Heinrich Böll(1917 — 1985)
Heinrich Böll
Allemagne
6 min de lecture
Écrivain allemand, figure majeure de la littérature d'après-guerre. Son œuvre, marquée par une critique morale de la société ouest-allemande et le souvenir du nazisme, lui vaut le prix Nobel de littérature en 1972.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1917 à Cologne dans une famille catholique d'artisans
- Enrôlé dans la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), expérience centrale de son œuvre
- Membre du Groupe 47, cercle littéraire de la jeune littérature allemande d'après-guerre
- Publie « L'Honneur perdu de Katharina Blum » en 1974, critique de la presse à scandale
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1972 ; meurt en 1985
Œuvres & réalisations
Premier récit publié : un jeune soldat pressent sa mort en partant vers le front de l'Est. Œuvre fondatrice de la littérature de l'après-guerre.
Roman composé d'épisodes sur l'absurdité et l'horreur de la guerre vue par des hommes ordinaires.
Récit de l'Allemagne d'après-guerre à travers le regard de deux enfants de pères morts au combat.
Saga d'une famille de Cologne sur un demi-siècle, confrontée au nazisme et à ses séquelles.
Monologue amer d'un artiste déclassé, critique de l'hypocrisie sociale et catholique de la RFA.
Vaste fresque romanesque cité par l'Académie Nobel ; portrait d'une femme libre traversant l'histoire allemande.
Roman dénonçant la presse à sensation qui détruit la réputation d'une femme innocente. Énorme succès, adapté au cinéma.
Couronne l'ensemble de son œuvre, saluée pour son renouvellement de la littérature allemande et sa portée morale.
Anecdotes
Enrôlé dans la Wehrmacht dès 1939, Heinrich Böll combattit sur plusieurs fronts, fut blessé à quatre reprises et finit prisonnier des Américains en 1945. Toute son œuvre porte la trace de cette guerre qu'il détestait, au point qu'il a souvent dit écrire « contre » elle.
Après 1945, Böll fouillait les ruines de Cologne, sa ville natale dévastée par les bombardements. De cette expérience naît ce qu'on a appelé la « littérature des décombres » (Trümmerliteratur) : au lieu d'en avoir honte, il revendiqua fièrement ce nom dans un essai de 1952.
En 1972, Böll reçoit le prix Nobel de littérature, devenant le premier Allemand de l'Ouest récompensé depuis la guerre. Beaucoup y virent un signe de réconciliation : la voix d'une Allemagne qui osait regarder son passé nazi en face.
En 1974, quand l'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne est expulsé d'Union soviétique, c'est chez Böll, dans sa maison de campagne, qu'il trouve refuge pour ses premiers jours en Occident. Böll défendait les persécutés des deux côtés du rideau de fer.
Attaqué violemment par le grand journal populaire Bild pour avoir réclamé un procès équitable envers des terroristes présumés, Böll transforma cette expérience en roman : « L'Honneur perdu de Katharina Blum » (1974), critique cinglante de la presse à sensation.
Sources primaires
Il faisait déjà nuit quand j'arrivai à Bonn.
Comment naît la violence et où elle peut conduire.
Passant, va dire à Sparte… — vers gravé sur un tableau noir d'école par un jeune soldat mourant, écho à l'épitaphe des Thermopyles.
Böll y revendique le terme méprisant de « littérature des décombres » comme un titre d'honneur : l'écrivain doit montrer le monde tel qu'il est, ruines comprises.
Lieux clés
Ville natale de Böll, sur le Rhin. Détruite par les bombardements, elle est le décor de nombreux romans et la source de sa « littérature des décombres ».
Capitale de la RFA, où Böll fit son apprentissage de libraire et étudia. Cadre des « Opinions d'un clown » et de la vie politique qu'il observait avec sévérité.
Île de l'ouest irlandais où Böll possédait un cottage. Refuge d'écriture loin de l'Allemagne, il y rédigea son « Journal irlandais ».
Ville où Böll reçut le prix Nobel de littérature en 1972 et prononça son discours de réception.
Village de l'Eifel où Böll avait sa maison de campagne et où il mourut en 1985. Il y accueillit notamment Soljenitsyne en 1974.
