Ingénieur civil français, Jacques Bonsergent fut le premier civil parisien fusillé par les Allemands sous l'Occupation, le 23 décembre 1940. Son exécution, suite à une bousculade avec des soldats allemands, fit de lui un symbole de la résistance passive et du martyre.
Jacques Bonsergent(1912 — 1940)
Jacques Bonsergent
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 28 mai 1907 à Paris
- Ingénieur des Arts et Métiers de formation
- Arrêté le 11 novembre 1940 lors d'une bousculade avec des soldats allemands près de la gare Saint-Lazare
- Fusillé au Mont-Valérien le 23 décembre 1940, premier civil parisien exécuté par les Allemands
- Une station de la ligne 5 du métro parisien porte son nom depuis 1971
Œuvres & réalisations
Formation d'ingénieur que Bonsergent avait menée à bien avant l'Occupation. Son titre d'ingénieur représentait l'ascension sociale d'un jeune Français de milieu modeste entré dans les rangs des techniciens qualifiés de la République.
Document historique majeur rédigé dans la nuit précédant son exécution, témoignant de sa sérénité et de sa fierté d'avoir protégé ses amis. Conservée aux archives nationales, cette lettre est régulièrement citée comme symbole de la résistance morale sous l'Occupation.
En refusant obstinément de livrer les noms de ses compagnons lors de son arrestation et de son procès, Bonsergent accomplit un acte délibéré de résistance civile. Cet acte constitue son legs historique essentiel et l'inscrit parmi les premiers martyrs de la France occupée.
Par son exécution et la réaction de solidarité qu'elle suscita chez les Parisiens (dépôt de fleurs sur les affiches), Bonsergent devint malgré lui le catalyseur d'une prise de conscience collective. Son cas fut évoqué par la presse clandestine et les radios alliées comme preuve de la brutalité de l'occupant.
Anecdotes
Le soir du 11 novembre 1940, Jacques Bonsergent rentrait avec des amis d'une fête de mariage célébrée dans un restaurant du quartier de la Gare Saint-Lazare. Une bousculade éclata avec un groupe de soldats allemands. L'un de ses amis frappa un sous-officier. Bonsergent, voulant protéger ses compagnons, déclina de les dénoncer et assuma seul la responsabilité de l'incident devant les autorités d'occupation.
Lors de son procès devant le tribunal militaire allemand, Bonsergent refusa obstinément de livrer les noms de ses amis présents ce soir-là, malgré les pressions répétées de ses interrogateurs. Ce silence courageux, qui lui coûta la vie, fit de lui un symbole de solidarité et de dignité face à l'occupant.
Après sa condamnation à mort le 5 décembre 1940, de nombreuses personnalités et organismes intercédèrent en sa faveur, dont la Croix-Rouge et même certains officiers allemands. Le maréchal von Brauchitsch refusa cependant toute grâce. L'exécution, fixée au 23 décembre 1940, fut délibérément programmée deux jours avant Noël, aggravant encore l'émotion des Parisiens.
Après l'exécution, les Allemands placardèrent dans tout Paris des affiches rouges annonçant la mort de Bonsergent pour 'avoir commis des actes de violence envers des membres de la Wehrmacht'. Les Parisiens répondirent en déposant discrètement des fleurs au pied des affiches, geste de résistance silencieuse que les autorités d'occupation tentèrent vainement d'interdire.
Lors de sa dernière nuit, Bonsergent écrivit à sa famille une lettre d'adieu d'une grande sérénité, affirmant mourir en paix avec lui-même pour n'avoir pas trahi ses amis. Cette lettre, conservée aux archives, est devenue l'un des témoignages les plus poignants de la Résistance civile française sous l'Occupation.
Sources primaires
Jacques Bonsergent, ingénieur civil, né le 15 octobre 1912 à Paris, est condamné à mort pour actes de violence contre des membres de la Wehrmacht allemande. La sentence sera exécutée par fusillade.
Le nommé Bonsergent Jacques, de Paris, a été condamné à mort par le tribunal militaire allemand pour avoir commis un acte de violence envers des membres de la Wehrmacht. Il a été fusillé ce matin.
Je meurs en ayant bonne conscience, sachant que je n'ai pas failli. Ne pleurez pas trop, ma mort aura peut-être un sens pour notre pays.
L'exécution de Bonsergent a eu lieu conformément à la sentence du tribunal. Le condamné a refusé jusqu'au bout de désigner ses complices. La mesure est destinée à démontrer que tout acte hostile envers les forces d'occupation sera sanctionné avec rigueur.
Lieux clés
C'est dans les rues proches de la gare Saint-Lazare que se produisit la bousculade entre le groupe de Bonsergent et des soldats allemands le 11 novembre 1940, événement déclencheur de son arrestation.
Prison où Bonsergent fut détenu après son arrestation, en attente de jugement. Lieu emblématique de l'Occupation où furent enfermés de nombreux résistants et civils arrêtés par les Allemands.
Site d'exécution où Jacques Bonsergent fut fusillé le 23 décembre 1940 à l'aube. Cette fortification militaire de l'est parisien servit de lieu d'exécution pour plusieurs condamnés sous l'Occupation.
La station de métro du boulevard Magenta fut rebaptisée 'Jacques Bonsergent' à la Libération en hommage au premier civil parisien fusillé par les Allemands. Elle perpétue aujourd'hui sa mémoire auprès des millions de voyageurs qui l'empruntent.
Bonsergent était né et avait grandi dans le Paris populaire et ouvrier du 10e arrondissement, quartier de la République et du canal Saint-Martin, ancré dans les milieux du travail et de l'artisanat.
Objets typiques

