Héron d'Alexandrie(10 — 75)

Héron d'Alexandrie

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TechnologieSciencesIngénieur(e)Mathématicien(ne)Inventeur/triceAntiquitéAntiquité gréco-romaine, époque de l'apogée d'Alexandrie comme centre intellectuel et scientifique du monde méditerranéen

Ingénieur et mathématicien grec du Ier siècle apr. J.-C., Héron d'Alexandrie est l'auteur de nombreuses inventions mécaniques et d'ouvrages mathématiques fondamentaux. Il conçut l'éolipile, premier dispositif exploitant la force de la vapeur, ainsi que des automates et des machines de théâtre.

Questions fréquentes

Héron d'Alexandrie était un ingénieur et mathématicien grec du Ier siècle apr. J.-C., actif au Mouseion d'Alexandrie, le plus grand centre intellectuel de l'époque. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est à la fois le premier grand théoricien des machines et un inventeur prolifique : il a conçu l'éolipile, premier moteur à vapeur de l'histoire, et a formalisé des principes mécaniques qui ne seront redécouverts qu'à la Renaissance. Son traité Metrica contient la célèbre formule de Héron pour l'aire d'un triangle, encore enseignée aujourd'hui.

Faits marquants

  • Ier siècle apr. J.-C. : actif à Alexandrie sous l'Empire romain
  • Invente l'éolipile, sphère mise en rotation par la vapeur d'eau — première machine à vapeur connue
  • Conçoit des automates mus par des systèmes de poulies, cordes et eau pour les théâtres
  • Rédige la Metrica, traité de calcul d'aires et volumes toujours utilisé (formule de Héron)
  • Écrit les Pneumatiques et la Mécanique, encyclopédies des machines de son temps

Œuvres & réalisations

Pneumatica (vers 60 apr. J.-C.)

Traité en deux livres décrivant plus de cent dispositifs mécaniques exploitant la pression de l'air et de la vapeur, dont l'éolipile. C'est la source principale pour l'étude des machines d'Héron et un jalon fondateur de la mécanique des fluides.

Metrica (vers 60-70 apr. J.-C.)

Ouvrage mathématique en trois livres consacré au calcul des aires et des volumes, contenant la célèbre formule de Héron pour l'aire d'un triangle à partir de ses trois côtés. Redécouvert en 1896 à Constantinople, il est toujours enseigné dans les collèges.

Mechanica (vers 60 apr. J.-C.)

Traité d'ingénierie conservé dans sa version arabe, traitant des cinq machines simples (levier, roue, coin, vis, poulie) et de leurs combinaisons pour soulever des charges. Principal manuel d'ingénierie de l'Antiquité grecque.

Automata (vers 60-70 apr. J.-C.)

Manuel de construction d'automates théâtraux décrivant deux types de scènes mécaniques autonomes. Premier traité de robotique de l'histoire, d'une précision et d'une inventivité sans équivalent dans l'Antiquité.

Dioptra (vers 60-70 apr. J.-C.)

Traité de topographie décrivant la construction et l'usage de la dioptre pour mesurer angles, distances et altitudes. Contient un célèbre problème de percement de tunnel par les deux extrémités d'une montagne.

Catoptrica (vers 60-70 apr. J.-C.)

Traité d'optique géométrique étudiant les propriétés des miroirs plans, concaves et convexes. Héron y énonce le principe selon lequel la lumière suit le chemin le plus court, anticipant de seize siècles le principe de Fermat.

Anecdotes

Héron d'Alexandrie inventa l'éolipile, une sphère métallique reliée à une chaudière par des tuyaux. Lorsque l'eau bouillait, la vapeur s'échappait par deux petits tubes coudés et faisait tourner la sphère sur elle-même. Ce jouet scientifique, que les Alexandrins admiraient sans en comprendre tout le potentiel, est considéré comme la première machine à vapeur de l'histoire, dix-huit siècles avant la révolution industrielle.

