Gertrude B. Elion(1918 — 1999)

Gertrude Elion

États-Unis

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SciencesXXe siècleÉtats-Unis du XXe siècle, âge d'or de la recherche pharmaceutique et de la biochimie médicale d'après-guerre.

Gertrude B. Elion (1918-1999) est une biochimiste et pharmacologue américaine, pionnière de la conception rationnelle des médicaments. Ses recherches ont permis de mettre au point des traitements contre la leucémie, la goutte, le rejet de greffe et les infections virales. Elle reçoit le prix Nobel de médecine en 1988.

Questions fréquentes

Gertrude Elion (1918-1999) est une biochimiste et pharmacologue américaine qui a révolutionné la manière de concevoir les médicaments. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'au lieu de tester des substances au hasard, elle a inventé la conception rationnelle : comprendre d'abord comment une maladie fonctionne au niveau moléculaire, puis fabriquer une molécule sur mesure pour la bloquer. Ce changement de méthode a permis de développer des traitements contre la leucémie infantile, la goutte, le rejet de greffe et l'herpès. En 1988, elle reçoit le prix Nobel de médecine, partagé avec George Hitchings et James Black, sans jamais avoir obtenu de doctorat — un fait rare qui souligne la force de son travail.

Faits marquants

  • Née le 23 janvier 1918 à New York, dans une famille d'immigrants juifs d'Europe de l'Est.
  • Développe en 1950 la 6-mercaptopurine, un médicament contre la leucémie infantile.
  • Met au point l'azathioprine, immunosuppresseur facilitant les greffes d'organes, et l'allopurinol contre la goutte.
  • Contribue à la création de l'aciclovir (1977), premier antiviral efficace contre l'herpès.
  • Reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1988, partagé avec George Hitchings et James Black.

Œuvres & réalisations

6-mercaptopurine (Purinethol) (1953)

Premier traitement efficace contre la leucémie aiguë de l'enfant, qui transforma une maladie presque toujours mortelle en maladie souvent guérissable.

Pyriméthamine (Daraprim) (1952)

Médicament contre le paludisme, encore utilisé aujourd'hui dans le monde entier, notamment contre la toxoplasmose.

Azathioprine (Imuran) (1957)

Immunosuppresseur qui empêche le rejet des organes greffés et rendit possibles les premières grandes transplantations rénales.

Allopurinol (Zyloprim) (1966)

Traitement de référence contre la goutte, qui soulagea des millions de patients en réduisant l'acide urique.

Aciclovir (Zovirax) (1977)

Premier antiviral réellement sélectif, contre l'herpès : il prouva qu'on pouvait soigner un virus sans nuire aux cellules saines.

Mise au point des méthodes ayant mené à l'AZT (1987)

Les principes de conception qu'elle avait établis permirent à son équipe de développer le premier traitement contre le sida après son départ à la retraite.

Conférence Nobel « The Purine Path to Chemotherapy » (1988)

Synthèse de toute sa démarche scientifique : comprendre la maladie au niveau moléculaire pour concevoir des médicaments ciblés.

Anecdotes

Quand Gertrude a 15 ans, son grand-père adoré meurt d'un cancer dans d'atroces souffrances. Bouleversée, elle décide ce jour-là de consacrer sa vie à combattre les maladies. Cette douleur intime deviendra le moteur de toute sa carrière de chercheuse.

Diplômée de chimie à seulement 19 ans, Gertrude se heurte à un mur : aucun laboratoire ne veut d'une femme. Un recruteur lui répond même qu'elle serait une « influence perturbatrice » au milieu d'hommes. Elle enchaîne alors les petits boulots, dont l'analyse de la qualité des aliments dans une épicerie, sans jamais renoncer.

C'est la Seconde Guerre mondiale qui lui ouvre enfin les portes des laboratoires : les hommes étant partis au front, on manque de chimistes. En 1944, elle est embauchée par George Hitchings, avec qui elle formera un duo scientifique légendaire pendant près de quarante ans.

Gertrude Elion n'a jamais obtenu de doctorat. Inscrite à des cours du soir, on lui demande de choisir entre étudier à plein temps et garder son emploi : elle choisit son travail. Pourtant, en 1988, elle reçoit le prix Nobel de médecine — l'une des rares lauréates sans doctorat.

Elle appelait l'aciclovir, son médicament antiviral contre l'herpès, « son dernier joyau ». Il prouva pour la première fois qu'on pouvait combattre un virus sans détruire les cellules saines, ouvrant la voie à des traitements contre le sida que son équipe développerait plus tard.

Sources primaires

Autobiographie pour la Fondation Nobel (Les Prix Nobel) (1988)
Quand j'avais 15 ans, mon grand-père est mort d'un cancer dans la douleur. J'étais profondément motivée à faire quelque chose qui pourrait un jour mener à un remède contre cette terrible maladie.
Conférence Nobel, « The Purine Path to Chemotherapy » (Le chemin des purines vers la chimiothérapie) (8 décembre 1988)
Notre objectif n'était pas simplement de fabriquer des composés et de voir ce qu'ils faisaient, mais de comprendre comment et pourquoi ils agissaient, afin de concevoir rationnellement de meilleurs médicaments.
Propos rapportés sur la place des femmes en sciences (années 1980-1990)
On m'a dit que les femmes n'allaient pas en chimie. Je ne voyais aucune raison pour laquelle nous ne le pourrions pas.
Conseil souvent cité aux jeunes chercheurs (années 1990)
N'ayez pas peur du travail acharné. Rien qui en vaille la peine ne vient facilement.

Lieux clés

New York (Manhattan), États-Unis

Ville natale de Gertrude Elion, où elle grandit dans une famille d'immigrés juifs avant de déménager dans le Bronx.

Hunter College, New York

Université publique gratuite réservée aux femmes où elle obtient son diplôme de chimie à 19 ans, malgré la Grande Dépression.

Laboratoire Burroughs Wellcome, Tuckahoe (New York)

Lieu où elle commence en 1944 sa collaboration avec George Hitchings et met au point ses premiers médicaments révolutionnaires.

Research Triangle Park, Caroline du Nord

Grand pôle scientifique où le laboratoire déménage ; elle y poursuit ses recherches, notamment sur l'aciclovir antiviral.

Stockholm, Suède

Ville où elle reçoit le prix Nobel de médecine en 1988, consécration mondiale d'une vie de recherche.

Chapel Hill, Caroline du Nord

Ville universitaire où elle s'installe et où elle meurt en 1999, après avoir continué à enseigner et conseiller de jeunes chercheurs.

Voir aussi