Irène Joliot-Curie(1897 — 1956)

Irène Joliot-Curie

France

6 min de lecture

SciencesScientifiqueXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, marquée par les grandes avancées de la physique nucléaire, l'entre-deux-guerres et l'engagement scientifique et politique des femmes.

Physicienne et chimiste française, fille de Pierre et Marie Curie. Avec son mari Frédéric Joliot-Curie, elle découvre la radioactivité artificielle en 1934, ce qui leur vaut le prix Nobel de chimie en 1935.

Questions fréquentes

Irène Joliot-Curie est une physicienne et chimiste française née en 1897, fille de Pierre et Marie Curie. Ce qui la rend célèbre, c'est la découverte de la radioactivité artificielle en 1934 avec son mari Frédéric Joliot-Curie : ils ont prouvé qu'on pouvait rendre radioactifs des éléments stables en les bombardant avec des particules alpha. Ce qu'il faut retenir, c'est que cette découverte a ouvert la voie aux radioéléments artificiels utilisés en médecine et en industrie, et leur a valu le prix Nobel de chimie en 1935. Irène a aussi été l'une des premières femmes à occuper un poste gouvernemental en France, comme sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique en 1936.

Faits marquants

  • Naît en 1897 à Paris, fille de Marie et Pierre Curie
  • Découvre la radioactivité artificielle avec Frédéric Joliot-Curie en 1934
  • Reçoit le prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari
  • Devient sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique en 1936 sous le Front populaire
  • Meurt en 1956 d'une leucémie liée à son exposition aux rayonnements

Œuvres & réalisations

Thèse de doctorat sur les rayons alpha du polonium (1925)

Travail de recherche qui établit Irène comme une physicienne de premier plan, dans la continuité directe des découvertes de sa mère sur le polonium.

Découverte de la radioactivité artificielle (1934)

Avec Frédéric, elle prouve qu'on peut rendre radioactifs des éléments stables : une révolution qui ouvre la voie aux radioéléments fabriqués pour la médecine et l'industrie.

Prix Nobel de chimie (1935)

Récompense de la communauté scientifique pour la synthèse de nouveaux éléments radioactifs, partagée avec son mari Frédéric Joliot-Curie.

Travaux sur la fission de l'uranium (1938)

Avec Pavel Savitch, elle identifie des produits inattendus du bombardement de l'uranium, contribution décisive vers la compréhension de la fission nucléaire.

Sous-secrétariat d'État à la Recherche scientifique (1936)

Engagement politique pionnier : Irène participe à la structuration de la recherche publique française, jetant les bases du futur CNRS.

Direction de l'Institut du radium et projet du laboratoire d'Orsay (1946-1956)

Elle dirige le célèbre institut et conçoit un grand centre de physique nucléaire à Orsay, achevé après sa mort, pour donner à la France des moyens de recherche modernes.

Anecdotes

Pendant la Première Guerre mondiale, Irène n'a que 17-18 ans lorsqu'elle accompagne sa mère Marie Curie sur le front. Ensemble, elles installent et font fonctionner les « petites Curies », des voitures radiologiques mobiles qui permettent aux chirurgiens de localiser les éclats d'obus et les balles dans le corps des soldats blessés.

En 1935, Irène et son mari Frédéric reçoivent le prix Nobel de chimie pour la radioactivité artificielle. La famille devient une véritable dynastie de Nobel : avec les deux prix de Marie Curie et celui de Pierre, les Curie-Joliot détiennent un record unique de récompenses scientifiques dans une même famille.

En 1936, Irène devient sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique dans le gouvernement du Front populaire de Léon Blum. C'est l'une des trois premières femmes à entrer dans un gouvernement français — alors même que les Françaises n'avaient pas encore le droit de vote, qu'elles n'obtiendront qu'en 1944.

Avec Frédéric, Irène observe en 1932 d'étranges rayonnements lors de ses expériences, mais c'est le physicien anglais James Chadwick qui en tire la conclusion : le neutron. Frustrés d'avoir « manqué » cette découverte, les deux époux redoublent d'efforts, ce qui les mène deux ans plus tard à la radioactivité artificielle.

En 1938, en bombardant de l'uranium avec des neutrons, Irène et son collègue Pavel Savitch repèrent un élément étrange qui ressemble à du lanthane. Sans le savoir, ils touchent du doigt la fission nucléaire, qui sera expliquée peu après par Hahn, Strassmann et Lise Meitner.

Sources primaires

Irène Curie et Frédéric Joliot, « Un nouveau type de radioactivité », Comptes rendus de l'Académie des sciences (15 janvier 1934)
Certains éléments légers, comme le bore, le magnésium et l'aluminium, bombardés par les rayons alpha du polonium, continuent à émettre un rayonnement même après l'éloignement de la source : ils sont devenus eux-mêmes radioactifs.
Irène Joliot-Curie, Conférence Nobel « Les radioéléments artificiels » (Stockholm) (12 décembre 1935)
Nous avons montré qu'il est possible de créer artificiellement des éléments radioactifs en transmutant des atomes stables, ouvrant ainsi un domaine nouveau à la chimie et à la physique nucléaire.
Irène Curie et Frédéric Joliot, « Artificial Production of a New Kind of Radio-Element », Nature (1934)
L'aluminium irradié par des particules alpha se transforme en un isotope radioactif du phosphore, qui se désintègre ensuite en émettant des positrons.

Lieux clés

Paris

Ville natale d'Irène, où elle a passé l'essentiel de sa vie et où elle est morte en 1956. Le cœur de la recherche scientifique française de l'époque.

Institut du radium, Paris

Laboratoire fondé par Marie Curie où Irène mena ses recherches et qu'elle finit par diriger à partir de 1946. C'est là qu'elle découvrit la radioactivité artificielle.

Sorbonne (Faculté des sciences), Paris

Université où Irène fit ses études supérieures de physique et de chimie avant de soutenir sa thèse sur les rayons alpha du polonium en 1925.

L'Arcouest, Bretagne

Hameau de bord de mer près de Ploubazlanec où la famille Curie passait ses vacances, surnommé « Fort-la-Science » à cause des nombreux savants qui s'y retrouvaient.

Stockholm, Suède

Capitale où Irène et Frédéric reçurent le prix Nobel de chimie en décembre 1935 et où elle prononça sa conférence Nobel.

Voir aussi