Pour impressionner les fidèles des temples, Héron conçut un mécanisme ingénieux : lorsqu'un prêtre allumait un feu sacré sur l'autel extérieur, la chaleur dilatait l'air dans un récipient scellé, actionnait des contrepoids cachés et faisait s'ouvrir lentement les lourdes portes du temple. Les visiteurs, ignorant le mécanisme, croyaient assister à un miracle divin.

La « fontaine de Héron » est un dispositif hydraulique qui semble contredire la gravité : l'eau monte toute seule en un jet grâce à un jeu de vases communicants et de différences de pression d'air. Cette invention démontre comment Héron transformait des phénomènes naturels en spectacles scientifiques, et la fontaine de Héron est encore reproduite dans les cours de physique du monde entier.

Dans son traité des Metrica, Héron démontra une formule permettant de calculer l'aire d'un triangle en ne connaissant que la longueur de ses trois côtés, sans mesurer sa hauteur. Cette formule, qui porte encore son nom, est enseignée dans les collèges du monde entier plus de deux mille ans après sa découverte.

Héron conçut des automates pour le théâtre d'Alexandrie : une petite scène mécanique jouant seule une pièce entière grâce à des systèmes de cordes, de contrepoids et de roues dentées. Les spectateurs voyaient des personnages se déplacer, des éclairs se produire et des navires naviguer sur une mer simulée, sans qu'aucun acteur humain ne soit présent.

Sources primaires

Pneumatica (vers 60-75 apr. J.-C.)
« Si un globe sphérique est suspendu de manière à pivoter sur lui-même, et que deux tubes recourbés en sens opposés y sont fixés dirigés vers les extrémités du diamètre horizontal, la vapeur introduite dans le globe s'échappera par ces tubes et fera tourner l'appareil. »
Metrica (vers 60-70 apr. J.-C.)
« Soit un triangle dont les côtés mesurent 7, 8 et 9. Additionne les trois côtés : tu obtiens 24. Prends la moitié : 12. Soustrais chaque côté à ce demi-périmètre et multiplie entre eux les restes ; la racine carrée du produit obtenu donne l'aire. »
Automata (vers 60-75 apr. J.-C.)
« Nous décrirons maintenant une scène de théâtre automatique : les personnages se meuvent d'eux-mêmes, effectuent leurs actions et la scène se referme lorsque la représentation est achevée, sans qu'aucune main humaine n'intervienne durant le spectacle. »
Mechanica (version arabe) (vers 60 apr. J.-C.)
« Les cinq puissances par lesquelles on déplace un poids avec une force moindre sont : le cabestan, le levier, le palan, le coin et la vis sans fin. Chacune peut être comprise à partir du cercle, car c'est dans la nature du cercle que réside le merveilleux. »
Dioptra (vers 60-70 apr. J.-C.)
« Pour mesurer la distance entre deux points inaccessibles, on dispose l'instrument de manière que la ligne de visée coupe les deux points ; en faisant pivoter le disque gradué, on lit les angles et l'on calcule la distance par la géométrie. »

Lieux clés

Alexandrie, Égypte

Ville fondée par Alexandre le Grand et capitale intellectuelle du monde hellénistique puis romain, où Héron vécut, enseigna et mena l'essentiel de ses recherches. Elle abritait le Mouseion et la Grande Bibliothèque, foyers uniques de la science antique.

Le Mouseion d'Alexandrie

Institution royale ptolémaïque financée par l'État, ancêtre de l'université, où des savants et ingénieurs de tout le monde méditerranéen étaient hébergés et pouvaient mener leurs recherches librement. C'est là qu'Héron rédigea ses traités et forma ses élèves.

La Grande Bibliothèque d'Alexandrie

Dépôt de plusieurs centaines de milliers de rouleaux de papyrus, abritant les textes d'Archimède, d'Euclide et de Ctésibios dont Héron s'inspira directement dans ses travaux de mécanique et de mathématiques.

Rome, Italie

Capitale de l'Empire romain au temps d'Héron, ville qui commandait d'immenses chantiers de construction nécessitant les engins de levage décrits dans les Mechanica, assurant ainsi une diffusion pratique des connaissances héronniennes.

Voir aussi