Hina
Hina
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Hina est une déesse majeure du panthéon polynésien, vénérée dans de nombreuses cultures du Pacifique (Tahiti, Hawaii, Māori, Samoa). Figure lunaire par excellence, elle incarne la féminité, les cycles naturels et les arts du tapa. Sa tradition est exclusivement orale, transmise à travers mythes et chants sacrés depuis l'époque précoloniale.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Hina est attestée dans la quasi-totalité des traditions orales polynésiennes : tahitienne, hawaïenne, māorie, samoane et tongienne, témoignant d'un fonds mythologique pan-polynésien très ancien.
- Dans la tradition tahitienne (source orale), Hina réside dans la lune et est associée aux cycles mensuels et à la fertilité.
- Elle est considérée comme l'inventrice du tapa (étoffe végétale battue), activité artisanale féminine fondamentale dans les sociétés polynésiennes précoloniales.
- Dans la mythologie māorie (Nouvelle-Zélande), Hina (ou Hine-keha) est la déesse de la lune pleine, en opposition à Hine-nui-te-pō, déesse de la mort.
- Les récits autour de Hina, transmis exclusivement par tradition orale, ont été partiellement transcrits par des missionnaires et ethnologues européens à partir du XIXe siècle (notamment J.M. Orsmond pour Tahiti).
Œuvres & réalisations
Hina est créditée dans les mythes polynésiens comme l'inventrice du tapa, étoffe fabriquée en battant l'écorce du mûrier à papier. Cet art textile sacré fut la base de l'économie symbolique et rituelle de toute la Polynésie.
Selon les mythes samoans et tahitiens, c'est de la tête de l'anguille amoureuse de Hina que naquit le premier cocotier. Hina est ainsi à l'origine de l'arbre le plus vital de la civilisation polynésienne.
En s'installant dans la lune, Hina aurait établi les cycles lunaires qui rythment la vie polynésienne : pêche, agriculture, navigation et rites de passage sont organisés selon le calendrier lunaire qu'elle incarne.
Ce chant généalogique de 2 100 lignes, pilier de la tradition orale hawaiienne, mentionne Hina parmi les divinités primordiales. Il constitue l'une des œuvres littéraires orales les plus élaborées de Polynésie.
Cycle narratif majeur présent dans toute la Polynésie, dans lequel Hina (sœur ou épouse du demi-dieu Māui) joue un rôle de sagesse contrebalançant l'audace solaire de son frère. Ce mythe structure encore l'identité culturelle māori et polynésienne.
Anecdotes
Hina est souvent appelée 'Hina-i-ka-malama' à Hawaii, ce qui signifie 'Hina dans la lune'. Selon la tradition hawaiienne, elle s'enfuit dans la lune pour échapper aux tâches quotidiennes épuisantes, et les Polynésiens voient encore aujourd'hui son ombre dans les taches sombres de la lune.
Dans les mythes tahitiens, Hina est la première femme à avoir fabriqué le tapa, l'étoffe sacrée obtenue en battant l'écorce du mûrier à papier. Cet art textile fondamental était transmis de mère en fille et constituait le signe visible du lien entre les femmes et la déesse.
Chez les Māori de Nouvelle-Zélande, Hina (ou Hine-nui-te-pō) est la déesse de la mort et de la nuit. Le demi-dieu Māui tenta de traverser son corps endormi pour conquérir l'immortalité pour les humains, mais échoua — donnant ainsi la mort à tous les êtres vivants.
À Samoa, Hina est associée à l'anguille sacrée : selon le mythe, le dieu-anguille Te Tuna tomba amoureux d'elle et, à sa mort, sa tête fut enterrée et donna naissance au premier cocotier, expliquant pourquoi la noix de coco porte le 'visage' d'une anguille.
Dans de nombreuses traditions polynésiennes, Hina est la sœur ou l'épouse du demi-dieu Māui. Cette relation fraternelle symbolise l'équilibre entre la force solaire masculine et la sagesse lunaire féminine, deux forces complémentaires qui structurent le cosmos polynésien.
Sources primaires
Hina était fille de Taaroa et vivait dans la lune. Elle battait son tapa sur la roche sacrée, et le son de son battoir résonnait jusqu'aux îles voisines comme un appel aux femmes de travailler.
Hina-hanaia-i-ka-malama, la femme qui travaille dans la lune, est invoquée dans la cosmogonie hawaiienne comme puissance primordiale associée aux cycles de la vie.
Hine-nui-te-pō était grande et terrible ; ses yeux étaient de jade vert, ses cheveux semblables aux algues marines, et sa bouche pareille à celle du barracuda.
Hina prit l'écorce du aute, la trempa dans l'eau de la rivière sacrée, et la battit jusqu'à ce qu'elle devînt souple comme la peau. Ainsi naquit le premier tapa, offrande aux dieux.
Lieux clés
Demeure céleste de Hina dans presque toutes les traditions polynésiennes. La déesse s'y réfugia pour trouver la paix et y bat encore son tapa éternellement selon les croyances hawaiiennes et tahitiennes.
Site sacré de Tahiti où, selon la tradition orale, Hina aurait frappé son premier tapa sur les rochers de la rivière. Le bruit de l'eau rappelle le battement de son ike dans les récits des anciens.
Grand temple polynésien (marae) considéré comme le centre spirituel de la Polynésie, classé au patrimoine UNESCO. Lieu de rassemblement des prêtres et de récitation des mythes fondateurs incluant Hina.
Région volcanique d'Hawaii associée à Hina-i-ka-malama et aux traditions des tisseuses. Les cavernes de lave servaient de sanctuaires où les femmes invoquaient Hina lors de la fabrication du tapa.
Région centrale de l'île du Nord māori, territoire des récits de Hine-nui-te-pō. Les sources thermales bouillonnantes étaient associées au souffle de la déesse de la mort dans la cosmologie māori.






