Giuseppe Garibaldi(1807 — 1882)

Giuseppe Garibaldi

France, Pérou, République Riograndense, royaume d'Italie, royaume de Sardaigne

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MilitairePolitiqueChef militaireRévolutionnaireXIXe siècleXIXe siècle — époque des nationalismes et des révolutions libérales en Europe

Général et patriote italien (1807-1882), Garibaldi est l'une des figures majeures du Risorgimento. Chef militaire charismatique, il unifia une grande partie de l'Italie grâce à ses expéditions, dont la célèbre Expédition des Mille en 1860.

Questions fréquentes

Giuseppe Garibaldi (1807-1882) est un général et patriote italien, figure centrale du Risorgimento, le mouvement qui a mené à l'unification de l'Italie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'était pas seulement un chef militaire, mais aussi un symbole vivant de la liberté et du nationalisme au XIXe siècle. Contrairement à d'autres leaders comme Cavour, qui privilégiaient la diplomatie, Garibaldi incarnait l'action populaire et la guérilla. Son exploit le plus célèbre, l'Expédition des Mille en 1860, lui a permis de conquérir la Sicile et le sud de l'Italie avec seulement un millier de volontaires, changeant le cours de l'histoire italienne.

Citations célèbres

« Ici on fait l'Italie, ou on meurt.»
« Je vous offre la faim, la soif, des marches forcées, des batailles et la mort.»

Faits marquants

  • 1807 : naissance à Nice, alors territoire du Premier Empire français
  • 1848 : participation aux révolutions libérales en Italie
  • 1860 : Expédition des Mille en Sicile, conquête du royaume des Deux-Siciles
  • 1861 : proclamation du royaume d'Italie, à laquelle il contribue de manière décisive
  • 1882 : mort à Caprera

Œuvres & réalisations

Expédition des Mille (Spedizione dei Mille) (Mai–octobre 1860)

Avec seulement 1 089 volontaires, Garibaldi conquit la Sicile puis toute l'Italie méridionale en cinq mois. Cette campagne foudroyante, considérée comme un exploit militaire exceptionnel, permit la réunification du sud avec le nord de l'Italie.

Défense de la République romaine (Avril–juillet 1849)

Commandant des forces de la République romaine, Garibaldi résista pendant trois mois aux troupes françaises, autrichiennes et napolitaines. Bien que la République fût finalement écrasée, sa défense héroïque fit de lui une figure légendaire du libéralisme européen.

Campagnes en Amérique du Sud (1836–1848)

Garibaldi combattit pour l'indépendance du Rio Grande do Sul (Brésil) et défendit Montevideo contre les forces argentines. Ces expériences forgèrent sa technique de guérilla et sa réputation internationale de combattant de la liberté.

Memorie di Giuseppe Garibaldi (Mémoires) (1872)

Rédigées par Garibaldi lui-même avec l'aide de collaborateurs, ces mémoires retracent ses aventures en Amérique du Sud, en Italie et à Rome. Traduits dans de nombreuses langues, ils contribuèrent à forger sa légende de héros romantique et républicain.

Roman I Mille (Les Mille) (1874)

Garibaldi écrivit également des romans historiques dont ce récit semi-autobiographique sur l'Expédition des Mille. Cette œuvre littéraire témoigne de sa culture et de son engagement à transmettre les idéaux du Risorgimento aux générations futures.

Anecdotes

La célèbre chemise rouge des Garibaldiens est née d'un hasard heureux. En exil à Montevideo dans les années 1840, Garibaldi cherchait des uniformes bon marché pour équiper sa légion de volontaires. Il trouva un stock de blouses rouges initialement destinées aux ouvriers des abattoirs argentins. Ce choix improvisé devint le symbole de son mouvement et l'un des emblèmes les plus reconnaissables du XIXe siècle.

En mai 1860, Garibaldi débarqua en Sicile avec seulement un millier de volontaires — les Mille — pour affronter l'armée bourbon du roi des Deux-Siciles, forte de plusieurs dizaines de milliers de soldats. En quelques mois, il conquit toute l'Italie méridionale. Lorsqu'il remit ses conquêtes au roi Victor-Emmanuel II, il prononça simplement le mot 'Obbedisco' (J'obéis), avant de se retirer dans sa ferme de l'île de Caprera.

