Fred Hoyle(1915 — 2001)

Fred Hoyle

Royaume-Uni

8 min de lecture

SciencesXXe siècleXXe siècle — âge d'or de l'astrophysique et de la cosmologie moderne

Astrophysicien britannique (1915-2001), Fred Hoyle est célèbre pour ses travaux sur la nucléosynthèse stellaire et pour avoir ironiquement nommé la théorie du « Big Bang » qu'il rejetait. Il défendit la théorie de l'état stationnaire de l'Univers.

Questions fréquentes

Fred Hoyle (1915-2001) était un astrophysicien britannique, surtout connu pour avoir expliqué comment les étoiles fabriquent les éléments chimiques — la nucléosynthèse stellaire. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est aussi celui qui a ironiquement baptisé la théorie du Big Bang lors d'une émission radio en 1949, alors qu'il défendait une théorie concurrente, l'état stationnaire. Son article de 1957 avec Burbidge, Burbidge et Fowler (l'article B²FH) est l'un des plus cités de l'histoire de l'astrophysique.

Citations célèbres

« L'Univers est comme un puzzle dont nous ne possédons pas la boîte.»
« Space isn't remote at all. It's only an hour's drive away if your car could go straight upwards.»

Faits marquants

  • 1915 : naissance à Bingley, Yorkshire, Angleterre
  • 1957 : publication de l'article fondateur B²FH sur la nucléosynthèse stellaire
  • 1949 : coined le terme « Big Bang » lors d'une émission radio de la BBC
  • 1967 : fonde l'Institut d'astronomie de Cambridge
  • 2001 : décès à Bournemouth

Œuvres & réalisations

Synthesis of the Elements in Stars (article B²FH) (1957)

Article fondateur publié dans Reviews of Modern Physics avec Burbidge, Burbidge et Fowler, expliquant comment presque tous les éléments chimiques ont été forgés à l'intérieur des étoiles par réactions nucléaires. C'est l'une des publications les plus citées de l'histoire de l'astrophysique.

A New Model for the Expanding Universe (1948)

Article dans lequel Hoyle expose sa théorie de l'état stationnaire de l'Univers, proposant que la matière se crée en continu pour compenser l'expansion. Cette théorie s'opposa pendant des décennies au modèle du Big Bang.

Le Nuage noir (The Black Cloud) (1957)

Roman de science-fiction dans lequel un nuage interstellaire intelligent menace la Terre. Bestseller international, il illustre comment Hoyle utilisait la fiction pour explorer des idées scientifiques audacieuses sur la vie dans l'Univers.

Of Men and Galaxies (1964)

Série de conférences publiques dans lesquelles Hoyle réfléchit aux implications philosophiques de l'astronomie moderne et à la place de l'humanité dans un Univers en expansion.

Lifecloud: The Origin of Life in the Universe (avec Chandra Wickramasinghe) (1978)

Premier grand ouvrage développant la théorie de la panspermie cosmique, l'hypothèse que les germes de la vie voyagent dans l'espace sur des grains de poussière interstellaires.

Home is Where the Wind Blows (autobiographie) (1994)

Mémoires scientifiques et personnels de Hoyle, retraçant son parcours depuis le Yorkshire rural jusqu'aux sommets de la cosmologie mondiale. Témoignage précieux sur la science britannique du XXe siècle.

Anecdotes

En mars 1949, lors d'une émission sur la BBC Radio, Fred Hoyle utilisa l'expression « big bang » de façon ironique et méprisante pour décrire la théorie de l'origine explosive de l'Univers, qu'il trouvait absurde. Sans le vouloir, il donnait ainsi son nom définitif à la théorie cosmologique la plus importante du XXe siècle, celle-là même qu'il combattrait toute sa vie.

En 1953, Hoyle réalisa une prédiction extraordinaire : pour que les étoiles puissent produire suffisamment de carbone et permettre l'existence de la vie, l'atome de carbone-12 devait posséder un niveau d'énergie précis à environ 7,65 MeV. Aucun physicien ne croyait en cet « état résonnant », mais il fut confirmé expérimentalement quelques mois plus tard par l'équipe de William Fowler à Caltech. Cet « état de Hoyle » est aujourd'hui considéré comme l'une des prédictions théoriques les plus remarquables de l'astrophysique.

