Chimiste britannique née en 1963, Helen Sharman devient en 1991 la première Britannique et la première femme occidentale à voyager dans l'espace, à bord de la station soviétique Mir dans le cadre du projet Juno.
Helen Sharman(1963 — ?)
Helen Sharman
Royaume-Uni
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1963 : naissance à Sheffield, Angleterre
- 1989 : sélectionnée parmi 13 000 candidats pour le projet Juno après une annonce radio
- 18 mai 1991 : décollage à bord de Soyouz TM-12 vers la station Mir
- 1991 : première Britannique et première femme d'Europe occidentale dans l'espace
- Séjour de 8 jours à bord de la station spatiale Mir
Œuvres & réalisations
Premier vol spatial d'une Britannique : huit jours à bord de la station soviétique Mir avec des expériences sur la croissance des plantes et la physiologie humaine en apesanteur. Helen Sharman devint la première femme occidentale à séjourner dans l'espace.
Récit autobiographique dans lequel Helen Sharman raconte son parcours de chimiste ordinaire à cosmonaute, de l'annonce radio à l'expérience de l'apesanteur. Largement utilisé dans les écoles britanniques pour promouvoir les vocations scientifiques.
Distinction honorifique décernée par la Couronne britannique pour récompenser son rôle de pionnière spatiale et ses actions en faveur de la promotion de la science auprès de la jeunesse.
Helen Sharman effectua des centaines de visites dans des écoles et universités britanniques pour encourager les jeunes, et notamment les filles, à s'orienter vers les sciences et les carrières techniques.
Après sa carrière spatiale, Helen Sharman mena des recherches scientifiques et des actions de médiation dans deux des plus importantes institutions de recherche du Royaume-Uni.
Anecdotes
En 1989, Helen Sharman conduit sa voiture quand elle entend à la radio une annonce stupéfiante : « Astronaute recherché(e), aucune expérience nécessaire ». Chimiste chez Mars (le fabricant de chocolat), elle décide de postuler presque par curiosité. Parmi les quelque 13 000 candidats britanniques, elle est finalement sélectionnée.
Pour préparer son voyage, Helen Sharman s'installe pendant dix-huit mois à la Cité des étoiles (Zvyozdny Gorodok), le centre d'entraînement des cosmonautes soviétiques près de Moscou. Elle apprend le russe de zéro, maîtrise les systèmes de la station Mir et s'entraîne à l'impesanteur dans des avions en chute libre, devenant la seule Britannique au sein d'une équipe entièrement soviétique.
Le 18 mai 1991, la fusée Soyouz TM-12 décolle de Baïkonour avec Helen Sharman à son bord, aux côtés des cosmonautes Anatoli Artsebarsky et Sergueï Krikalev. Pendant huit jours, elle conduit des expériences sur la croissance des plantes et la physiologie humaine en apesanteur, devenant ainsi la première Britannique et la première femme occidentale dans l'espace.
Le financement du projet Juno reposait sur des partenariats commerciaux privés, une nouveauté pour les vols spatiaux de l'époque. Lorsque les entreprises sponsor se désistèrent, c'est le gouvernement soviétique qui assura la mission à titre gracieux pour ne pas briser l'accord diplomatique avec le Royaume-Uni, à quelques mois à peine de la dissolution de l'URSS.
De retour sur Terre, Helen Sharman devint une ambassadrice de la science pour toute une génération de jeunes Britanniques. Elle fit des centaines de conférences dans les écoles, insistant sur le fait qu'elle n'était pas une héroïne extraordinaire mais une scientifique ordinaire qui avait su saisir une opportunité, son message étant : « La curiosité et la persévérance sont accessibles à tous ».
Sources primaires
I heard the advertisement on the radio: 'Astronaut wanted. No experience necessary.' I thought, why not apply? I was a chemist, I was fit, I was curious about the world.
Helen Sharman a déclaré que les expériences menées à bord de la station Mir sur la croissance des plantes en apesanteur avaient fourni des données scientifiques précieuses, et que la coopération avec les cosmonautes soviétiques avait été exemplaire.
Helen Sharman explained that her daily routine aboard Mir included scientific experiments, maintenance checks and communications with Mission Control in Moscow, all conducted in Russian, a language she had not known two years before.
Space travel is not about heroism. It is about science, teamwork and preparation. I trained as hard as any Soviet cosmonaut and I was treated as an equal member of the crew.
Lieux clés
Ville natale d'Helen Sharman, née le 30 mai 1963. Cette cité industrielle du Yorkshire du Sud symbolise son parcours de scientifique ordinaire devenue pionnière de l'espace.
Centre d'entraînement des cosmonautes soviétiques situé près de Moscou, où Helen Sharman passa dix-huit mois à se préparer : apprentissage du russe, simulations en apesanteur et entraînements de survie.
Site de lancement depuis lequel la fusée Soyouz TM-12 décolla le 18 mai 1991 avec Helen Sharman à son bord. Baïkonour est le plus ancien cosmodrome du monde, encore actif aujourd'hui.
Station où Helen Sharman séjourna du 18 au 26 mai 1991. Elle y mena ses expériences scientifiques et devint la première Britannique à vivre et travailler en apesanteur.
Grande université scientifique londonienne où Helen Sharman travailla après sa carrière spatiale, menant des recherches et des actions de médiation scientifique.
Objets typiques