En 1862, Garibaldi tenta de s'emparer de Rome malgré l'opposition du gouvernement italien qui craignait un conflit avec la France. L'armée italienne lui barra la route à Aspromonte : Garibaldi fut blessé à la cheville par une balle et capturé. Le comble de l'absurde voulut que ce soit l'armée de l'Italie unifiée qu'il avait contribué à créer qui l'arrêtât.

Après l'échec de la République romaine en 1849, Garibaldi prit la fuite avec sa femme Anita à travers les marais et montagnes d'Italie centrale, poursuivi par les armées autrichienne, française, espagnole et napolitaine. Anita, enceinte et épuisée, mourut dans ses bras près de Ravenne. Ce deuil dévasta Garibaldi, qui continua néanmoins son combat pour des décennies.

En exil à New York en 1850-1851, Garibaldi — héros de deux continents — dut travailler comme fabricant de chandelles sur l'île de Staten Island pour subvenir à ses besoins. Ce général qui avait commandé des armées et défendu Rome contre les troupes du pape passait ses journées à mouler des bougies dans une petite fabrique. Cet épisode illustre les revers dramatiques de fortune qui jalonnèrent sa vie.

Sources primaires

Proclamation aux Siciliens — Expédition des Mille (5 mai 1860)
Italiens ! La Sicile veut rejoindre la grande famille italienne... Je vous appelle sous les drapeaux de l'Italie et de Victor-Emmanuel. L'Italie ou la mort !
Memorie di Giuseppe Garibaldi (Mémoires) (1872)
J'ai combattu pour la liberté partout où la tyrannie existait et où la liberté avait besoin d'être défendue. L'Amérique du Sud m'a appris la guérilla ; l'Italie m'a appris l'espoir.
Lettre à Victor-Emmanuel II après la prise de Naples (26 octobre 1860)
Sire, j'ai l'honneur de vous remettre la couronne de l'Italie du Sud. Je vous prie de régner sur ces peuples que je vous offre, libres et heureux.
Déclaration lors de la défense de la République romaine (2 juillet 1849)
Soldats, je n'offre ni solde, ni logements, ni provisions. J'offre la faim, la soif, les marches forcées, les combats et la mort. Que celui qui aime sa patrie dans son cœur, et non seulement sur les lèvres, me suive.
Discours au Parlement italien sur la question de Rome (1861)
Rome doit être la capitale de l'Italie. C'est une nécessité historique, géographique et politique à laquelle aucun gouvernement ne peut se soustraire sans trahir la nation.

Lieux clés

Nice (Nizza), lieu de naissance

Né le 4 juillet 1807 à Nice, alors ville de l'Empire français, Garibaldi grandit dans un port méditerranéen actif, ce qui le destina à une carrière de marin avant de devenir militaire. Nice fut cédée à la France en 1860, ce qu'il vécut comme une blessure personnelle.

Montevideo (Uruguay), exil et formation

Réfugié en Amérique du Sud après sa condamnation à mort, Garibaldi commanda la Légion italienne dans les guerres civiles uruguayennes de 1842 à 1848. C'est là qu'il développa ses techniques de guérilla et adopta la chemise rouge.

Rome, défense de la République romaine

En 1849, Garibaldi défendit héroïquement la République romaine proclamée par Mazzini contre les troupes françaises de Napoléon III. La résistance de la Villa Borghese et du Gianicolo reste l'un des épisodes les plus glorieux de sa carrière militaire.

Marsala (Sicile), débarquement de l'Expédition des Mille

Le 11 mai 1860, Garibaldi et ses Mille garibaldiens débarquèrent à Marsala, en Sicile, pour lancer leur campagne de conquête du Sud de l'Italie. Ce débarquement audacieux marqua le début de la phase décisive du Risorgimento.

Île de Caprera (Sardaigne), retraite et mort

Garibaldi s'installa sur cette île déserte de Sardaigne à partir de 1855 et y vécut en agriculteur entre ses campagnes. Il y mourut le 2 juin 1882 et y est enterré. Caprera est aujourd'hui un lieu de pèlerinage patriotique italien.

Teano (Campanie), rencontre avec Victor-Emmanuel II

C'est à Teano, le 26 octobre 1860, que Garibaldi rencontra le roi Victor-Emmanuel II et lui remit solennellement le royaume des Deux-Siciles qu'il venait de conquérir. Ce geste d'abnégation républicaine reste l'un des symboles forts du Risorgimento.

Voir aussi