Henry Morgan(1631 — 1688)
Henry Morgan
royaume d'Angleterre
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Corsaire gallois au service de l'Angleterre, Henry Morgan terrorisa les possessions espagnoles des Caraïbes dans les années 1660-1670. Anobli par Charles II, il termina sa vie comme lieutenant-gouverneur de la Jamaïque.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1635 au pays de Galles, il rejoint les Caraïbes au sein de l'expansion coloniale anglaise
- En 1668, il pille Portobelo (Panama), place forte espagnole richement défendue
- En 1669, il mène un raid dévastateur contre Maracaibo (actuel Venezuela)
- En 1671, il prend et incendie la ville de Panama, exploit le plus retentissant de sa carrière
- Anobli par Charles II, il est nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque et meurt à Port Royal en 1688
Œuvres & réalisations
Première grande opération de Morgan comme chef de flotte, montrant sa capacité à coordonner plusieurs équipages de flibustiers.
Coup d'éclat contre l'un des ports espagnols les mieux défendus des Caraïbes, qui assit sa réputation de meneur audacieux.
Expédition dans le lac de Maracaibo couronnée par une évasion célèbre du blocus espagnol grâce à un brûlot.
Opération la plus ambitieuse : traversée de l'isthme et destruction d'une des plus grandes villes espagnoles d'Amérique.
Reconnaissance officielle par Charles II, qui transforme le flibustier en haut responsable colonial.
Devenu autorité, Morgan dut traquer ses anciens compagnons de course pour appliquer la paix avec l'Espagne.
Affaire pionnière du droit de la presse : Morgan obtint réparation pour les passages jugés mensongers sur ses origines.
Anecdotes
En 1671, Morgan traversa l'isthme de Panama à la tête d'environ 1 400 hommes pour s'emparer de Panama, l'une des villes les plus riches de l'empire espagnol. La cité fut incendiée et pillée, mais les habitants avaient eu le temps d'évacuer une grande partie de l'or par bateau : Morgan trouva un butin bien plus maigre qu'espéré.
Bloqué en 1669 dans la lagune de Maracaibo par trois navires de guerre espagnols, Morgan se tira du piège par la ruse : il lança contre eux un brûlot déguisé en vaisseau de combat, avec des billots de bois habillés en faux marins sur le pont. Le navire amiral espagnol prit feu et la flotte de Morgan s'échappa.
Selon le récit du chirurgien Alexandre Exquemelin, lors d'un banquet à bord de son vaisseau l'Oxford en 1669, la sainte-barbe (réserve de poudre) explosa et tua une bonne partie de l'équipage. Morgan, assis du côté de la table épargné par le souffle, survécut presque indemne.
Après le sac de Panama, Morgan fut arrêté et conduit à Londres : son raid avait eu lieu après la signature du traité de paix de Madrid entre l'Angleterre et l'Espagne. Mais au lieu d'être puni, il fut anobli par Charles II en 1674 et nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque — le pirate devenait l'autorité chargée de réprimer la piraterie.
Quand le livre d'Exquemelin parut en anglais, Morgan, devenu un notable, attaqua ses éditeurs en justice : il leur reprochait d'avoir écrit qu'il avait été vendu comme serviteur sous contrat. Il gagna son procès en 1685 et obtint des dommages — l'une des premières affaires de diffamation de l'histoire de l'édition anglaise.
Sources primaires
Récit, par un témoin ayant servi parmi les flibustiers, des expéditions menées contre les villes et possessions espagnoles des Indes occidentales, et notamment des prises de Portobelo, Maracaibo et Panama conduites par Henry Morgan.
Les deux couronnes conviennent de cesser les hostilités dans les Indes occidentales et de reconnaître mutuellement leurs possessions ; chaque souverain s'engage à ne plus délivrer de commissions de course contre l'autre.
Lettres et dépêches échangées entre les gouverneurs de la Jamaïque et Londres évoquant les expéditions de Morgan, son rappel devant le Conseil, puis sa nomination comme lieutenant-gouverneur et ses efforts pour contenir les flibustiers de Port Royal.
Lieux clés
Région d'origine de Morgan, issu d'une famille de petite gentry galloise. Il quitta le pays jeune pour gagner les Caraïbes.
Grand port franc et repaire des flibustiers, base de Morgan puis siège de son autorité de lieutenant-gouverneur. Il y mourut et y fut enterré.
Port espagnol fortifié des Caraïbes, escale du commerce de l'argent du Pérou. Morgan s'en empara par surprise en 1668.
Ville du lac de Maracaibo pillée par Morgan en 1669 ; c'est à la sortie de la lagune qu'il déjoua le blocus espagnol grâce à un brûlot.
Riche cité espagnole du Pacifique, atteinte après la traversée de l'isthme et incendiée en 1671. Le raid le plus célèbre et le plus controversé de Morgan.
Morgan y fut ramené en 1672 pour répondre du sac de Panama, avant d'y être anobli puis renvoyé gouverner la Jamaïque.
