Hine-nui-te-pō

Hine-nui-te-pō

MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Temps mythiques précoloniaux — tradition orale māorie transmise depuis l'époque de peuplement de la Polynésie orientale (environ Xe-XIIIe siècle apr. J.-C.) et de la Nouvelle-Zélande

Déesse maorie de la mort et gardienne du monde souterrain (Te Pō), selon les traditions orales polynésiennes. Fille de Tāne, elle règne sur le royaume des morts et accueille les âmes des défunts. Son mythe illustre le cycle vie-mort fondamental dans la cosmologie māorie.

Faits marquants

  • Selon la tradition orale māorie, Hine-nui-te-pō est née sous le nom de Hine-tītama, fille de Tāne et de Hine-ahuone (la première femme façonnée d'argile)
  • Apprenant qu'elle avait épousé son propre père, Tāne, elle descendit dans le monde souterrain et devint la déesse de la mort
  • Son mythe est central dans l'épisode de la mort du demi-dieu Māui, qui tenta de la traverser pour conquérir l'immortalité et fut tué en chemin
  • Elle symbolise la transition entre la lumière (Te Ao) et les ténèbres (Te Pō) dans la cosmologie māorie
  • Ses récits sont transmis exclusivement par tradition orale ; les premières transcriptions européennes datent du XIXe siècle

Œuvres & réalisations

Mythe de Māui et Hine-nui-te-pō — tradition orale māorie (transmis depuis le Xe siècle environ)

Récit fondateur expliquant pourquoi les humains sont mortels. Māui tente de traverser le corps de la déesse endormie pour conquérir l'immortalité mais échoue, scellant le destin mortel de l'humanité.

Whakapapa de Hine-tītama / Hine-nui-te-pō (tradition orale, fixée par écrit vers 1849)

Généalogie sacrée retraçant la transformation de Hine-tītama en déesse des morts. Transmise dans les whare wānanga comme clé de compréhension du cycle vie-mort dans la cosmologie māorie.

Karakia (prières et incantations) pour les mourants (tradition continue depuis le peuplement d'Aotearoa)

Formules rituelles récitées par les tohunga pour faciliter le passage de l'âme vers Hine-nui-te-pō. Ces karakia sont encore pratiquées lors des tangihanga (cérémonies funèbres māories) contemporaines.

Waiata tangi (chants funèbres) (tradition orale vivante)

Compositions poétiques et musicales chantées lors des veillées funèbres pour pleurer les défunts et les confier à la garde de Hine-nui-te-pō. Chaque iwi possède ses propres waiata transmis de génération en génération.

Représentations sculptées dans la statuaire whakairo (à partir du XIVe siècle)

Figures féminines à la bouche grande ouverte, aux yeux de pounamu et aux gestes protecteurs, interprétées comme évocatrices de Hine-nui-te-pō dans les maisons de réunion (wharenui) māories.

Anecdotes

Hine-nui-te-pō n'a pas toujours été la déesse de la mort. Elle était d'abord Hine-tītama, une jeune femme radieuse née de l'union de Tāne, dieu des forêts. Lorsqu'elle découvrit que son père était aussi son époux, accablée de honte, elle fuit vers le monde souterrain Te Pō et se transforma en gardienne des morts, déclarant : « Laisse-moi aller préparer la demeure pour nos enfants. »

Le héros culturel Māui tenta un jour de vaincre la mort pour offrir l'immortalité aux humains. Il s'introduisit la nuit dans le corps endormi de Hine-nui-te-pō pour en ressortir par sa bouche, espérant inverser le cycle de vie. Mais un petit oiseau — le pīwakawaka, le fantail — éclata de rire, réveillant la déesse qui écrasa Māui entre ses cuisses aux dents d'obsidienne. Depuis, la mort demeure inévitable pour toute créature.

Hine-nui-te-pō possède des yeux de pounamu (jade vert), des dents de verre volcanique et des cheveux rouges comme la lumière du couchant. Cette apparence terrifiante n'est pas seulement un symbole de danger : pour les Māori, elle représente aussi la beauté sauvage et puissante de la nature, qui donne et reprend la vie selon ses propres lois.