Combinaison pressurisée portée par les cosmonautes lors des phases de décollage et d'atterrissage à bord du Soyouz. Helen Sharman la revêtit lors du lancement depuis Baïkonour et lors du retour sur Terre.

Capsule spatiale soviétique à bord de laquelle Helen Sharman rejoignit la station Mir en mai 1991. Le Soyouz est resté pendant des décennies le seul moyen de transport humain vers les stations orbitales.

Station orbitale soviétique en service de 1986 à 2001, où Helen Sharman séjourna huit jours à environ 400 km d'altitude. Elle y conduisit ses expériences scientifiques en apesanteur.

Dispositifs scientifiques embarqués par Helen Sharman pour étudier la croissance de plantes et la physiologie humaine en apesanteur. Ces expériences constituaient le cœur scientifique de sa mission.

Les cosmonautes communiquaient avec le centre de contrôle à Moscou par radio chiffrée. Helen Sharman menait ces échanges entièrement en russe, langue qu'elle avait apprise en moins de deux ans.

Aliments lyophilisés ou en tubes, réhydratés avant consommation et consommés avec précaution pour éviter que des miettes ne flottent dans les instruments. L'alimentation à bord de Mir était entièrement de conception soviétique.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
À bord de Mir, Helen Sharman se réveillait dans un sac de couchage fixé à la paroi pour ne pas dériver pendant le sommeil. La journée commençait par des contrôles médicaux, une hygiène adaptée (pas de douche possible), et un petit-déjeuner de rations réhydratées mangées avec des couverts magnétiques pour éviter que les aliments ne flottent.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux expériences scientifiques : observation de la croissance de graines en apesanteur, mesures physiologiques sur elle-même et ses coéquipiers, entretien des équipements. Elle communiquait régulièrement avec le centre de contrôle de Moscou entièrement en russe pour rapporter ses données.
Soir
En soirée, l'équipage se réunissait pour le repas principal et observait parfois la Terre défiler par les hublots — seize levers de soleil se succèdent chaque jour en orbite. Helen Sharman notait ses observations dans son journal de bord avant de rejoindre son compartiment de sommeil individuel.
Alimentation
L'alimentation à bord de Mir se composait de rations soviétiques standard : aliments lyophilisés, purées en tubes, compotes de fruits et conserves réhydratées avec de l'eau recyclée par condensation. Les cosmonautes disposaient d'un choix limité de plats, mais rien de comparable à une cuisine ordinaire.
Vêtements
À bord, Helen Sharman portait une combinaison de vol légère (sous-vêtement technique) pour le travail quotidien, et la lourde combinaison pressurisée Sokol uniquement lors des phases de lancement et d'atterrissage. Les vêtements étaient légers, fonctionnels et pourvus de poches velcro pour fixer les objets en apesanteur.
Habitat
La station Mir était composée de modules cylindriques d'environ 4 mètres de diamètre, encombrés d'équipements scientifiques, de câbles et de rangements. Helen Sharman disposait d'un espace de sommeil individuel minuscule. Sur Terre pendant sa formation, elle vivait dans les baraquements de la Cité des étoiles, partageant la vie collective des cosmonautes soviétiques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mission Project Juno à bord de la station Mir
18-26 mai 1991
Seize the Moment (autobiographie, coécrite avec Christopher Priest)
1993
Nomination OBE (Order of the British Empire)
1993
Ambassadrice de la science — conférences nationales
1991-2000s
Travaux au National Physical Laboratory et à l'Imperial College London
2000s-2010s






