Déesse maorie de la mort et gardienne du monde souterrain (Te Pō), selon les traditions orales polynésiennes. Fille de Tāne, elle règne sur le royaume des morts et accueille les âmes des défunts. Son mythe illustre le cycle vie-mort fondamental dans la cosmologie māorie.
Hine-nui-te-pō
Hine-nui-te-pō
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Selon la tradition orale māorie, Hine-nui-te-pō est née sous le nom de Hine-tītama, fille de Tāne et de Hine-ahuone (la première femme façonnée d'argile)
- Apprenant qu'elle avait épousé son propre père, Tāne, elle descendit dans le monde souterrain et devint la déesse de la mort
- Son mythe est central dans l'épisode de la mort du demi-dieu Māui, qui tenta de la traverser pour conquérir l'immortalité et fut tué en chemin
- Elle symbolise la transition entre la lumière (Te Ao) et les ténèbres (Te Pō) dans la cosmologie māorie
- Ses récits sont transmis exclusivement par tradition orale ; les premières transcriptions européennes datent du XIXe siècle
Œuvres & réalisations
Récit fondateur expliquant pourquoi les humains sont mortels. Māui tente de traverser le corps de la déesse endormie pour conquérir l'immortalité mais échoue, scellant le destin mortel de l'humanité.
Généalogie sacrée retraçant la transformation de Hine-tītama en déesse des morts. Transmise dans les whare wānanga comme clé de compréhension du cycle vie-mort dans la cosmologie māorie.
Formules rituelles récitées par les tohunga pour faciliter le passage de l'âme vers Hine-nui-te-pō. Ces karakia sont encore pratiquées lors des tangihanga (cérémonies funèbres māories) contemporaines.
Compositions poétiques et musicales chantées lors des veillées funèbres pour pleurer les défunts et les confier à la garde de Hine-nui-te-pō. Chaque iwi possède ses propres waiata transmis de génération en génération.
Figures féminines à la bouche grande ouverte, aux yeux de pounamu et aux gestes protecteurs, interprétées comme évocatrices de Hine-nui-te-pō dans les maisons de réunion (wharenui) māories.
Anecdotes
Hine-nui-te-pō n'a pas toujours été la déesse de la mort. Elle était d'abord Hine-tītama, une jeune femme radieuse née de l'union de Tāne, dieu des forêts. Lorsqu'elle découvrit que son père était aussi son époux, accablée de honte, elle fuit vers le monde souterrain Te Pō et se transforma en gardienne des morts, déclarant : « Laisse-moi aller préparer la demeure pour nos enfants. »
Le héros culturel Māui tenta un jour de vaincre la mort pour offrir l'immortalité aux humains. Il s'introduisit la nuit dans le corps endormi de Hine-nui-te-pō pour en ressortir par sa bouche, espérant inverser le cycle de vie. Mais un petit oiseau — le pīwakawaka, le fantail — éclata de rire, réveillant la déesse qui écrasa Māui entre ses cuisses aux dents d'obsidienne. Depuis, la mort demeure inévitable pour toute créature.
Hine-nui-te-pō possède des yeux de pounamu (jade vert), des dents de verre volcanique et des cheveux rouges comme la lumière du couchant. Cette apparence terrifiante n'est pas seulement un symbole de danger : pour les Māori, elle représente aussi la beauté sauvage et puissante de la nature, qui donne et reprend la vie selon ses propres lois.
Dans la cosmologie māorie, mourir n'est pas une punition mais un retour. Hine-nui-te-pō accueille chaque âme (wairua) avec soin dans Te Pō, le monde de la nuit et des ancêtres. Les funérailles traditionnelles māories (tangihanga) honorent ce voyage : les proches pleurent et chantent pour guider le défunt jusqu'à elle, via le cap de Te Reinga, où l'esprit plonge vers le monde souterrain.
Sources primaires
Ko Māui i haere ki a Hine-nui-te-pō... ka kite ia i a ia e moe ana, ā, ko ōna niho he tūāhu, ko ōna aro he māwhatu kōhatu.
Maui now transformed himself into the likeness of a serpent... he crept towards the goddess of death, Hine-nui-te-po, who lay sleeping; but the little fantail bird laughed, and the goddess awoke.
Hine-nui-te-po is the personified form of death... she rules over Te Reinga, the place whither the spirits of the dead descend, and she receives them into her keeping.
Nō Tāne ia, nō Tāne anō tōna tāne — i ohorere ia, ka rere ki Te Pō, ka huri ko Hine-nui-te-pō.
She descended to the tenth realm of the underworld, and there became the guardian of all who follow the path of night. Her domain is without end, as the night itself.
Lieux clés
Lieu sacré où, selon la tradition māorie, les âmes des défunts plongent dans la mer pour rejoindre Te Pō, le monde souterrain gouverné par Hine-nui-te-pō. Un ancien pōhutukawa (arbre) marque le point de départ vers l'au-delà.
Lieu d'origine mythologique des Polynésiens et des Māori, d'où viennent les ancêtres et vers lequel retournent les âmes après la mort. Hine-nui-te-pō y est liée comme gardienne du retour final.
Région géothermique d'Aotearoa, siège de nombreux iwi et lieu de transmission des traditions orales dans les whare wānanga. Les geysers et paysages volcaniques sont associés aux forces souterraines de Te Pō.
École ésotérique traditionnelle où les tohunga transmettaient oralement les whakapapa et les mythes cosmologiques, dont ceux de Hine-nui-te-pō. Ces lieux existaient dans chaque communauté māorie.
Objets typiques