Dans la cosmologie māorie, mourir n'est pas une punition mais un retour. Hine-nui-te-pō accueille chaque âme (wairua) avec soin dans Te Pō, le monde de la nuit et des ancêtres. Les funérailles traditionnelles māories (tangihanga) honorent ce voyage : les proches pleurent et chantent pour guider le défunt jusqu'à elle, via le cap de Te Reinga, où l'esprit plonge vers le monde souterrain.

Sources primaires

Ngā Mahi a Ngā Tūpuna — recueil de traditions orales collecté par Sir George Grey (1854)
Ko Māui i haere ki a Hine-nui-te-pō... ka kite ia i a ia e moe ana, ā, ko ōna niho he tūāhu, ko ōna aro he māwhatu kōhatu.
Polynesian Mythology and Ancient Traditional History of the New Zealand Race — George Grey (1855)
Maui now transformed himself into the likeness of a serpent... he crept towards the goddess of death, Hine-nui-te-po, who lay sleeping; but the little fantail bird laughed, and the goddess awoke.
Maori Religion and Mythology — Elsdon Best (1924)
Hine-nui-te-po is the personified form of death... she rules over Te Reinga, the place whither the spirits of the dead descend, and she receives them into her keeping.
Whakapapa de Hine-tītama — tradition orale iwi Ngāti Awa, transcrite par Te Rangikāheke (vers 1849)
Nō Tāne ia, nō Tāne anō tōna tāne — i ohorere ia, ka rere ki Te Pō, ka huri ko Hine-nui-te-pō.
The Lore of the Whare-wānanga — Te Mātorohanga, collecté par S. Percy Smith (1913)
She descended to the tenth realm of the underworld, and there became the guardian of all who follow the path of night. Her domain is without end, as the night itself.

Lieux clés

Te Reinga — cap de l'extrémité nord (Nouvelle-Zélande)

Lieu sacré où, selon la tradition māorie, les âmes des défunts plongent dans la mer pour rejoindre Te Pō, le monde souterrain gouverné par Hine-nui-te-pō. Un ancien pōhutukawa (arbre) marque le point de départ vers l'au-delà.

Hawaiki — patrie mythique ancestrale

Lieu d'origine mythologique des Polynésiens et des Māori, d'où viennent les ancêtres et vers lequel retournent les âmes après la mort. Hine-nui-te-pō y est liée comme gardienne du retour final.

Rotorua — région volcanique et centre culturel māori

Région géothermique d'Aotearoa, siège de nombreux iwi et lieu de transmission des traditions orales dans les whare wānanga. Les geysers et paysages volcaniques sont associés aux forces souterraines de Te Pō.

Whare wānanga — maison du savoir (lieu symbolique)

École ésotérique traditionnelle où les tohunga transmettaient oralement les whakapapa et les mythes cosmologiques, dont ceux de Hine-nui-te-pō. Ces lieux existaient dans chaque communauté māorie.

Galerie

Interior of Hinenuitepo meeting house at Te Whaiti, 1930. ATLIB 298156

Interior of Hinenuitepo meeting house at Te Whaiti, 1930. ATLIB 298156

Wikimedia Commons, Public domain — Godber, Albert Percy, 1875-1949

Chief Whatanui in front of Hinenuitepo meeting house at Te Whaiti, 1930 ATLIB 298789

Chief Whatanui in front of Hinenuitepo meeting house at Te Whaiti, 1930 ATLIB 298789

Wikimedia Commons, Public domain — Godber, Albert Percy, 1875-1949

Hamburg, the Ethnology Museum, Asia Pacific exhibition-10

Hamburg, the Ethnology Museum, Asia Pacific exhibition-10

Wikimedia Commons, CC BY 3.0 — Dguendel

Te Tohunga - p63

Te Tohunga - p63

Wikimedia Commons, Public domain — Wilhelm Dittmer

Acaena anserinifolia 484498622

Acaena anserinifolia 484498622

Wikimedia Commons, CC0 — Eric Haavind-Berman

Voir aussi