Photographe français, considéré comme l'un des pères du photojournalisme et de la photographie de rue. Cofondateur en 1947 de l'agence Magnum Photos, il a théorisé la notion d'« instant décisif ».
Henri Cartier-Bresson(1908 — 2004)
Henri Cartier-Bresson
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Photographier, c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur.»
Faits marquants
- Né en 1908 à Chanteloup-en-Brie et mort en 2004 à Montjustin
- Cofonde l'agence coopérative Magnum Photos en 1947 avec Robert Capa, David Seymour et George Rodger
- Publie en 1952 « Images à la sauvette », dont la préface popularise la notion d'« instant décisif »
- Réalise de grands reportages (Inde lors de la mort de Gandhi en 1948, Chine de la révolution de 1949)
- Privilégie le Leica 35 mm et le noir et blanc, refusant le recadrage
Œuvres & réalisations
Photographie iconique d'un homme sautant au-dessus d'une flaque, devenue l'emblème même de l'« instant décisif ».
Livre majeur, à la fois recueil de photographies et manifeste théorique où il définit l'« instant décisif ».
Couverture exceptionnelle de la mort de Gandhi, l'un des plus importants reportages photographiques du XXe siècle.
Livre documentant la Chine au moment de la victoire communiste, témoignage historique de premier plan.
Grand album photographique offrant un portrait des peuples et des paysages de l'Europe d'après-guerre.
Création d'une coopérative de photographes qui garantit aux auteurs le contrôle de leurs images, modèle du photojournalisme indépendant.
Anecdotes
Adolescent, Henri Cartier-Bresson rêvait d'être peintre et étudia auprès d'André Lhote. C'est seulement vers 1932, après avoir découvert le petit appareil Leica, qu'il bascule définitivement vers la photographie, gardant toute sa vie l'œil d'un dessinateur.
En 1947, on le croyait mort ! Le Museum of Modern Art de New York préparait une exposition « posthume » de ses photos, le pensant disparu pendant la guerre. Bien vivant, Cartier-Bresson rentra des États-Unis pour participer lui-même à l'accrochage.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut fait prisonnier par les Allemands en 1940 et passa près de trois ans dans des camps de travail. Il s'évada à sa troisième tentative en 1943 et rejoignit la Résistance, où il photographia notamment la libération de Paris.
Cartier-Bresson était si soucieux de discrétion qu'il recouvrait les parties brillantes de son Leica de ruban noir pour ne pas être repéré. Il refusait aussi le flash, qu'il jugeait grossier, « comme un coup de revolver » au milieu d'un concert.
Il détestait être photographié et cachait souvent son visage. Devenu mondialement célèbre, il pouvait ainsi continuer à travailler dans la rue sans être reconnu, fidèle à son idée que le photographe doit se faire oublier.
Sources primaires
Il n'y a rien dans ce monde qui n'ait un moment décisif. Photographier, c'est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait.
L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité.
Photographier c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur.
Lieux clés
Village de Seine-et-Marne où Henri Cartier-Bresson naît en 1908 dans une famille aisée d'industriels du textile.
Ville où il étudie la peinture, développe la photographie de rue et où sera créée la Fondation Henri Cartier-Bresson. Centre de sa vie artistique et de l'agence Magnum.
Ville où Magnum Photos a l'un de ses deux sièges fondateurs et où le MoMA lui consacre des expositions majeures.
Il y photographie les derniers instants de Gandhi et ses funérailles en 1948, l'un de ses grands reportages.
Village des Alpes-de-Haute-Provence où il se retire pour dessiner et où il meurt en 2004.
Objets typiques

Petit appareil photo à pellicule argentique, léger et silencieux, qui permettait de photographier discrètement dans la rue. C'est l'outil emblématique de Cartier-Bresson, qu'il qualifiait de « prolongement de son œil ».

Objectif normal qu'il privilégiait car sa vision se rapproche de celle de l'œil humain. Il l'a utilisé presque exclusivement toute sa carrière, refusant les téléobjectifs.

Film 35 mm sur lequel s'inscrivait l'image avant l'ère numérique. Cartier-Bresson travaillait presque toujours en noir et blanc et confiait ses tirages à des laboratoires experts.

Formé à la peinture, il dessinait constamment et revint au dessin à la fin de sa vie. Il comparait son appareil photo à un « carnet de croquis » de l'instant.

Il masquait les parties chromées brillantes de son Leica avec du ruban noir pour rester invisible. Cette discrétion était essentielle à sa pratique de la photographie de rue.

Épreuve sur papier baryté obtenue en chambre noire à partir du négatif. C'est la forme finale exposée en galerie et publiée dans les livres et la presse.
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Vie quotidienne
Matin
Lève-tôt, Cartier-Bresson aimait arpenter les rues dès les premières lueurs, quand la lumière est douce et la ville encore calme. Son Leica autour du cou, il marchait longtemps en observant les passants, prêt à saisir l'instant.
Après-midi
L'après-midi se passait souvent à marcher encore, à l'affût des scènes de rue, des géométries et des regards. Lors de ses reportages à l'étranger, il pouvait passer des journées entières à attendre patiemment le bon moment.
Soir
Le soir, il retrouvait amis artistes, écrivains et photographes pour discuter d'art et de politique. Il consacrait aussi du temps à trier ses négatifs et à préparer ses reportages, mais laissait le tirage à des laborantins de confiance.
Alimentation
Issu d'une famille bourgeoise, il appréciait la cuisine française mais menait une vie sobre, tout entière tournée vers le travail. En reportage, il partageait volontiers les repas simples des gens qu'il photographiait, du Mexique à l'Inde.
Vêtements
Il s'habillait sobrement, en vêtements discrets et neutres qui l'aidaient à se fondre dans la foule. Cette discrétion vestimentaire faisait partie de sa méthode : ne jamais attirer l'attention pour mieux photographier la vie spontanée.
Habitat
Il vécut surtout à Paris, où il avait son atelier, et se retira dans une maison provençale à Montjustin à la fin de sa vie. Voyageur infatigable, il passa aussi de longues périodes à l'étranger, en Inde, en Chine ou aux États-Unis.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Derrière la gare Saint-Lazare
1932
Images à la sauvette
1952
Reportage sur les funérailles de Gandhi
1948
D'une Chine à l'autre
1954
Les Européens
1955






