Friedrich Hölderlin(1770 — 1843)
Friedrich Hölderlin
Royaume du Wurtemberg
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Poète allemand, figure majeure du romantisme et de l'idéalisme allemand, condisciple de Hegel et Schelling. Son œuvre, traversée par la nostalgie de la Grèce antique et le divin, fut redécouverte au XXe siècle. Il passa la seconde moitié de sa vie reclus dans la folie.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Mais là où il y a danger, croît aussi ce qui sauve.»
« En poète, l'homme habite sur cette terre.»
« Ce qui a toujours fait de l'État un enfer sur terre, c'est précisément que l'homme a voulu en faire son paradis.»
Faits marquants
- Né en 1770 à Lauffen am Neckar, dans le duché de Wurtemberg.
- Étudie la théologie au séminaire (Stift) de Tübingen avec Hegel et Schelling à partir de 1788.
- Publie le roman épistolaire « Hyperion » entre 1797 et 1799.
- Sombre dans la maladie mentale à partir de 1806 et vit reclus dans une tour à Tübingen jusqu'à sa mort.
- Meurt en 1843 ; son œuvre est pleinement redécouverte au début du XXe siècle.
Œuvres & réalisations
Roman épistolaire en deux tomes, chef-d'œuvre du lyrisme allemand mêlant amour, nostalgie de la Grèce et quête du divin.
Tragédie inachevée, écrite en trois versions, sur le philosophe grec qui se jette dans l'Etna : méditation sur l'homme, la nature et le sacré.
Grande élégie qui interroge le temps de détresse où les dieux antiques se sont retirés du monde, un poème central de son œuvre.
Hymne dédié au landgrave de Homburg, célèbre pour ses vers « Là où est le danger croît aussi ce qui sauve ».
Traductions audacieuses des tragédies grecques, longtemps jugées étranges, aujourd'hui admirées pour leur force et leur fidélité au grec.
Court poème devenu emblématique, où l'été lumineux bascule vers l'hiver et le silence, à l'orée de sa maladie.
Grands hymnes fluviaux et patriotiques qui fondent sa réputation de plus grand poète hymnique de langue allemande.
Anecdotes
Étudiant au séminaire protestant de Tübingen, Hölderlin partageait sa chambre avec deux camarades promis à la gloire : les futurs philosophes Hegel et Schelling. Enthousiasmés par la Révolution française, les jeunes gens auraient planté ensemble un « arbre de la liberté » et chantaient La Marseillaise dans les couloirs.
Engagé comme précepteur chez le riche banquier Gontard à Francfort, Hölderlin tomba éperdument amoureux de l'épouse de son employeur, Susette. Il la transforma en figure idéale dans ses poèmes sous le nom grec de « Diotima ». Leur amour impossible se termina par son renvoi de la maison.
En 1802, Hölderlin quitta brusquement son poste de précepteur à Bordeaux et traversa la France à pied pour rentrer en Allemagne. Il arriva épuisé et l'esprit déjà troublé, et apprit peu après la mort de Susette Gontard, un choc dont il ne se remit jamais vraiment.
Pendant les 36 dernières années de sa vie, Hölderlin vécut reclus dans une tour au bord du Neckar, à Tübingen, hébergé par un menuisier nommé Ernst Zimmer qui, ému par son roman Hyperion, l'avait recueilli. Il y jouait du piano et de la flûte des heures durant.
À la fin de sa vie, Hölderlin signait ses courts poèmes du nom imaginaire de « Scardanelli » et les datait de siècles fantaisistes, comme « le 24 mai 1748 » ou « 1940 ». Les visiteurs curieux venaient le voir et repartaient avec ces vers griffonnés sur commande.
Sources primaires
« Vous marchez là-haut dans la lumière, sur un sol moelleux, génies bienheureux ! […] Mais à nous il n'est donné en aucun lieu de reposer. »
« Proche est le dieu, et difficile à saisir. Mais là où est le danger croît aussi ce qui sauve. »
« Avec ses poires jaunes et pleine de roses sauvages, la terre se penche dans le lac. […] Malheur à moi, où prendrai-je, quand viendra l'hiver, les fleurs ? »
« Nous n'apprenons rien de plus difficile que d'user librement de ce qui nous est propre. »
Lieux clés
Petite ville du Wurtemberg où naquit Hölderlin en 1770, au bord du Neckar, ce fleuve qui traversera toute sa vie et son œuvre.
Le séminaire protestant où Hölderlin étudia la théologie aux côtés de Hegel et Schelling, foyer de la jeune génération idéaliste allemande.
Demeure du banquier où Hölderlin fut précepteur et rencontra Susette Gontard, la « Diotima » de ses poèmes.
Hölderlin y fut précepteur en 1802 ; il en repartit brusquement à pied, et ce voyage marqua le basculement vers sa maladie.
Ville où Hölderlin obtint un poste de bibliothécaire et composa plusieurs de ses grands hymnes tardifs, sous la protection du landgrave.
Tour au bord du Neckar où le poète vécut reclus 36 ans, hébergé par la famille du menuisier Zimmer, jusqu'à sa mort en 1843.






