Hertha Sponer (1895-1968) est une physicienne et chimiste allemande, puis américaine, pionnière de l'application de la mécanique quantique à la physique atomique et moléculaire. Elle fut l'une des premières femmes à enseigner la physique à l'université en Allemagne avant d'émigrer aux États-Unis.
Hertha Sponer(1895 — 1968)
Hertha Sponer
Allemagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Obtient son doctorat de physique à Göttingen en 1920 sous la direction de Peter Debye
- Première femme habilitée (Privatdozentin) en physique à l'université de Göttingen en 1925
- Co-autrice avec James Franck de travaux sur les spectres moléculaires (principe de Franck-Condon)
- Émigre aux États-Unis et devient professeure de physique à l'université Duke en 1936
- Pionnière de la spectroscopie moléculaire appliquée à la mécanique quantique
Œuvres & réalisations
Technique graphique, conçue avec Raymond Birge, pour estimer l'énergie de dissociation d'une molécule à partir de son spectre de vibration. Toujours enseignée en chimie physique.
Traité en deux volumes sur les spectres moléculaires, devenu un ouvrage de référence pour les physiciens et chimistes de l'époque.
Thèse de spectroscopie qui lance sa carrière de recherche sur la lumière émise et absorbée par les molécules.
Travaux menés à Duke avec Teller et d'autres, appliquant la mécanique quantique pour comprendre la structure électronique d'une molécule clé de la chimie.
Pendant trente ans, elle bâtit un groupe de recherche en spectroscopie moléculaire et forme de nombreux étudiants et chercheurs.
Pionnière dans l'usage de la jeune mécanique quantique pour expliquer les spectres atomiques et moléculaires, faisant le pont entre physique et chimie.
Anecdotes
En 1925, Hertha Sponer traverse l'Atlantique grâce à une bourse Rockefeller pour rejoindre l'université de Berkeley, en Californie. Avec le physicien Raymond Birge, elle y met au point une astuce graphique pour « peser » la force qui retient les atomes d'une molécule : en additionnant les minuscules échelons d'énergie de ses vibrations, on devine l'énergie nécessaire pour la briser. Cette méthode de Birge-Sponer est encore enseignée aux étudiants en chimie aujourd'hui.
À une époque où les universités allemandes ouvraient à peine leurs portes aux femmes, Hertha Sponer obtient son habilitation à Göttingen au milieu des années 1920, c'est-à-dire le droit officiel d'enseigner à l'université. Elle fut ainsi l'une des toutes premières femmes autorisées à enseigner la physique dans une université allemande.
Quand Hitler arrive au pouvoir en 1933, le mentor de Sponer, le prix Nobel James Franck, démissionne de Göttingen pour protester contre le renvoi de ses collègues juifs. La position de Sponer devient elle aussi intenable : elle quitte l'Allemagne en 1934 pour l'université d'Oslo, en Norvège, avant de gagner les États-Unis.
En 1936, Hertha Sponer devient professeure de physique à l'université Duke, en Caroline du Nord. Seule femme du département, elle contribue à en faire un véritable centre de recherche en spectroscopie moléculaire et forme de nombreux étudiants pendant trente ans.
En 1946, Hertha Sponer épouse James Franck, l'homme qui l'avait accueillie comme assistante à Göttingen un quart de siècle plus tôt. Leur longue collaboration scientifique, née dans les laboratoires de l'Allemagne des années 1920, s'était transformée en compagnonnage de toute une vie.
Sources primaires
Les auteurs montrent que l'énergie de dissociation d'une molécule diatomique peut être estimée en additionnant les écarts successifs entre niveaux vibrationnels observés dans son spectre de bandes, puis en extrapolant jusqu'au point où ces écarts s'annulent.
Ouvrage de référence dans lequel Sponer rassemble et systématise les données de spectroscopie moléculaire, en expliquant comment l'analyse des spectres permet de résoudre des problèmes de chimie comme la structure et la stabilité des molécules.
Étude détaillée du spectre d'absorption ultraviolet du benzène, où les auteurs interprètent ses bandes à l'aide de la mécanique quantique pour comprendre la structure électronique de cette molécule.
Lieux clés
Ville de Silésie où Hertha Sponer naît en 1895, alors en territoire allemand.
Haut lieu de la physique quantique où Sponer fait son doctorat, devient l'assistante de James Franck puis enseigne.
Où elle travaille en 1925-1926 grâce à une bourse Rockefeller et élabore la méthode de Birge-Sponer.
Refuge de Sponer en 1934 comme professeure invitée après avoir quitté l'Allemagne nazie.
Où elle est professeure de physique de 1936 à 1966 et développe la recherche en spectroscopie moléculaire.
Lieu où Hertha Sponer s'éteint en 1968, de retour dans son pays natal.
Objets typiques

Appareil qui décompose la lumière émise ou absorbée par une substance en ses différentes couleurs, révélant un « spectre ». C'était l'outil central du travail de Sponer pour étudier les molécules.

Plaque de verre sensible à la lumière sur laquelle on enregistrait les spectres sous forme de fines raies sombres. Les chercheurs les mesuraient ensuite avec précision.

Tube de verre rempli de gaz que l'on excite par l'électricité pour le faire briller. La lumière produite contient le spectre caractéristique du gaz étudié.

Instrument de calcul coulissant utilisé avant l'invention de la calculatrice électronique. Sponer s'en servait pour les nombreux calculs liés aux niveaux d'énergie.

Cahier où le scientifique note ses mesures, ses observations et ses calculs au fil des expériences. C'est la mémoire écrite de la recherche.

Outil quotidien de l'enseignante et de la chercheuse pour exposer équations et schémas. Sponer y dessinait les diagrammes d'énergie devant ses étudiants.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Le matin, Hertha Sponer rejoint son laboratoire et prépare ses appareils : tubes à décharge, spectrographe et plaques photographiques. Elle aligne soigneusement les instruments pour enregistrer le spectre lumineux d'un gaz ou d'une molécule.
Après-midi
L'après-midi se partage entre l'enseignement et l'analyse. Devant le tableau noir, elle explique les niveaux d'énergie à ses étudiants, puis mesure raie par raie les spectres obtenus, règle à calcul en main.
Soir
Le soir, elle lit les revues scientifiques, échange des lettres avec des collègues comme James Franck, et participe parfois aux séminaires où les physiciens débattent des dernières idées de la mécanique quantique.
Alimentation
En Allemagne, son alimentation est celle d'une universitaire de l'époque : pain, pommes de terre, soupes, café. Après son émigration, elle s'adapte aux habitudes nord-américaines de la Caroline du Nord.
Vêtements
Au laboratoire, elle porte des vêtements sobres et pratiques, parfois une blouse pour manipuler le matériel. En cours, elle adopte la tenue professionnelle stricte attendue d'une professeure du début du XXe siècle.
Habitat
Elle vit dans des logements proches de l'université, modestes et fonctionnels, d'abord dans la ville universitaire de Göttingen, puis près du campus de Duke aux États-Unis.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Méthode (extrapolation) de Birge-Sponer
1926
Molekülspektren und ihre Anwendung auf chemische Probleme
1935-1936
Doctorat en physique (université de Göttingen)
1920
Analyse du spectre ultraviolet du benzène
1939
Développement du département de physique de Duke
1936-1966
Application de la mécanique quantique aux molécules
années 1920-1950






