Jeune militant communiste français, arrêté à 16 ans en 1940 et fusillé comme otage à Châteaubriant le 22 octobre 1941, à l'âge de 17 ans. Sa lettre d'adieu à sa famille, écrite quelques heures avant son exécution, est devenue un symbole de la Résistance française.
Guy Môquet(1924 — 1941)
Guy Môquet
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Courage, courage, en avant pour la vie ! Courage à toi ma petite maman que j'aime tant ainsi qu'à mon père.»
Faits marquants
- Né le 26 avril 1924 à Paris
- Arrêté le 13 octobre 1940 à 16 ans pour distribution de tracts communistes
- Emprisonné à Clairvaux puis au camp de Choisel à Châteaubriant
- Fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, en représailles à l'assassinat d'un officier allemand
- Sa lettre d'adieu est lue dans les écoles françaises chaque 22 octobre depuis 2007
Œuvres & réalisations
Rédigée quelques heures avant son exécution et adressée à ses parents et à son frère Serge, cette lettre est devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française. D'une maturité et d'une dignité saisissantes pour un adolescent de 17 ans, elle est conservée aux Archives nationales et est depuis 2007 lue chaque année dans les lycées.
Bien que non écrite, cette action politique concrète constitue l'engagement de Guy Môquet contre l'occupant. En diffusant les tracts du PCF interdit dans le métro parisien à 16 ans, il participe à l'une des premières formes de résistance à l'Occupation, au péril de sa liberté.
Plusieurs internés du camp de Choisel ont témoigné après la guerre du courage et de la sérénité dont fit preuve Guy Môquet durant son internement. Ces récits recueillis par des historiens complètent la connaissance de sa personnalité et de son engagement jusqu'à ses derniers instants.
Anecdotes
Le 13 octobre 1940, Guy Môquet est arrêté à 16 ans par la police française à la station de métro Gare de l'Est, alors qu'il distribue des tracts communistes clandestins. Il porte encore son cartable de lycéen. Cette arrestation intervient dans un contexte où le Parti Communiste est interdit depuis septembre 1939, et distribuer de tels documents représente un acte de résistance punissable d'emprisonnement.
Parmi les 27 otages désignés pour être fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941, Guy Môquet est de loin le plus jeune. Des négociations auraient tenté d'obtenir sa substitution par un autre prisonnier en raison de son jeune âge, mais les autorités allemandes refusent. Il sera exécuté à 17 ans, avec ses compagnons d'infortune.
Quelques heures avant son exécution, Guy Môquet obtient du papier et un crayon pour écrire une dernière lettre à ses parents et à son frère Serge, âgé de 8 ans. En quelques lignes d'une dignité bouleversante, il exprime son amour pour sa famille et son courage face à la mort, écrivant : 'Courage ! Je vous embrasse tous de tout mon cœur d'enfant.' Cette lettre, conservée aux Archives nationales, est devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française.
Le père de Guy Môquet, Prosper Môquet, était député communiste de Paris. Arrêté dès 1940 et déporté, il apprend la mort de son fils depuis un camp de concentration. Cette double arrestation, père et fils, illustre la répression systématique des familles militantes communistes sous l'Occupation, frappées jusque dans leur descendance.
En 2007, le président Nicolas Sarkozy décide que la lettre de Guy Môquet serait lue chaque année dans tous les lycées de France le 22 octobre. Cette décision suscite un vif débat : certains historiens et enseignants estiment qu'utiliser cette lettre sans expliquer pleinement le contexte politique — la lutte communiste contre le nazisme — déforme la réalité historique. D'autres y voient un juste hommage à la jeunesse sacrifiée, révélant la complexité de la mémoire de la Résistance.
Sources primaires
Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Bien sûr, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
En expiation de ce crime, j'ai ordonné que cinquante otages soient fusillés. Cinquante autres otages seront fusillés si les coupables ne sont pas arrêtés d'ici le 23 octobre 1941 à minuit.
Le nommé Môquet Guy, né le 26 avril 1924, domicilié à Paris 20e, a été appréhendé en flagrant délit de distribution de tracts communistes à la station de métro Gare de l'Est. Il est fils du député communiste Prosper Môquet, actuellement détenu.
Ils marchaient au pas, la tête haute, chantant La Marseillaise et L'Internationale. Guy Môquet était parmi eux, le plus jeune, les joues encore rondes d'un enfant. Ils voulaient mourir debout, et ils l'ont fait.
Lieux clés
Quartier populaire où Guy Môquet grandit avec sa famille. Son père Prosper Môquet en est le député communiste, et c'est dans cet environnement ouvrier et militant que Guy forge ses convictions politiques dès l'enfance.
C'est sur le quai de cette station que Guy Môquet est arrêté le 13 octobre 1940, cartable sur le dos, en train de distribuer des tracts clandestins du PCF interdit. Ce lieu marque le début de sa captivité.
Première prison dans laquelle Guy Môquet est incarcéré après son arrestation, avant d'être transféré à Clairvaux puis à Châteaubriant. Sous l'Occupation, Fresnes sert massivement à emprisonner résistants et militants politiques.
Camp d'internement où Guy Môquet passe les derniers mois de sa vie. Le 22 octobre 1941, il est conduit avec 26 autres otages à la carrière de la Sablière toute proche pour y être fusillé.
Lieu d'exécution des 27 otages de Châteaubriant le 22 octobre 1941. Aujourd'hui transformé en mémorial national, il est le symbole du sacrifice de ces résistants, dont Guy Môquet, le plus jeune d'entre eux à 17 ans.
Objets typiques

