Biographie

Hipparque de Nicée est un astronome, géographe et mathématicien grec du IIe siècle av. J.-C. Considéré comme le plus grand astronome de l'Antiquité, il découvrit la précession des équinoxes et dressa le premier grand catalogue d'étoiles. Il est aussi l'un des fondateurs de la trigonométrie.

Hipparque de Nicée(189 av. J.-C. — 119 av. J.-C.)

Hipparque

royaume de Pergame

6 min de lecture

SciencesAstronomeMathématicien(ne)ScientifiqueAvant J.-C.Période hellénistique de la Grèce antique, IIe siècle avant J.-C., âge d'or de la science alexandrine.

Questions fréquentes

Hipparque de Nicée (v. 189-119 av. J.-C.) est un astronome, mathématicien et géographe grec de la période hellénistique. Ce qui le rend exceptionnel, c'est qu'il a combiné observations précises et mathématiques pour révolutionner la compréhension du ciel. Il a découvert la précession des équinoxes, dressé le premier grand catalogue d'étoiles (environ 850 astres), et fondé la trigonométrie avec ses tables de cordes. Imagine un savant qui, sans télescope, a mesuré la distance Terre-Lune à quelques rayons terrestres près et classé les étoiles par éclat – un système encore utilisé aujourd'hui. Son œuvre, transmise par Ptolémée dans l'Almageste, a dominé l'astronomie pendant quatorze siècles.

Faits marquants

  • Né vers 190 av. J.-C. à Nicée (Bithynie), il travailla surtout sur l'île de Rhodes.
  • Découvrit la précession des équinoxes vers 130 av. J.-C. en comparant ses observations à celles de ses prédécesseurs.
  • Dressa le premier catalogue d'étoiles complet de l'Antiquité (environ 850 étoiles) et inventa l'échelle des magnitudes.
  • Fondateur de la trigonométrie : il établit la première table de cordes.
  • Mesura avec précision la durée de l'année tropique et la distance Terre-Lune ; mort vers 120 av. J.-C.

Œuvres & réalisations

Découverte de la précession des équinoxes (vers 130 av. J.-C.)

Mise en évidence du lent déplacement des points équinoxiaux le long du zodiaque, l'une des plus grandes découvertes de l'astronomie antique.

Catalogue d'étoiles (vers 129 av. J.-C.)

Premier grand catalogue stellaire systématique, recensant la position et l'éclat d'environ 850 étoiles ; modèle pour tous les catalogues ultérieurs.

Échelle des grandeurs stellaires (IIe siècle av. J.-C.)

Classement des étoiles selon leur éclat, de la 1re à la 6e grandeur ; système toujours utilisé, sous forme modernisée, par les astronomes.

Tables de cordes (fondements de la trigonométrie) (IIe siècle av. J.-C.)

Construction des premières tables reliant angles et longueurs, faisant d'Hipparque l'un des fondateurs de la trigonométrie.

Mesure de la distance Terre-Lune (IIe siècle av. J.-C.)

Estimation de la distance de la Lune à environ 60 rayons terrestres grâce à l'observation d'éclipses, résultat très proche de la valeur réelle.

Commentaire sur les Phénomènes d'Aratos et d'Eudoxe (IIe siècle av. J.-C.)

Seul ouvrage d'Hipparque conservé en entier ; il y corrige les descriptions du ciel des poètes et savants antérieurs d'après l'observation.

Travaux de géographie critique (IIe siècle av. J.-C.)

Critique des cartes d'Ératosthène et plaidoyer pour fixer les lieux par latitude et longitude au moyen d'observations astronomiques.

Mesure améliorée de la durée de l'année (IIe siècle av. J.-C.)

Détermination de la longueur de l'année tropique à quelques minutes près de la valeur exacte, perfectionnant le calendrier.