Document obligatoire pour tout Français sous l'Occupation, exigé à chaque contrôle allemand. Bonsergent en était porteur lors de son arrestation le 11 novembre 1940.

Formulaire en allemand et en français autorisant les déplacements en zone occupée. Indispensable pour circuler dans Paris après le couvre-feu ou franchir certains périmètres militaires.

Carnet de tickets instauré dès 1940 pour les denrées alimentaires, les textiles et le charbon. La vie quotidienne de tous les Parisiens, ingénieurs comme ouvriers, était rythmée par ce système de privations imposé par l'occupant.

Instrument de calcul analogique indispensable aux ingénieurs civils des années 1940 pour effectuer rapidement multiplications et divisions. Symbole du métier d'ingénieur que Bonsergent avait embrassé.

Avis imprimé en rouge, placardé dans les rues de Paris pour annoncer les exécutions. L'affiche publiée après la mort de Bonsergent devint un symbole de terreur et, paradoxalement, de résistance lorsque les Parisiens la couvrirent de fleurs.

Support sur lequel Bonsergent rédigea ses lettres à sa famille depuis sa cellule entre novembre et décembre 1940. Ces écrits constituent aujourd'hui des documents d'archives précieux sur l'état d'esprit des prisonniers civils sous l'Occupation.
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Vie quotidienne
Matin
Comme la plupart des ingénieurs civils parisiens en 1940, Bonsergent débutait sa journée tôt, se conformant aux restrictions de l'Occupation : écoute des nouvelles à la radio (BBC Londres en secret), départ au travail à pied ou en métro faute d'essence, présentation de son laissez-passer aux checkpoints allemands.
Après-midi
Son activité professionnelle d'ingénieur se déroulait sur des chantiers ou dans des bureaux d'études, dans un contexte de pénurie de matériaux et de réquisitions allemandes. Les entreprises françaises devaient souvent adapter leurs projets aux exigences et aux priorités imposées par l'autorité d'occupation.
Soir
Les soirées étaient contraintes par le couvre-feu (23 h en 1940, ramené à 21 h puis 22 h selon les périodes) et la crainte des contrôles. Le 11 novembre, Bonsergent et ses amis profitaient d'une rare soirée festive — un mariage — avant de croiser tragiquement une patrouille allemande au retour.
Alimentation
Les Parisiens vivaient sous un régime de rationnement strict : pain en quantité limitée (300 g/jour en 1940), viande rare, sucre et graisses contingentés. Les tickets d'alimentation régissaient chaque achat ; les ingénieurs, classés en catégorie professionnelle intermédiaire, bénéficiaient de rations légèrement supérieures aux civils ordinaires.
Vêtements
En tant qu'ingénieur, Bonsergent portait costume sombre, cravate et chapeau feutre — la tenue bourgeoise standard des cadres et techniciens de l'époque. La pénurie de textiles imposait de réparer et de recycler ; les tickets textile instaurés à l'automne 1940 limitaient les achats neufs.
Habitat
Bonsergent habitait Paris dans un appartement typique des arrondissements populaires — immeuble haussmannien ou de rapport du début du XXe siècle, chauffage au charbon rationné, eau courante mais confort sommaire. La cohabitation forcée avec l'Occupation se lisait dans les rues : drapeaux allemands, enseignes bilingues, soldats omniprésents.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Diplôme d'ingénieur civil des Arts et Métiers
années 1930
Lettre d'adieu à sa famille
22-23 décembre 1940
Acte de résistance passive — refus de dénonciation
novembre-décembre 1940
Héritage mémoriel : premier symbole de la résistance civile parisienne
décembre 1940






