Biographie

Fille de la marquise de Sévigné, elle fut la destinataire principale de la célèbre correspondance de sa mère. Son départ pour la Provence après son mariage en 1669 motiva l'essentiel de ces lettres, devenues un monument de la littérature classique française.

Françoise-Marguerite de Grignan

Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan

5 min de lecture

LettresSociétéTemps modernesGrand Siècle, règne de Louis XIV et apogée du classicisme français

Questions fréquentes

Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan (1646-1705), est surtout connue comme la destinataire principale de la célèbre correspondance de sa mère, la marquise de Sévigné. Ce qu'il faut retenir, c'est que sans elle, ces lettres n'auraient peut-être jamais vu le jour : c'est son départ pour la Provence en 1671 qui poussa sa mère à lui écrire sans relâche, créant ainsi un chef-d'œuvre de la littérature classique. Elle n'était pas seulement une lectrice passive ; en conservant précieusement ces lettres, elle a permis leur transmission jusqu'à nous.

Faits marquants

  • Née en 1646, fille de la marquise de Sévigné et d'Henri de Sévigné
  • Épouse en 1669 François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, lieutenant général de Provence
  • Son départ pour la Provence en 1671 déclenche la correspondance maternelle (~1120 lettres conservées)
  • Présentée à la cour de Louis XIV, réputée pour sa beauté (surnommée « la plus jolie fille de France »)
  • Morte en 1705 à Marseille

Œuvres & réalisations

Destinataire de la Correspondance de Madame de Sévigné (1671-1696)

Françoise-Marguerite est la destinataire principale des centaines de lettres de sa mère, qui forment un chef-d'œuvre de la prose classique française.

Gestion du château et de la cour de Grignan (1671-1705)

En tant que comtesse, elle dirigeait la vie mondaine et le faste de la résidence provençale, représentant le pouvoir royal aux côtés de son époux.

Participation aux ballets de cour de Louis XIV (vers 1663-1668)

Jeune fille, elle dansa dans les divertissements royaux, où sa beauté la fit remarquer du roi et de toute la cour.

Conservation des lettres familiales (fin du XVIIe siècle)

En gardant la correspondance de sa mère, elle contribua, avec sa propre fille Pauline, à la transmission de ce trésor littéraire jusqu'à sa publication.

Anecdotes

Françoise-Marguerite était réputée pour sa très grande beauté : à la cour, on l'avait surnommée "la plus jolie fille de France". Sa mère, la marquise de Sévigné, en était si fière qu'elle multipliait les compliments à son sujet dans ses lettres.

Quand Françoise-Marguerite partit vivre en Provence après son mariage en 1671, sa mère fut tellement bouleversée par la séparation qu'elle se mit à lui écrire sans relâche. C'est ce chagrin de l'éloignement qui donna naissance à l'une des plus célèbres correspondances de la littérature française.

Son mari, le comte de Grignan, était lieutenant général de Provence et représentait le roi dans cette région. Françoise-Marguerite devait donc tenir un rang quasi vice-royal au château de Grignan, recevant et organisant la vie mondaine d'une véritable petite cour.

La marquise de Sévigné s'inquiétait beaucoup des grossesses répétées et dangereuses de sa fille, qu'elle suppliait par lettres de se ménager. À l'époque, les accouchements rapprochés mettaient gravement en danger la vie des femmes, même nobles.

C'est en grande partie grâce à sa petite-fille, Pauline de Simiane (fille de Françoise-Marguerite), que les lettres de la marquise de Sévigné furent conservées puis publiées au XVIIIe siècle, assurant leur immortalité.

Sources primaires

Lettre de Madame de Sévigné à sa fille (lendemain du départ) (février 1671)
Ma douleur serait bien médiocre si je pouvais vous la dépeindre ; je ne l'entreprendrai pas. J'ai beau chercher ma chère fille, je ne la trouve plus, et tous les pas qu'elle fait l'éloignent de moi.
Lettre de Madame de Sévigné, sur l'absence de sa fille (1671)
Il y a longtemps que je ne vous ai dit que je vous aime, et que je ne pense qu'à vous, et que vous faites toute l'occupation de mon cœur.
Correspondance de Madame de Sévigné (édition) (1671-1690)
Aimez-moi donc toujours ; c'est l'unique chose qui m'est nécessaire pour adoucir l'amertume de notre éloignement.

Lieux clés

Paris

Ville natale de Françoise-Marguerite, où elle grandit auprès de sa mère et fréquenta les salons mondains avant son mariage.

Château de Grignan (Drôme)

Résidence provençale de la famille de Grignan, où Françoise-Marguerite tint un train de vie quasi vice-royal et où sa mère vint la rejoindre.

Versailles

Cour de Louis XIV où la jeune Françoise-Marguerite parut comme danseuse dans les ballets royaux et brilla par sa beauté.

Aix-en-Provence

Capitale du parlement de Provence où son mari exerçait ses fonctions de lieutenant général ; centre de la vie officielle et mondaine de la région.

Église Saint-Sauveur de Grignan

Collégiale du village de Grignan où repose la marquise de Sévigné, morte au château auprès de sa fille en 1696.

Liens externes & ressources

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