Hatshepsout(1506 av. J.-C. — 1457 av. J.-C.)
Hatchepsout
Égypte antique
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Hatchepsout est l'une des rares femmes à avoir régné en tant que pharaon d'Égypte. Après avoir assuré la régence pour son beau-fils Thoutmôsis III, elle prit le pouvoir vers 1478 av. J.-C. et gouverna pendant plus de vingt ans. Son règne fut marqué par la prospérité, de grands chantiers architecturaux et une expédition commerciale célèbre vers le pays de Pount.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1478 av. J.-C. : elle prend le titre de pharaon et se fait représenter avec les attributs masculins traditionnels (barbe postiche, némès, sceptres)
- Vers 1470 av. J.-C. : elle envoie une expédition commerciale vers le pays de Pount, rapportant myrrhe, ébène et animaux exotiques
- Elle fait ériger son temple funéraire à Deir el-Bahari, chef-d'œuvre de l'architecture égyptienne
- Elle fait construire deux obélisques gigantesques au temple de Karnak en l'honneur d'Amon
- Après sa mort (vers 1457 av. J.-C.), Thoutmôsis III fit effacer une grande partie de ses représentations et inscriptions
Œuvres & réalisations
Monument le plus emblématique d'Hatchepsout, ce temple à trois terrasses est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture de l'Égypte ancienne ; ses murs racontent en images son origine divine et ses accomplissements.
Taillés en granit rose d'Assouan et couverts d'électrum, ces obélisques atteignaient 29 mètres de hauteur ; l'un d'eux est encore debout aujourd'hui, témoignant de la puissance du règne d'Hatchepsout.
Mission diplomatique et commerciale sans précédent qui ramena en Égypte des arbres à myrrhe, de l'ébène, de l'ivoire et des animaux rares ; son récit en bas-reliefs constitue l'un des premiers récits de voyage de l'humanité.
Chapelle en quartzite rouge construite comme reposoir pour la barque sacrée d'Amon lors des processions, ornée de scènes célébrant la corégence et les rites royaux ; démontée sous Thoutmosis III, elle fut reconstituée au XXe siècle.
Temple rupestre creusé dans la falaise et dédié à la déesse Pakhet ; l'inscription de façade proclame la légitimité d'Hatchepsout et son rôle de restauratrice des temples après la domination des Hyksos.
Anecdotes
Hatchepsout fut la première femme à régner en tant que pharaon à part entière, et non comme simple régente. Pour asseoir son autorité, elle se fit représenter sur les monuments avec les attributs masculins du pouvoir : la couronne double, le sceptre heqa et la barbe postiche rituelle en or. Cette stratégie visuelle lui permit de gouverner l'Égypte pendant plus de vingt ans sans contestation majeure.
Vers 1470 av. J.-C., Hatchepsout envoya une expédition maritime spectaculaire vers le mystérieux pays de Pount, probablement situé sur les côtes de l'actuelle Érythrée ou Somalie. Les bateaux revinrent chargés de myrrhe, d'ébène, d'ivoire et de peaux de panthère. Cette expédition fut immortalisée dans les bas-reliefs de son temple funéraire de Deir el-Bahari, constituant l'un des récits de voyage les plus anciens de l'humanité.
Hatchepsout fit ériger à Karnak deux immenses obélisques en granit rose d'Assouan, les plus hauts jamais dressés à l'époque. Chacun mesurait environ 29 mètres de hauteur et était recouvert d'électrum, un alliage naturel d'or et d'argent, pour refléter les rayons du soleil. Elle fit inscrire sur la base : 'Que celui qui les verra dans des millions d'années dise : cela fut fait pour elle par amour de lui.'
Après sa mort, son successeur Thoutmosis III fit effacer son nom et son image de la plupart des monuments, tentant d'éliminer son souvenir de l'histoire officielle. Pendant des siècles, les égyptologues ignorèrent même son existence. Ce n'est qu'au XIXe siècle que l'archéologue américain Herbert Winlock identifia formellement Hatchepsout et reconstitua son règne exceptionnel grâce à l'étude patiente des cartouches mutilés.
L'architecte en chef d'Hatchepsout, Sénènmout, fut l'un des personnages les plus influents de son règne. Il supervisa la construction de son temple funéraire et fut le précepteur de la fille royale Néférourê. Certains historiens ont émis l'hypothèse d'une relation intime entre les deux, s'appuyant sur des graffitis obscènes retrouvés dans des tombes d'ouvriers, mais cela reste une question débattue parmi les spécialistes.
Sources primaires
Je suis sa fille, selon sa propre proclamation, celle qui porte le diadème blanc... Il m'a choisie comme roi des Deux Terres, comme chef de tous les vivants.
Chargement des bateaux en grande abondance avec les merveilles du pays de Pount : toutes les belles plantes aromatiques de la Terre divine, des tas de résine de myrrhe, des arbres à myrrhe frais, avec de l'ébène et de l'ivoire pur.
Le dieu vivant, Maât-Ka-Rê, aimée d'Amon, a envoyé une expédition aux mines de turquoise afin d'apporter à son père Amon les pierres précieuses de la Terre divine.
Je lui ai donné deux grandes obélisques recouvertes d'électrum afin que ma mémoire soit éternelle dans sa maison... Je n'ai pas dormi à cause de cela.
Lieux clés
Temple funéraire d'Hatchepsout, chef-d'œuvre architectural aux terrasses à portiques superposées construit à flanc de falaise ; ses bas-reliefs racontent l'expédition à Pount et la naissance divine de la reine.
Grand complexe religieux dédié à Amon où Hatchepsout fit ériger ses deux célèbres obélisques géants et construire la Chapelle Rouge ; c'était le centre spirituel et politique de son règne.
Nécropole royale où fut creusée la tombe d'Hatchepsout (KV20), la plus ancienne des tombes royales de la Vallée des Rois, partagée avec son père Thoutmosis Ier.
Capitale religieuse et politique de l'Égypte sous la XVIIIe dynastie, centre du culte d'Amon et résidence principale d'Hatchepsout pendant son règne.
Site minier et temple dédiés à la déesse Hathor où furent retrouvées des inscriptions attestant des expéditions organisées sous le règne d'Hatchepsout pour extraire turquoise et cuivre.
Territoire commercial mythique, probablement l'actuelle région érythréo-somalienne, destination de la célèbre expédition maritime commandée par Hatchepsout vers 1470 av. J.-C. pour rapporter encens, ébène et animaux exotiques.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Temple funéraire de Deir el-Bahari (Djeser-Djésérou)
vers 1470-1458 av. J.-C.
Les deux obélisques de Karnak
vers 1457 av. J.-C.
Expédition commerciale au pays de Pount
vers 1470 av. J.-C.
Chapelle Rouge de Karnak
vers 1473 av. J.-C.
Spéos Artémidos (grotte d'Artémis), Beni Hassan
vers 1460 av. J.-C.






