
Françoise de Graffigny
Françoise de Graffigny
1695 — 1758
France
Écrivaine française (1695-1758), pionnière du roman épistolaire au XVIIIe siècle. Elle est surtout connue pour ses Lettres d'une Péruvienne, ouvrage majeur de la littérature des Lumières qui critique la société française à travers le regard critique d'une héroïne exotique.
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Faits marquants
- 1747 : publication des Lettres d'une Péruvienne, succès considérable qui connaît plusieurs éditions et adaptations
- Utilisation du regard étranger pour critiquer la société française : une stratégie littéraire caractéristique des Lumières
- Réflexions sur la condition des femmes et leur éducation, thèmes féministes avant la lettre
- Fréquentation des salons parisiens et collaboration avec l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
- 1755 : publication de Cénie, autre roman d'importance qui consolide sa réputation d'écrivaine
Œuvres & réalisations
Roman épistolaire racontant l'histoire de Zilia, princesse inca arrachée au Pérou et transportée en France. Œuvre majeure des Lumières, elle critique la condition des femmes et la société française à travers un regard étranger.
Comédie larmoyante en cinq actes jouée à la Comédie-Française. Grand succès populaire, cette pièce contribua à l'essor du drame bourgeois en mêlant émotion et morale.
Dernière comédie de Graffigny, représentée peu avant sa mort. L'échec de cette pièce affecta profondément l'auteure déjà affaiblie par la maladie.
Ensemble de plus de 2 500 lettres, principalement adressées à François-Antoine Devaux. Document exceptionnel sur la vie littéraire, sociale et intime du XVIIIe siècle.
Court récit publié dans le recueil Cinq nouvelles. Cette œuvre de fiction témoigne de l'intérêt de Graffigny pour les cultures étrangères et les formes narratives brèves.
Anecdotes
Françoise de Graffigny a vécu un mariage désastreux avec François Huguet de Graffigny, homme violent et dépensier. Après des années de maltraitance, elle obtint une séparation légale en 1723, ce qui était extrêmement rare pour une femme à cette époque.
En décembre 1738, Graffigny séjourna au château de Cirey chez Voltaire et Émilie du Châtelet. Le séjour tourna au drame lorsque Voltaire l'accusa d'avoir fait circuler des passages de sa Pucelle d'Orléans. Elle fut humiliée publiquement et chassée dans des conditions pénibles.
Les Lettres d'une Péruvienne, publiées en 1747, connurent un succès immédiat et furent rééditées plus de quarante fois au XVIIIe siècle. Le roman fut traduit en plusieurs langues et suscita de nombreuses suites écrites par d'autres auteurs.
Sa pièce Cénie, représentée à la Comédie-Française en 1750, fut un triomphe retentissant. Le public pleura abondamment, et la pièce connut vingt-cinq représentations consécutives, un succès considérable pour l'époque.
Graffigny tenait un salon littéraire à Paris, rue Saint-Hyacinthe, où se retrouvaient des philosophes et écrivains comme Helvétius, Turgot et le jeune Diderot. Ce salon modeste mais influent contribua à la diffusion des idées des Lumières.
Sources primaires
Quel que soit l'amour de la nouveauté que l'on attribue aux Français, je suis persuadée que l'on ne m'accusera jamais d'en avoir trop pris en peignant des mœurs qui nous sont étrangères.
Je suis ici comme une criminelle. Voltaire m'a fait les plus affreux reproches devant tout le monde. Je suis dans un état que je ne puis vous décrire.
La vertu n'a pas besoin d'ornements étrangers ; elle plaît par elle-même, et son triomphe est d'autant plus beau qu'il est plus simple.
Cette pièce, dernière œuvre dramatique de Graffigny, fut représentée à la Comédie-Française mais ne connut pas le même succès que Cénie.
Lieux clés
Ville natale de Graffigny où elle passa sa jeunesse et son mariage malheureux à la cour du duc Léopold de Lorraine.
Demeure de Voltaire et d'Émilie du Châtelet où Graffigny séjourna en 1738-1739, épisode qui marqua profondément sa vie.
Quartier où Graffigny s'installa et tint son salon littéraire, lieu de rencontre des philosophes et écrivains des Lumières.
Théâtre où fut représentée Cénie en 1750 avec un immense succès, consacrant Graffigny comme auteure dramatique.
Résidence de la cour de Lorraine où Graffigny fréquenta la société aristocratique avant son départ pour Paris.
Objets typiques
Petit meuble de voyage contenant encre, plumes et papier. Graffigny écrivait une correspondance abondante, parfois plusieurs lettres par jour à son ami Devaux.
Cordelettes à nœuds utilisées par les Incas pour communiquer. Ils jouent un rôle central dans les Lettres d'une Péruvienne comme moyen d'expression de l'héroïne Zilia.
