Jacques Bonsergent(1912 — 1940)

Jacques Bonsergent

France

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MilitaireSociétéPolitiqueXXe siècleSeconde Guerre mondiale et Occupation allemande de la France (1940-1944)

Ingénieur civil français, Jacques Bonsergent fut le premier civil parisien fusillé par les Allemands sous l'Occupation, le 23 décembre 1940. Son exécution, suite à une bousculade avec des soldats allemands, fit de lui un symbole de la résistance passive et du martyre.

Questions fréquentes

Jacques Bonsergent (1912-1940) était un ingénieur civil parisien, formé aux Arts et Métiers. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il n'était pas un résistant armé mais un simple citoyen qui, le 11 novembre 1940, refusa de dénoncer ses amis après une bousculade avec des soldats allemands près de la gare Saint-Lazare. Ce qu'il faut retenir, c'est que son exécution le 23 décembre 1940 au fort de Vincennes fit de lui le premier civil parisien fusillé par l'occupant, transformant un geste de solidarité en acte fondateur de la résistance passive.

Faits marquants

  • Né le 28 mai 1907 à Paris
  • Ingénieur des Arts et Métiers de formation
  • Arrêté le 11 novembre 1940 lors d'une bousculade avec des soldats allemands près de la gare Saint-Lazare
  • Fusillé au Mont-Valérien le 23 décembre 1940, premier civil parisien exécuté par les Allemands
  • Une station de la ligne 5 du métro parisien porte son nom depuis 1971

Œuvres & réalisations

Diplôme d'ingénieur civil des Arts et Métiers (années 1930)

Formation d'ingénieur que Bonsergent avait menée à bien avant l'Occupation. Son titre d'ingénieur représentait l'ascension sociale d'un jeune Français de milieu modeste entré dans les rangs des techniciens qualifiés de la République.

Lettre d'adieu à sa famille (22-23 décembre 1940)

Document historique majeur rédigé dans la nuit précédant son exécution, témoignant de sa sérénité et de sa fierté d'avoir protégé ses amis. Conservée aux archives nationales, cette lettre est régulièrement citée comme symbole de la résistance morale sous l'Occupation.

Acte de résistance passive — refus de dénonciation (novembre-décembre 1940)

En refusant obstinément de livrer les noms de ses compagnons lors de son arrestation et de son procès, Bonsergent accomplit un acte délibéré de résistance civile. Cet acte constitue son legs historique essentiel et l'inscrit parmi les premiers martyrs de la France occupée.

Héritage mémoriel : premier symbole de la résistance civile parisienne (décembre 1940)

Par son exécution et la réaction de solidarité qu'elle suscita chez les Parisiens (dépôt de fleurs sur les affiches), Bonsergent devint malgré lui le catalyseur d'une prise de conscience collective. Son cas fut évoqué par la presse clandestine et les radios alliées comme preuve de la brutalité de l'occupant.

Anecdotes

Le soir du 11 novembre 1940, Jacques Bonsergent rentrait avec des amis d'une fête de mariage célébrée dans un restaurant du quartier de la Gare Saint-Lazare. Une bousculade éclata avec un groupe de soldats allemands. L'un de ses amis frappa un sous-officier. Bonsergent, voulant protéger ses compagnons, déclina de les dénoncer et assuma seul la responsabilité de l'incident devant les autorités d'occupation.

Lors de son procès devant le tribunal militaire allemand, Bonsergent refusa obstinément de livrer les noms de ses amis présents ce soir-là, malgré les pressions répétées de ses interrogateurs. Ce silence courageux, qui lui coûta la vie, fit de lui un symbole de solidarité et de dignité face à l'occupant.

Après sa condamnation à mort le 5 décembre 1940, de nombreuses personnalités et organismes intercédèrent en sa faveur, dont la Croix-Rouge et même certains officiers allemands. Le maréchal von Brauchitsch refusa cependant toute grâce. L'exécution, fixée au 23 décembre 1940, fut délibérément programmée deux jours avant Noël, aggravant encore l'émotion des Parisiens.

Après l'exécution, les Allemands placardèrent dans tout Paris des affiches rouges annonçant la mort de Bonsergent pour 'avoir commis des actes de violence envers des membres de la Wehrmacht'. Les Parisiens répondirent en déposant discrètement des fleurs au pied des affiches, geste de résistance silencieuse que les autorités d'occupation tentèrent vainement d'interdire.

Lors de sa dernière nuit, Bonsergent écrivit à sa famille une lettre d'adieu d'une grande sérénité, affirmant mourir en paix avec lui-même pour n'avoir pas trahi ses amis. Cette lettre, conservée aux archives, est devenue l'un des témoignages les plus poignants de la Résistance civile française sous l'Occupation.

Sources primaires

Jugement du tribunal militaire allemand de Paris (5 décembre 1940)
Jacques Bonsergent, ingénieur civil, né le 15 octobre 1912 à Paris, est condamné à mort pour actes de violence contre des membres de la Wehrmacht allemande. La sentence sera exécutée par fusillade.
Avis d'exécution affiché par le commandement militaire allemand (Affiche rouge) (23 décembre 1940)
Le nommé Bonsergent Jacques, de Paris, a été condamné à mort par le tribunal militaire allemand pour avoir commis un acte de violence envers des membres de la Wehrmacht. Il a été fusillé ce matin.
Lettre d'adieu de Jacques Bonsergent à sa famille (22-23 décembre 1940)
Je meurs en ayant bonne conscience, sachant que je n'ai pas failli. Ne pleurez pas trop, ma mort aura peut-être un sens pour notre pays.
Rapport du commandement militaire allemand en France (Militärbefehlshaber in Frankreich) (23 décembre 1940)
L'exécution de Bonsergent a eu lieu conformément à la sentence du tribunal. Le condamné a refusé jusqu'au bout de désigner ses complices. La mesure est destinée à démontrer que tout acte hostile envers les forces d'occupation sera sanctionné avec rigueur.

Lieux clés

Quartier de la Gare Saint-Lazare, Paris (9e arr.)

C'est dans les rues proches de la gare Saint-Lazare que se produisit la bousculade entre le groupe de Bonsergent et des soldats allemands le 11 novembre 1940, événement déclencheur de son arrestation.

Prison militaire du Cherche-Midi, Paris (6e arr.)

Prison où Bonsergent fut détenu après son arrestation, en attente de jugement. Lieu emblématique de l'Occupation où furent enfermés de nombreux résistants et civils arrêtés par les Allemands.

Fort de Vincennes, Vincennes

Site d'exécution où Jacques Bonsergent fut fusillé le 23 décembre 1940 à l'aube. Cette fortification militaire de l'est parisien servit de lieu d'exécution pour plusieurs condamnés sous l'Occupation.

Station de métro Jacques Bonsergent, Paris (10e arr.)

La station de métro du boulevard Magenta fut rebaptisée 'Jacques Bonsergent' à la Libération en hommage au premier civil parisien fusillé par les Allemands. Elle perpétue aujourd'hui sa mémoire auprès des millions de voyageurs qui l'empruntent.

Paris, 10e arrondissement (quartier natal)

Bonsergent était né et avait grandi dans le Paris populaire et ouvrier du 10e arrondissement, quartier de la République et du canal Saint-Martin, ancré dans les milieux du travail et de l'artisanat.

Voir aussi