Aristarque

Aristarque

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SciencesAstronomeMathématicien(ne)Avant J.-C.Période hellénistique, IIIe siècle avant notre ère, à l'apogée de la science grecque autour d'Alexandrie

Astronome et mathématicien grec de l'Antiquité, originaire de l'île de Samos. Il est le premier à proposer un modèle héliocentrique plaçant le Soleil, et non la Terre, au centre du monde connu.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'Aristarque de Samos est un astronome et mathématicien grec du IIIe siècle av. J.-C., actif à Alexandrie, et qu'il est le premier savant connu à avoir proposé un modèle héliocentrique, plaçant le Soleil au centre de l'univers et la Terre en orbite autour de lui. Cette idée, formulée près de dix-huit siècles avant Copernic, est rapportée par Archimède dans L'Arénaire. Ce qui frappe ici, c'est que son hypothèse, bien que correcte, fut rejetée par ses contemporains, qui lui préférèrent le géocentrisme. Aristarque est donc un précurseur génial mais méconnu de l'astronomie moderne.

Faits marquants

  • Né vers 310 av. J.-C. sur l'île de Samos, mort vers 230 av. J.-C.
  • Premier savant connu à proposer un système héliocentrique (la Terre tourne autour du Soleil)
  • Auteur du traité Sur les dimensions et les distances du Soleil et de la Lune, où il tente de mesurer ces distances par la géométrie
  • Ses idées héliocentriques, rapportées par Archimède, furent rejetées et oubliées jusqu'à Copernic au XVIe siècle
  • Un cratère lunaire porte aujourd'hui son nom en hommage

Œuvres & réalisations

Sur les grandeurs et les distances du Soleil et de la Lune (IIIe siècle av. J.-C.)

Seul ouvrage conservé d'Aristarque, où il calcule géométriquement les tailles et distances relatives du Soleil et de la Lune. Première tentative connue de mesurer ces grandeurs par le raisonnement.

Hypothèse héliocentrique (ouvrage perdu) (vers 270 av. J.-C.)

Traité aujourd'hui disparu où Aristarque plaçait le Soleil au centre du monde et la Terre en orbite. Connu uniquement par le témoignage d'Archimède.

Mesure du rapport des distances Terre-Lune et Terre-Soleil (IIIe siècle av. J.-C.)

Méthode fondée sur l'observation de la Lune au premier quartier. Bien que numériquement imprécise, sa logique géométrique était parfaitement correcte.

Estimation des tailles du Soleil et de la Lune (IIIe siècle av. J.-C.)

Aristarque conclut que le Soleil est bien plus grand que la Terre, argument qui le poussa logiquement à le placer au centre plutôt que la Terre.

Perfectionnement du cadran solaire (scaphé) (IIIe siècle av. J.-C.)

Amélioration attribuée par Vitruve à Aristarque d'un cadran solaire hémisphérique permettant de lire l'heure et la saison.

Anecdotes

Aristarque proposa que la Terre tourne autour du Soleil près de dix-huit siècles avant Copernic. Son idée fut si déroutante pour ses contemporains qu'elle resta marginale : presque tous les astronomes grecs continuèrent à placer la Terre au centre du monde.

Pour mesurer la distance Terre-Soleil, Aristarque eut une idée géniale : au moment où la Lune est exactement à moitié éclairée, il observa l'angle entre le Soleil et la Lune. Sa méthode était juste, mais ses instruments trop imprécis : il trouva un Soleil 19 fois plus loin que la Lune, alors qu'il est en réalité près de 400 fois plus loin.

Le savant Archimède, dans son traité L'Arénaire, rapporte explicitement qu'Aristarque a écrit un livre plaçant le Soleil au centre et la Terre en orbite autour de lui. C'est grâce à ce témoignage d'Archimède que nous connaissons les idées héliocentriques d'Aristarque, car son propre ouvrage sur le sujet a été perdu.

Le philosophe stoïcien Cléanthe estima qu'Aristarque aurait dû être poursuivi pour impiété, car déplacer la Terre du centre du monde revenait selon lui à 'troubler le repos du foyer de l'univers'. C'est l'un des plus anciens exemples connus de conflit entre une idée scientifique et des croyances religieuses.

Aristarque comprit que les étoiles ne semblent pas bouger quand la Terre se déplace, et il en déduisit qu'elles devaient être à des distances immenses, presque infinies, par rapport à l'orbite terrestre. Cette intuition d'un cosmos gigantesque était extraordinairement en avance sur son temps.

Sources primaires

Archimède, L'Arénaire (Le Compteur de sable) (vers 250 av. J.-C.)
Aristarque de Samos a publié par écrit certaines hypothèses [...] selon lesquelles les étoiles fixes et le Soleil demeurent immobiles, tandis que la Terre tourne autour du Soleil suivant la circonférence d'un cercle, le Soleil occupant le milieu de l'orbite.
Aristarque, Sur les grandeurs et les distances du Soleil et de la Lune (IIIe siècle av. J.-C.)
Lorsque la Lune nous apparaît coupée en deux, la distance du Soleil à la Lune est plus petite que le quart d'un cercle, d'un trentième de ce quart.
Plutarque, Sur le visage qui apparaît dans le disque de la Lune (vers 100 apr. J.-C.)
Cléanthe pensait que les Grecs auraient dû accuser d'impiété Aristarque de Samos, pour avoir mis en mouvement le foyer de l'univers, en supposant que le ciel demeure immobile et que la Terre se meut selon un cercle oblique tout en tournant sur son axe.

Lieux clés

Île de Samos

Île grecque de la mer Égée, patrie d'Aristarque. Elle avait déjà donné naissance au mathématicien Pythagore.

Alexandrie

Grande cité hellénistique d'Égypte abritant la Bibliothèque et le Musée, où Aristarque aurait étudié et travaillé auprès des plus grands savants.

Athènes

Foyer intellectuel de la Grèce où Aristarque aurait été formé, notamment dans la tradition du Lycée fondé par Aristote.

Mer Égée

Espace maritime parsemé d'îles grecques reliant Samos au reste du monde hellénistique, par lequel circulaient savants et idées.

Voir aussi