Petit boîtier décoratif pour le tabac à priser, accessoire très répandu dans les salons du XVIIIe siècle que Graffigny fréquentait assidûment.
Chandelier portatif utilisé pour s'éclairer lors des veillées d'écriture. Graffigny écrivait souvent tard dans la nuit, se plaignant de sa mauvaise vue.
La correspondance était scellée à la cire pour en garantir la confidentialité. L'affaire de Cirey rappela cruellement à Graffigny l'importance du secret épistolaire.
Accessoire indispensable des femmes dans les salons parisiens. Il servait autant à se rafraîchir qu'à ponctuer la conversation par un langage gestuel codifié.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Françoise de Graffigny se levait relativement tard, comme la plupart des gens de lettres parisiens. Elle prenait un chocolat chaud ou un café, boissons à la mode au XVIIIe siècle. La matinée était souvent consacrée à la lecture de sa correspondance et à la rédaction de réponses, notamment à son fidèle ami Devaux.
Après-midi
L'après-midi, elle recevait des visiteurs dans son modeste appartement ou se rendait chez des amis et protecteurs. Elle fréquentait les cercles littéraires et philosophiques, discutant des nouveautés publiées. Elle assistait parfois aux répétitions de ses pièces à la Comédie-Française.
Soir
Les soirées étaient consacrées aux soupers en compagnie d'amis lettrés ou aux représentations théâtrales. Elle tenait son propre salon où se réunissaient écrivains et philosophes. Tard dans la nuit, elle se remettait à l'écriture, se plaignant souvent de fatigue et de problèmes de vue.
Alimentation
L'alimentation de Graffigny était celle d'une femme de lettres parisienne de condition modeste : soupes, ragoûts, pain blanc et volailles. Le chocolat chaud et le café étaient ses boissons favorites. Elle souffrait souvent de problèmes de santé qu'elle attribuait à une mauvaise alimentation et à la précarité financière.
Vêtements
Graffigny portait les vêtements typiques d'une femme de la petite noblesse au XVIIIe siècle : robe à la française avec panier, corsage baleiné, fichu de mousseline. Sa garde-robe était modeste comparée à celle des grandes dames de la cour, et ses lettres témoignent de soucis financiers récurrents pour s'habiller convenablement.
Habitat
Après son installation à Paris en 1739, Graffigny vécut dans plusieurs logements modestes, notamment rue Saint-Hyacinthe. Ses appartements étaient meublés simplement, avec un cabinet de travail encombré de livres et de papiers. Elle se plaignait régulièrement du froid, du bruit et de l'exiguïté de ses logements.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Presumed portrait of Françoise de Graffigny (1695-1758)label QS:Lfr,"Portrait présumé de madame de Graffigny"label QS:Len,"Presumed portrait of Françoise de Graffigny (1695-1758)"
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FilleAristide ornementtypo

FilleAristide ornementacteIV
Portret van Françoise de Graffigny M.me de Grafigny (titel op object), RP-P-1911-1423
Portret van Françoise de Graffigny M.me de Grafigny (titel op object), RP-P-1911-1424
Style visuel
Un style visuel rococo intimiste évoquant les intérieurs parisiens des années 1740, entre élégance modeste et atmosphère littéraire, dans des tons pastel rehaussés de dorures.
Prompt IA
Rococo interior aesthetic of 1740s Paris. Soft pastel colors with gilt accents, delicate floral wallpaper patterns. Candlelit rooms with warm golden light casting gentle shadows on ornate furniture. Louis XV style curved furniture, porcelain vases with fresh flowers. A writing desk near a tall window draped in damask curtains, overlooking a narrow Parisian street. Watercolor-like rendering with soft edges, reminiscent of Boucher and Chardin paintings. Intimate domestic scenes with books, letters and quill pens. Elegant but modest interiors reflecting a woman of letters rather than high aristocracy. Warm amber and cream tones with touches of powder blue and rose.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore d'un salon littéraire parisien du XVIIIe siècle, mêlant conversations raffinées, musique de clavecin et bruits feutrés de la vie mondaine.
Prompt IA
A Parisian literary salon in the mid-18th century. The soft rustle of silk dresses and the creak of wooden chairs on polished floors. Quill pens scratching on thick paper, the gentle clink of porcelain teacups and saucers. Murmured conversations in refined French, occasional bursts of witty laughter. A harpsichord playing softly in an adjacent room, its delicate notes filtering through half-open doors. The snap of a fan opening and closing. Church bells tolling in the distance from Saint-Sulpice. Candle wax dripping, the faint hiss of flames on wicks. A carriage rolling over cobblestones outside, horses' hooves clattering on the Parisian streets.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Victorine-Angélique-Amélie Rumilly — 1836
Aller plus loin
Références
Œuvres
Lettres d'une Péruvienne
1747
La Fille d'Aristide
1758
Correspondance de Madame de Graffigny
1716-1758
Nouvelle espagnole
1745

