Francis Chichester(1901 — 1972)

Francis Chichester

Royaume-Uni

6 min de lecture

ExplorationSportExplorateur/triceXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle, époque des grands exploits aériens puis maritimes en solitaire, dans une Grande-Bretagne d'après-guerre friande de héros de l'aventure individuelle.

Aviateur et navigateur britannique (1901-1972), pionnier de la navigation en solitaire. Il réalisa en 1966-1967 le tour du monde à la voile en solitaire avec une seule escale, à bord du Gipsy Moth IV.

Questions fréquentes

Francis Chichester était un aviateur puis navigateur britannique (1901-1972), surtout connu pour avoir réalisé à 65 ans un tour du monde à la voile en solitaire avec une seule escale, à bord du ketch Gipsy Moth IV (1966-1967). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'était pas qu'un marin du dimanche : il avait déjà accumulé des exploits aériens dans les années 1930, comme la traversée en solitaire de la mer de Tasman en hydravion. Son retour à Plymouth attira une foule immense, et la reine l'anoblit avec l'épée d'Élisabeth Ire, celle-là même qui avait servi pour sir Francis Drake.

Faits marquants

  • 1929-1931 : vols en solitaire au long cours, dont une liaison aérienne Angleterre-Australie à bord d'un avion baptisé Gipsy Moth
  • 1960 : remporte la première course transatlantique en solitaire (OSTAR)
  • 1966-1967 : tour du monde en solitaire à la voile avec une seule escale (Sydney), via le cap Horn, sur le Gipsy Moth IV
  • 1967 : anobli par la reine Élisabeth II à Greenwich, faisant de lui Sir Francis Chichester

Œuvres & réalisations

Vol Angleterre-Australie en solitaire (1929)

L'une de ses premières grandes traversées aériennes, qui le révéla comme aviateur de longue distance.

Traversée de la mer de Tasman en hydravion (1931)

Première traversée de cette mer en solitaire d'est en ouest, prouesse de navigation astronomique pour rallier des îles minuscules.

Alone Over the Tasman Sea (récit) (1933)

Récit de son exploit aérien au-dessus de la mer de Tasman.

Manuels de navigation astronomique (années 1940)

Ouvrages techniques rédigés pendant la guerre pour former les navigateurs, fruit de son expertise au sextant.

Victoire à la première OSTAR sur Gipsy Moth III (1960)

Il remporte la première course transatlantique en solitaire, traversée bouclée en une quarantaine de jours.

The Lonely Sea and the Sky (autobiographie) (1964)

Son autobiographie, qui retrace sa double vie d'aviateur puis de navigateur.

Tour du monde à la voile en solitaire avec une escale (1966-1967)

Sur Gipsy Moth IV, à 65 ans, il fait le tour du globe par la route des clippers avec une seule escale, à Sydney.

Gipsy Moth Circles the World (récit) (1967)

Le récit de son tour du monde, devenu un classique de la littérature maritime.

Anecdotes

Tous ses engins, avions comme voiliers, portèrent le même nom : Gipsy Moth. C'était le modèle de petit avion de Havilland avec lequel il avait appris à voler et accompli ses exploits aériens des années 1930. Devenu marin sur le tard, il baptisa ses bateaux du même nom, jusqu'au célèbre Gipsy Moth IV.

En 1931, seul à bord d'un petit hydravion au-dessus de la mer de Tasman, sans radio, il devait retrouver l'île Norfolk puis l'île Lord Howe, deux points minuscules perdus dans l'océan. Il utilisa son sextant et une astuce de navigateur : viser volontairement à côté de sa cible pour savoir de quel côté tourner une fois la bonne latitude atteinte. La méthode fonctionna.

Il boucla son tour du monde à la voile à 65 ans, quelques années seulement après que des médecins lui avaient diagnostiqué un cancer du poumon et prédit une fin rapide. Parti de Plymouth en août 1966, il ne fit qu'une seule escale, à Sydney, et revint au printemps 1967 après avoir franchi le redoutable cap Horn.

À son retour, la reine Élisabeth II l'anoblit à Greenwich avec l'épée même dont la reine Élisabeth Ire s'était servie près de quatre siècles plus tôt pour faire de Francis Drake un chevalier. Une foule estimée à un demi-million de personnes l'attendait à Plymouth.

Chichester n'aimait pas son nouveau bateau, le Gipsy Moth IV : il le trouvait mal équilibré, difficile à barrer en solitaire et se plaignait amèrement de ses défauts dans son journal de bord. Malgré tout, c'est avec lui qu'il fit le tour du monde et entra dans la légende.

Sources primaires

The Lonely Sea and the Sky (autobiographie de F. Chichester) (1964)
Je déteste avoir peur, mais je déteste encore plus être empêché d'agir par la peur.
Propos de Francis Chichester rapportés par la presse à son retour (1967)
N'importe quel imbécile peut faire le tour du monde à jeun ; il faut un vrai bon marin pour le faire un verre à la main.
Comptes rendus de l'anoblissement à Greenwich (presse britannique) (7 juillet 1967)
La reine adouba Sir Francis Chichester avec l'épée dont la reine Élisabeth Ire s'était servie pour anoblir Sir Francis Drake, près de quatre siècles plus tôt.

Lieux clés

Shirwell, près de Barnstaple (Devon)

Village du sud-ouest de l'Angleterre où naquit Francis Chichester en 1901.

Plymouth (Angleterre)

Port de départ et d'arrivée de son tour du monde, où une immense foule l'accueillit en 1967 ; il y mourut en 1972.

Sydney (Australie)

Unique escale de son tour du monde en solitaire, à mi-parcours, fin 1966.

Cap Horn

Pointe redoutée de l'Amérique du Sud qu'il franchit en mars 1967, l'un des passages les plus dangereux du globe.

Île Lord Howe

Île de la mer de Tasman où, en 1931, son hydravion fut endommagé par une tempête ; il le reconstruisit avant de repartir.

Greenwich (Londres)

Lieu de son anoblissement par la reine en 1967 ; le Gipsy Moth IV y fut ensuite exposé près du Cutty Sark.

Voir aussi