En 1983, William Fowler reçut le prix Nobel de physique pour ses travaux sur la nucléosynthèse stellaire — des travaux menés en grande partie en collaboration avec Hoyle. La décision du comité Nobel d'exclure Hoyle fut accueillie avec stupéfaction par la communauté scientifique, et Fowler lui-même reconnut publiquement que son collègue méritait la récompense autant que lui.

Parallèlement à sa carrière scientifique, Fred Hoyle était un prolifique auteur de science-fiction. Son roman Le Nuage noir (1957) met en scène un nuage interstellaire intelligent qui s'approche de la Terre — une histoire que certains collègues considérèrent comme trop plausible pour n'être que de la fiction, révélant la façon dont Hoyle mêlait en permanence imagination créatrice et rigueur scientifique.

Vers la fin de sa carrière, Hoyle développa avec Chandra Wickramasinghe la théorie de la panspermie cosmique : l'idée que les germes de la vie voyagent à travers l'espace et ensemencent les planètes. Cette hypothèse très controversée lui valut d'être marginalisé dans la communauté scientifique, mais elle continue d'alimenter les débats sur l'origine de la vie.

Sources primaires

Synthesis of the Elements in Stars (article B²FH, avec Burbidge, Burbidge et Fowler) (1957)
Il est l'objectif de cet article de montrer que la synthèse de presque tous les éléments peut s'expliquer par des processus nucléaires se déroulant à l'intérieur des étoiles, au cours de leur évolution normale ou lors des explosions de supernovæ.
A New Model for the Expanding Universe (Monthly Notices of the Royal Astronomical Society) (1948)
La théorie de l'état stationnaire postule que l'Univers, bien qu'en expansion, présente un aspect global inchangé dans le temps, la matière nouvelle se créant continûment pour maintenir une densité moyenne constante.
The Synthesis of the Elements from Hydrogen (Monthly Notices of the Royal Astronomical Society) (1946)
Les réactions de fusion nucléaire dans les étoiles permettent la production progressive des éléments lourds à partir de l'hydrogène, fournissant une explication astrophysique à l'abondance observée des éléments dans l'Univers.
Lifecloud: The Origin of Life in the Universe (avec Chandra Wickramasinghe) (1978)
Les molécules organiques complexes détectées dans les nuages interstellaires suggèrent que les précurseurs chimiques de la vie sont répandus dans toute la galaxie, et que la Terre en a bénéficié lors de sa formation.
Home is Where the Wind Blows (autobiographie) (1994)
Je n'ai jamais pu accepter l'idée que l'Univers avait eu un commencement. L'idée d'une singularité initiale me semblait philosophiquement inacceptable — un acte de création ex nihilo déguisé en physique.

Lieux clés

Bingley, Yorkshire (Angleterre)

Ville natale de Fred Hoyle, dans les collines du West Yorkshire. Son enfance dans ce paysage rural favorisa son intérêt précoce pour l'observation du ciel nocturne.

Emmanuel College, Université de Cambridge

Hoyle y fit ses études de mathématiques à partir de 1933, puis y mena la quasi-totalité de sa carrière scientifique. Cambridge était le centre mondial de la cosmologie théorique dans les années 1940-1960.

Institut d'astronomie de Cambridge

Hoyle fonda cet institut en 1966 et en assura la direction jusqu'en 1972, en faisant un centre de premier plan en astrophysique théorique et cosmologie.

California Institute of Technology (Caltech), Pasadena

Hoyle y collabora régulièrement avec William Fowler dans les années 1950-1960, notamment pour les travaux qui aboutirent à l'article B²FH sur la nucléosynthèse stellaire.

Bournemouth (Angleterre)

Ville où Fred Hoyle s'établit après sa retraite et où il décéda le 20 août 2001, à l'âge de 86 ans.

Voir aussi