Petits imprimés diffusés illégalement avec des mots d'ordre du Parti Communiste interdit. C'est la distribution de ces tracts dans le métro parisien qui vaut à Guy Môquet son arrestation le 13 octobre 1940, à l'âge de 16 ans.

Guy Môquet est encore élève dans un lycée parisien lorsqu'il est arrêté. Son cartable qu'il portait au moment de son interpellation symbolise la jeunesse brutalement interrompue par la guerre et la répression nazie.

Quelques heures avant son exécution, Guy Môquet obtient du papier et un crayon pour rédiger sa lettre d'adieu. Ce simple matériel d'écriture lui permet de laisser à sa famille et à la postérité un témoignage d'une dignité exceptionnelle.

Guy Môquet adhère aux Jeunesses Communistes dans la continuité de l'engagement politique de son père Prosper, député PCF. Cette appartenance à une organisation illégale après 1939 fait de lui un militant clandestin dès l'adolescence.

Instaurés en France dès septembre 1940, ces coupons donnent droit à une quantité limitée de nourriture. Comme toutes les familles ouvrières parisiennes, les Môquet les utilisent au quotidien, symboles des privations imposées par l'Occupation.

Dans sa lettre d'adieu, Guy évoque longuement sa mère, son frère Serge et son père absent. La photo de famille représente pour lui le dernier lien affectif avant l'exécution, tout ce qu'il aime et qu'il doit quitter à 17 ans.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Avant son arrestation, Guy Môquet commence ses journées comme un lycéen ordinaire : lever matinal dans l'appartement familial du 20e arrondissement, petit-déjeuner frugal puis départ pour le lycée cartable au dos. Sous l'Occupation, ces matins portent déjà la marque de la guerre : queues devant les boutiques pour les tickets de rationnement, soldats allemands dans les rues, affiches de propagande sur les murs.
Après-midi
L'après-midi, Guy mêle ses obligations scolaires à son engagement militant clandestin. Il participe aux activités des Jeunesses Communistes interdites, récupère et distribue les tracts du parti, transmet des informations entre camarades. Ces activités se déroulent dans la discrétion et la méfiance constante des délateurs et des patrouilles allemandes.
Soir
Les soirées se passent en famille, dans un appartement modeste du quartier ouvrier. Le père, déjà arrêté en 1940, laisse mère et enfants seuls face aux difficultés quotidiennes. La radio, parfois écoutée en secret, capte les émissions de la BBC ou de Radio Moscou donnant des nouvelles du front. La vie est marquée par les rationnements, le couvre-feu et l'angoisse latente des arrestations.
Alimentation
Sous l'Occupation, l'alimentation des Parisiens est soumise aux tickets de rationnement instaurés en septembre 1940. La famille Môquet, comme les familles ouvrières, mange peu et mal : pain de mauvaise qualité, légumes, viande rarissime. En prison et au camp, les rations sont encore plus maigres, souvent composées de soupe claire et de pain noir.
Vêtements
Fils d'un militant ouvrier, Guy Môquet porte des vêtements simples et fonctionnels : pantalon de drap, chemise, pull en laine et veston pour les jours de lycée. Sous l'Occupation, les vêtements s'usent sans pouvoir être remplacés facilement, faute de tissu et d'argent. Au camp de Châteaubriant, les internés portent des tenues uniformes qui effacent les individualités.
Habitat
La famille Môquet vit dans un appartement locatif du 20e arrondissement de Paris, quartier à majorité ouvrière et populaire. Le logement est modeste, quelques pièces partagées sans confort particulier. Ce milieu populaire, marqué par la solidarité et l'engagement politique, façonne profondément les valeurs de Guy dès l'enfance.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Lettre d'adieu à sa famille
22 octobre 1941
Activité militante clandestine (distribution de tracts, 1940)
1940
Témoignages de codétenus sur son attitude au camp de Châteaubriant
1941-1945