Anecdotes

En comparant ses propres observations à celles d'astronomes babyloniens vieilles de plus d'un siècle, Hipparque remarqua que la position des étoiles avait légèrement glissé : il venait de découvrir la précession des équinoxes, ce lent mouvement de toupie de l'axe terrestre qui met environ 26 000 ans à boucler un tour.

Selon Pline l'Ancien, c'est l'apparition d'une « étoile nouvelle » dans le ciel qui poussa Hipparque à dresser un immense catalogue d'étoiles : il voulait que les générations futures puissent vérifier si d'autres astres naissaient ou disparaissaient. Il recensa ainsi près de 850 étoiles avec leur position.

Hipparque inventa une échelle de « grandeurs » pour classer les étoiles selon leur éclat, de la 1re grandeur (les plus brillantes) à la 6e (les plus faibles visibles à l'œil nu). Cette idée est si robuste que les astronomes l'utilisent encore aujourd'hui, sous une forme modernisée.

Pour calculer la distance de la Lune, Hipparque s'appuya sur l'observation d'une même éclipse de Soleil vue depuis deux lieux éloignés : totale à l'Hellespont, partielle à Alexandrie. Sa mesure, d'environ 60 rayons terrestres, est remarquablement proche de la valeur réelle.

On attribue à Hipparque la construction de tables de cordes, ancêtres de nos tables trigonométriques. En cherchant à mesurer le ciel, il posa sans le savoir les bases d'une branche entière des mathématiques : la trigonométrie.

Sources primaires

Almageste, Ptolémée (livre VII) (vers 150 apr. J.-C.)
Hipparque, dans son ouvrage Sur le déplacement des points solsticiaux et équinoxiaux, conclut, à partir des observations, que la sphère des étoiles fixes accomplit elle aussi un mouvement vers l'arrière le long du zodiaque.
Histoire naturelle, Pline l'Ancien (livre II) (vers 77 apr. J.-C.)
Hipparque osa une chose difficile même pour un dieu : compter les étoiles pour la postérité et les répertorier par leur nom, ayant inventé des instruments pour marquer la position et la grandeur de chacune.
Commentaire sur les Phénomènes d'Aratos et d'Eudoxe, Hipparque (IIe siècle av. J.-C.)
Sur bien des points, Eudoxe et Aratos s'écartent de ce qui se voit réellement dans le ciel ; il faut donc corriger leurs indications d'après l'observation.
Géographie, Strabon (livre I) (vers 20 apr. J.-C.)
Hipparque démontre qu'il n'est pas possible, pour quiconque, géographe ou non, de connaître exactement les positions des lieux sans recourir à l'observation des phénomènes célestes, aux éclipses et aux latitudes.

Lieux clés

Nicée (Bithynie)

Ville grecque d'Asie Mineure (aujourd'hui İznik, en Turquie) où naquit Hipparque. Son surnom « de Nicée » rappelle cette origine.

Rhodes

Île de la mer Égée où Hipparque mena l'essentiel de ses observations astronomiques et mourut probablement. Son ciel dégagé en faisait un excellent observatoire.

Alexandrie

Grande cité savante d'Égypte, foyer de la Bibliothèque et du Musée. Hipparque y aurait observé et y avait accès aux archives astronomiques babyloniennes et grecques.

Bibliothèque d'Alexandrie

Centre intellectuel majeur conservant traités grecs et données d'observation. Elle fournit à Hipparque les anciennes mesures qui révélèrent la précession des équinoxes.

Liens externes & ressources

Œuvres

Découverte de la précession des équinoxes

vers 130 av. J.-C.

Catalogue d'étoiles

vers 129 av. J.-C.

Échelle des grandeurs stellaires

IIe siècle av. J.-C.

Tables de cordes (fondements de la trigonométrie)

IIe siècle av. J.-C.

Mesure de la distance Terre-Lune

IIe siècle av. J.-C.

Commentaire sur les Phénomènes d'Aratos et d'Eudoxe

IIe siècle av. J.-C.

Travaux de géographie critique

IIe siècle av. J.-C.

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