Henrik Ibsen(1828 — 1906)
Henrik Ibsen
Norvège
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Henrik Ibsen (1828-1906) est un dramaturge et poète norvégien, considéré comme le père du théâtre moderne. Ses pièces réalistes explorent les hypocrisies sociales et la condition féminine, notamment dans Maison de poupée.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance en 1828 à Skien, en Norvège
- Création de Peer Gynt en 1867, drame poétique mis plus tard en musique par Grieg
- Publication de Maison de poupée (Et dukkehjem) en 1879, pièce emblématique sur l'émancipation féminine
- Écriture d'Un ennemi du peuple (1882) et de Hedda Gabler (1890)
- Mort en 1906 à Christiania (Oslo)
Œuvres & réalisations
Vaste drame en vers sur l'intransigeance d'un pasteur ; premier grand succès qui assied la réputation d'Ibsen.
Poème dramatique foisonnant et fantastique, popularisé par la musique de scène d'Edvard Grieg.
Première pièce du cycle réaliste, qui dénonce les mensonges sur lesquels repose la respectabilité bourgeoise.
Œuvre-phare : Nora quitte son foyer, posant la question de la liberté et de la dignité des femmes.
Drame sur la maladie héréditaire et l'hypocrisie morale, longtemps interdit pour son audace.
Un médecin défie sa ville pour révéler une vérité dérangeante ; réflexion sur l'individu face à la majorité.
Pièce où Ibsen interroge à son tour la vérité, montrant que les illusions sont parfois nécessaires pour vivre.
Portrait d'une héroïne complexe étouffée par sa condition, l'un des plus grands rôles féminins du théâtre.
Anecdotes
Quand Henrik a sept ou huit ans, l'entreprise de son père commerçant fait faillite : la famille, jadis aisée, doit quitter sa belle maison de Skien et connaît la gêne. Cette chute sociale marquera profondément Ibsen, qui peindra toute sa vie l'hypocrisie et les apparences de la bourgeoisie.
Adolescent, Ibsen est placé comme apprenti chez un apothicaire de la petite ville de Grimstad. À seize ans il broie les poudres et prépare les remèdes, mais il préfère écrire des vers en cachette et passer ses examens en autodidacte pour entrer à l'université.
Sur son bureau, lors de son long séjour en Italie, Ibsen gardait un scorpion vivant dans un verre à bière retourné. Il racontait que, lorsque l'animal semblait malade, il lui glissait un morceau de fruit mou dans lequel le scorpion déchargeait son venin — et se portait mieux. Pour lui, c'était une image de l'écrivain qui se libère de son poison intérieur en écrivant.
La fin de Maison de poupée, où Nora claque la porte et abandonne mari et enfants, scandalisa tellement l'Europe que des théâtres allemands refusèrent de la jouer. Pour éviter qu'on dénature sa pièce, Ibsen rédigea lui-même, à contrecœur, une fin « alternative » où Nora reste — qu'il qualifia plus tard de « barbarie ».
Dans ses dernières années à Christiania (Oslo), Ibsen était d'une ponctualité si rigoureuse en se rendant chaque jour au Grand Café que les habitants disaient pouvoir régler leur montre sur son passage. Vêtu d'une redingote impeccable et arborant ses décorations, le grand homme à favoris blancs faisait figure de monument vivant.
Sources primaires
Je crois qu'avant tout je suis un être humain, au même titre que toi — ou du moins que je dois tâcher d'en devenir un.
Le fait est, voyez-vous, que l'homme le plus fort du monde, c'est celui qui est le plus seul.
Je suis presque tentée de croire que nous sommes tous des revenants. Ce ne sont pas seulement les choses héritées de nos parents qui revivent en nous, mais aussi de vieilles idées mortes, de vieilles croyances éteintes.
Je vous remercie, mais je dois décliner l'honneur d'avoir consciemment œuvré pour la cause des femmes. Je ne suis même pas très au clair sur ce qu'est ce mouvement. Pour moi, il s'est agi d'une cause humaine.
Lieux clés
Ville natale d'Ibsen, où la faillite paternelle marqua son enfance et nourrit son regard critique sur la bourgeoisie.
Petite ville côtière où l'adolescent fut apprenti apothicaire et commença à écrire en secret.
Ibsen y apprit le métier de la scène au Det norske Theater à partir de 1851, comme auteur et metteur en scène.
Lieu phare de son long exil volontaire, où il écrivit notamment Brand et Peer Gynt loin de la Norvège.
Autre grande étape de son exil, où il composa plusieurs de ses drames réalistes majeurs.
Capitale norvégienne où Ibsen revint en gloire en 1891 et où il mourut en 1906 ; il y avait ses habitudes au Grand Café.
