Guy Môquet(1924 — 1941)

Guy Môquet

France

9 min de lecture

PolitiqueSociétéMilitaireRésistant(e)XXe siècleSeconde Guerre mondiale, occupation allemande de la France (1940-1944)

Jeune militant communiste français, arrêté à 16 ans en 1940 et fusillé comme otage à Châteaubriant le 22 octobre 1941, à l'âge de 17 ans. Sa lettre d'adieu à sa famille, écrite quelques heures avant son exécution, est devenue un symbole de la Résistance française.

Questions fréquentes

Guy Môquet était un jeune militant communiste français, arrêté à 16 ans en 1940 pour distribution de tracts clandestins, et fusillé comme otage à 17 ans le 22 octobre 1941 à Châteaubriant. Ce qui le rend si singulier, c'est moins son action politique que la lettre d'adieu qu'il écrit à sa famille quelques heures avant sa mort : d'une maturité bouleversante, elle est devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance. Ce qu'il faut retenir, c'est que son exécution, dans le cadre des représailles allemandes après l'attentat de Nantes, illustre la violence de l'occupation nazie et le sacrifice de très jeunes résistants. Depuis 2007, sa lettre est lue chaque année dans les lycées français.

Citations célèbres

« Courage, courage, en avant pour la vie ! Courage à toi ma petite maman que j'aime tant ainsi qu'à mon père.»

Faits marquants

  • Né le 26 avril 1924 à Paris
  • Arrêté le 13 octobre 1940 à 16 ans pour distribution de tracts communistes
  • Emprisonné à Clairvaux puis au camp de Choisel à Châteaubriant
  • Fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, en représailles à l'assassinat d'un officier allemand
  • Sa lettre d'adieu est lue dans les écoles françaises chaque 22 octobre depuis 2007

Œuvres & réalisations

Lettre d'adieu à sa famille (22 octobre 1941)

Rédigée quelques heures avant son exécution et adressée à ses parents et à son frère Serge, cette lettre est devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française. D'une maturité et d'une dignité saisissantes pour un adolescent de 17 ans, elle est conservée aux Archives nationales et est depuis 2007 lue chaque année dans les lycées.

Activité militante clandestine (distribution de tracts, 1940) (1940)

Bien que non écrite, cette action politique concrète constitue l'engagement de Guy Môquet contre l'occupant. En diffusant les tracts du PCF interdit dans le métro parisien à 16 ans, il participe à l'une des premières formes de résistance à l'Occupation, au péril de sa liberté.

Témoignages de codétenus sur son attitude au camp de Châteaubriant (1941-1945)

Plusieurs internés du camp de Choisel ont témoigné après la guerre du courage et de la sérénité dont fit preuve Guy Môquet durant son internement. Ces récits recueillis par des historiens complètent la connaissance de sa personnalité et de son engagement jusqu'à ses derniers instants.

Anecdotes

Le 13 octobre 1940, Guy Môquet est arrêté à 16 ans par la police française à la station de métro Gare de l'Est, alors qu'il distribue des tracts communistes clandestins. Il porte encore son cartable de lycéen. Cette arrestation intervient dans un contexte où le Parti Communiste est interdit depuis septembre 1939, et distribuer de tels documents représente un acte de résistance punissable d'emprisonnement.

Parmi les 27 otages désignés pour être fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941, Guy Môquet est de loin le plus jeune. Des négociations auraient tenté d'obtenir sa substitution par un autre prisonnier en raison de son jeune âge, mais les autorités allemandes refusent. Il sera exécuté à 17 ans, avec ses compagnons d'infortune.

Quelques heures avant son exécution, Guy Môquet obtient du papier et un crayon pour écrire une dernière lettre à ses parents et à son frère Serge, âgé de 8 ans. En quelques lignes d'une dignité bouleversante, il exprime son amour pour sa famille et son courage face à la mort, écrivant : 'Courage ! Je vous embrasse tous de tout mon cœur d'enfant.' Cette lettre, conservée aux Archives nationales, est devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française.

Le père de Guy Môquet, Prosper Môquet, était député communiste de Paris. Arrêté dès 1940 et déporté, il apprend la mort de son fils depuis un camp de concentration. Cette double arrestation, père et fils, illustre la répression systématique des familles militantes communistes sous l'Occupation, frappées jusque dans leur descendance.

En 2007, le président Nicolas Sarkozy décide que la lettre de Guy Môquet serait lue chaque année dans tous les lycées de France le 22 octobre. Cette décision suscite un vif débat : certains historiens et enseignants estiment qu'utiliser cette lettre sans expliquer pleinement le contexte politique — la lutte communiste contre le nazisme — déforme la réalité historique. D'autres y voient un juste hommage à la jeunesse sacrifiée, révélant la complexité de la mémoire de la Résistance.

Sources primaires

Lettre d'adieu de Guy Môquet à sa famille (22 octobre 1941)
Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Bien sûr, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
Avis d'exécution publié par le Militärbefehlshaber Otto von Stülpnagel (20 octobre 1941)
En expiation de ce crime, j'ai ordonné que cinquante otages soient fusillés. Cinquante autres otages seront fusillés si les coupables ne sont pas arrêtés d'ici le 23 octobre 1941 à minuit.
Rapport de la préfecture de police de Paris relatif à l'arrestation de Guy Môquet (13 octobre 1940)
Le nommé Môquet Guy, né le 26 avril 1924, domicilié à Paris 20e, a été appréhendé en flagrant délit de distribution de tracts communistes à la station de métro Gare de l'Est. Il est fils du député communiste Prosper Môquet, actuellement détenu.
Témoignages d'internés rescapés du camp de Choisel à Châteaubriant, recueillis par l'ANACR (1945)
Ils marchaient au pas, la tête haute, chantant La Marseillaise et L'Internationale. Guy Môquet était parmi eux, le plus jeune, les joues encore rondes d'un enfant. Ils voulaient mourir debout, et ils l'ont fait.

Lieux clés

Paris, 20e arrondissement

Quartier populaire où Guy Môquet grandit avec sa famille. Son père Prosper Môquet en est le député communiste, et c'est dans cet environnement ouvrier et militant que Guy forge ses convictions politiques dès l'enfance.

Station de métro Gare de l'Est, Paris

C'est sur le quai de cette station que Guy Môquet est arrêté le 13 octobre 1940, cartable sur le dos, en train de distribuer des tracts clandestins du PCF interdit. Ce lieu marque le début de sa captivité.

Prison de Fresnes, Fresnes (Val-de-Marne)

Première prison dans laquelle Guy Môquet est incarcéré après son arrestation, avant d'être transféré à Clairvaux puis à Châteaubriant. Sous l'Occupation, Fresnes sert massivement à emprisonner résistants et militants politiques.

Camp de Choisel, Châteaubriant (Loire-Atlantique)

Camp d'internement où Guy Môquet passe les derniers mois de sa vie. Le 22 octobre 1941, il est conduit avec 26 autres otages à la carrière de la Sablière toute proche pour y être fusillé.

Carrière de la Sablière, Châteaubriant

Lieu d'exécution des 27 otages de Châteaubriant le 22 octobre 1941. Aujourd'hui transformé en mémorial national, il est le symbole du sacrifice de ces résistants, dont Guy Môquet, le plus jeune d'entre eux à 17 ans.

Voir aussi