Pierre sacrée de Nouvelle-Zélande, symbole de mana (pouvoir spirituel) et d'ancêtres. Les yeux de Hine-nui-te-pō sont décrits comme faits de pounamu, symbolisant le regard éternel de la mort sur les vivants.

Éclats de verre volcanique que la déesse porte comme dents, selon les récits traditionnels. Ce détail signifie à la fois la dureté inévitable de la mort et la nature volcanique de la terre māorie.

Contenant sacré utilisé dans les rituels māori pour transporter les ossements des défunts lors du hahunga (exhumation secondaire). Symbole du passage et de la protection des âmes vers Te Pō.

Peigne sculpté porté dans les cheveux lors des cérémonies. Dans le mythe, la chevelure rouge de Hine-nui-te-pō est associée aux teintes du crépuscule, moment de transition entre le monde des vivants et celui des morts.

Marqueur territorial en bois sculpté planté sur les tombes ou aux frontières des zones sacrées (tapu). Représente le lien entre le monde des vivants et le domaine de Hine-nui-te-pō.

Vêtement d'apparat traditionnel tissé de lin et orné de plumes. Les chefs et tohunga (prêtres) portaient de tels manteaux lors des rituels funéraires pour honorer le passage sous la garde de Hine.
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Vie quotidienne
Matin
Hine-nui-te-pō règne sur Te Pō, le monde de la nuit perpétuelle, sans distinction de jour ni de matin. À l'aube du monde des vivants, elle reçoit les âmes qui viennent d'achever leur voyage depuis Te Reinga. Elle les accueille avec une attention solennelle, les reconnaissant comme ses propres enfants revenus vers elle.
Après-midi
Au cœur de Te Pō, la déesse préside à l'ordre du monde souterrain, veillant sur les innombrables wairua (esprits) qui lui sont confiés. Elle maintient l'équilibre entre le monde des morts et celui des vivants, garantissant que le cycle cosmique ne soit jamais rompu. Aucune âme ne peut franchir ses frontières sans son consentement.
Soir
Au coucher du soleil — moment qu'elle incarne dans sa propre nature, car son nom évoque la grande nuit — Hine-nui-te-pō se manifeste dans les teintes rouges et noires du crépuscule. C'est l'heure où les frontières entre les mondes s'amincissent et où les tohunga récitent des karakia pour honorer son pouvoir.
Alimentation
En tant que divinité mythologique, Hine-nui-te-pō ne se nourrit pas comme un être humain. Elle se sustente de l'énergie vitale des âmes qui lui parviennent et du hau (force vitale) du monde. Dans les récits, les offrandes alimentaires — tubercules cuits, poissons séchés — lui étaient symboliquement présentées lors des rituels funèbres.
Vêtements
La déesse est décrite vêtue de fibres de lin (harakeke) tissées en kakahu sombre, ornée de plumes noires et de coquillages. Ses parures incluent des pendentifs de pounamu (jade) et des éclats d'obsidienne. Son tā moko (tatouage sacré) couvre son visage en spirales symbolisant l'éternité et le cycle de la vie.
Habitat
Hine-nui-te-pō réside dans Te Pō, le monde souterrain à dix niveaux de profondeur selon certaines traditions. Son domaine est décrit comme vaste, obscur et chaud, traversé de rivières et de forêts invisibles. Son entrée est gardée par des êtres mythiques, et elle y reçoit les âmes dans une wharenui (maison de réunion) de dimensions cosmiques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style inspiré de la sculpture whakairo māorie et d'une esthétique mythologique sombre : une déesse majestueuse et terrifiante, ornée de jade et d'obsidienne, baignée des lumières volcaniques de l'au-delà.
Ambiance sonore
Ambiance nocturne et ancestrale d'une forêt māorie, mêlant le silence profond de Te Pō au son de l'océan et aux appels rituels des tohunga guidant les âmes vers la déesse de la mort.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mythe de Māui et Hine-nui-te-pō — tradition orale māorie
transmis depuis le Xe siècle environ
Whakapapa de Hine-tītama / Hine-nui-te-pō
tradition orale, fixée par écrit vers 1849
Karakia (prières et incantations) pour les mourants
tradition continue depuis le peuplement d'Aotearoa
Waiata tangi (chants funèbres)
tradition orale vivante
Représentations sculptées dans la statuaire whakairo
à partir du XIVe siècle






