Retour à Hannah Arendt
La table de l'émigré (Mitteleuropa en exil)
Pas la grille entrée-plat-dessert française, mais la structure bourgeoise est-prussienne qu'Arendt a transportée d'un continent à l'autre : un repas chaud de midi (Mittagessen) bâti autour d'un plat unique copieux, puis le rituel sacré du Kaffee und Kuchen de l'après-midi (café fort + gâteau de levure), et enfin l'Abendbrot du soir, frugal. À New York, cette ossature allemande s'est mêlée des frugalités apprises pendant la fuite parisienne. Le café n'est pas un à-côté : c'est le carburant des longues conversations nocturnes, presque un repas en soi.
Signature : La câpre (Kapern) et le café noir
Deux marqueurs : la câpre acidulée, signature de la cuisine de Königsberg, sa ville natale ; et le café serré, compagnon de toutes ses nuits de pensée et de ses tablées d'amis enfumées. L'une vient de l'enfance, l'autre de la vie d'exilée — les deux disent qui elle était.

Hannah Arendt à table

1906 — 1975

4 recettes d’époque