février 1967 à Téhéran dans un accident de voiture, à l'âge de 32 ans.

Œuvres & réalisations

Asir (La Captive) (1955)

Premier recueil de Forough, qui exprime sans détour le désir et l'enfermement de la femme dans le mariage. Il fait scandale et la rend célèbre.

Divar (Le Mur) (1956)

Deuxième recueil, dédié à son ex-mari, où s'affirment la révolte et la quête de liberté de la poétesse.

Esyan (La Rébellion) (1958)

Troisième recueil marquant un tournant : Forough y interroge Dieu, la condition humaine et sa propre place dans le monde.

La maison est noire (Khaneh Siah Ast) (1962)

Court documentaire tourné dans une léproserie de Tabriz, considéré comme une œuvre fondatrice du cinéma iranien moderne.

Tavallodi Digar (Une autre naissance) (1964)

Recueil de la maturité, souvent jugé son chef-d'œuvre, qui révolutionne la langue et le rythme de la poésie persane.

Iman Biyavarim be Aghaz-e Fasl-e Sard (Croyons au début de la saison froide) (1974)

Recueil publié après sa mort, somme poétique grave et visionnaire sur le temps, la mort et la solitude.

Anecdotes

À seize ans, Forough épouse le caricaturiste Parviz Shapour et donne naissance à un fils, Kamyar. Quand elle divorce quelques années plus tard pour vivre de sa poésie, la loi iranienne de l'époque confie l'enfant au père : elle perdra la garde de son fils et ne pourra presque plus le revoir, une blessure qui hante toute son œuvre.

En 1962, Forough tourne un documentaire dans une léproserie de Tabriz, « La maison est noire ». Pendant le tournage, elle se prend d'affection pour les habitants de la colonie et finit par adopter Hossein, le fils d'un couple de lépreux, qu'elle élève comme le sien.

Son premier recueil, « La Captive » (1955), choque la société iranienne : pour la première fois, une femme écrit ouvertement le désir et l'intimité féminine à la première personne. Critiquée et parfois insultée, elle devient pourtant l'une des voix les plus lues de la poésie persane moderne.

Le 13 février 1967, en conduisant sa Jeep à Téhéran, Forough fait une embardée pour éviter un car scolaire et percute un mur. Elle meurt à 32 ans. Sa disparition brutale, en pleine gloire, transforme aussitôt la poétesse en icône pour des générations de lecteurs.

Forough séjourne en Europe au début des années 1960, notamment en Italie et en Allemagne, où elle apprend les techniques du cinéma et du montage. Elle rapporte de ces voyages une ouverture qui nourrit à la fois sa poésie et son travail de réalisatrice.

Sources primaires

Tavallodi Digar (Une autre naissance), recueil de poèmes (1964)
Toute mon existence est un verset obscur qui te répète sans cesse, toi, jusqu'à l'aube des floraisons et des croissances éternelles.
La maison est noire (Khaneh Siah Ast), film documentaire (1962)
Le monde n'est pas dépourvu de laideur ; les éléments de laideur y seraient même plus nombreux si l'homme fermait les yeux dessus.
Iman Biyavarim be Aghaz-e Fasl-e Sard (Croyons au début de la saison froide), poème (publié à titre posthume, 1974)
Et voici ma part : ma part est un ciel qu'un rideau qu'on tire me reprend.
Asir (La Captive), recueil de poèmes (1955)
Je te veux, et je sais que jamais je ne pourrai te serrer dans mes bras comme mon cœur le désire.

Lieux clés

Téhéran

Capitale de l'Iran où Forough naît, écrit l'essentiel de son œuvre et meurt dans un accident de voiture en 1967.

Tabriz

Ville du nord-ouest de l'Iran dont la léproserie sert de décor à son documentaire « La maison est noire » en 1962.

Cimetière de Zahir od-Dowleh, Téhéran

Lieu où Forough est enterrée et qui est devenu un lieu de pèlerinage pour ses admirateurs.

Studio Golestan Film, Téhéran

Maison de production d'Ebrahim Golestan où Forough travaille comme monteuse et réalisatrice et perfectionne son art du cinéma.

Europe (Italie et Allemagne)

Régions où Forough voyage au début des années 1960 pour apprendre le cinéma et s'ouvrir à la modernité artistique occidentale.

Voir aussi