Jafar Panahi est un cinéaste iranien né en 1960, figure majeure du cinéma d'auteur contemporain. Plusieurs fois primé dans les grands festivals, il a été interdit de réaliser des films et de quitter l'Iran par le régime, devenant un symbole de la liberté de création.
Jafar Panahi(1960 — ?)
Jafar Panahi
Iran
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Rien ne peut m'empêcher de faire des films.»
Faits marquants
- Né le 11 juillet 1960 à Mianeh, en Iran
- Caméra d'or à Cannes en 1995 pour Le Ballon blanc
- Lion d'or à Venise en 2000 pour Le Cercle
- Condamné en 2010 à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de réaliser des films
- Tourne clandestinement Taxi Téhéran, Ours d'or à Berlin en 2015
Œuvres & réalisations
Premier long métrage, écrit avec Abbas Kiarostami, qui suit une fillette voulant acheter un poisson rouge. Caméra d'or à Cannes, il révèle Panahi sur la scène internationale.
Récit choral sur la condition des femmes en Iran, couronné du Lion d'or à Venise et aussitôt interdit dans son pays.
Portrait d'un livreur de pizzas confronté aux inégalités sociales de Téhéran, primé à Cannes dans la sélection Un Certain Regard.
Comédie dramatique sur des jeunes filles déguisées en garçons pour assister à un match de football, interdit aux femmes. Ours d'argent à Berlin.
Journal filmé pendant son assignation à résidence, sorti d'Iran sur une clé USB cachée dans un gâteau ; manifeste sur la liberté de créer.
Film tourné dans une voiture où Panahi joue un chauffeur de taxi recueillant les paroles de ses passagers. Ours d'or à Berlin.
Road movie autour d'une jeune femme empêchée de devenir actrice, récompensé du prix du scénario à Cannes.
Film qui interroge la vengeance et le pardon face à la répression ; Palme d'or à Cannes, sommet de sa reconnaissance internationale.
Anecdotes
En 2011, alors qu'il est interdit de filmer, Jafar Panahi tourne « Ceci n'est pas un film » dans son appartement de Téhéran. Pour le faire sortir d'Iran et l'envoyer au Festival de Cannes, le fichier est dissimulé sur une clé USB cachée à l'intérieur d'un gâteau. Le film arrive à temps pour être projeté.
En 2006, son film « Hors-jeu » raconte l'histoire de jeunes Iraniennes qui se déguisent en garçons pour entrer dans un stade de football, car les femmes y sont interdites. Le film remporte un grand prix à Berlin, mais reste interdit de projection en Iran, le pays où il se déroule.
En 2015, son film « Taxi Téhéran », entièrement tourné à l'intérieur d'une voiture avec une petite caméra posée sur le tableau de bord, gagne l'Ours d'or du Festival de Berlin. Comme Panahi a l'interdiction de quitter l'Iran, c'est sa nièce, présente dans le film, qui monte sur scène recevoir le prix à sa place.
Arrêté de nouveau en 2022, Panahi entame une grève de la faim en prison au début de l'année 2023 pour protester contre sa détention. Il est libéré peu après. Son histoire devient un symbole mondial de la lutte des artistes pour la liberté d'expression.
En 2025, après des années d'interdiction et de procès, Jafar Panahi remporte la Palme d'or du Festival de Cannes pour « Un simple accident ». Pouvant enfin voyager, il reçoit lui-même la récompense, longuement applaudi, plus de trente ans après ses débuts.
Sources primaires
Filmé chez lui pendant son assignation à résidence et son interdiction de réaliser, Panahi y « lit » le scénario du film qu'il n'a pas le droit de tourner, transformant l'interdiction elle-même en sujet de l'œuvre.
Le cinéaste est condamné à six ans de prison et à une interdiction de vingt ans de réaliser des films, d'écrire des scénarios, de donner des interviews et de quitter l'Iran.
Empêché de se rendre au festival, Panahi fait transmettre un message où il affirme que le cinéma reste pour lui un moyen d'expression vital, plus fort que les interdictions qui le frappent.
Recevant la Palme d'or, le cinéaste appelle à l'unité des Iraniens et à la liberté, déclarant que personne ne devrait pouvoir dicter aux gens comment s'habiller ni ce qu'ils doivent faire.
Lieux clés
Ville du nord-ouest de l'Iran, dans la province de l'Azerbaïdjan oriental, où Jafar Panahi naît en 1960.
Capitale de l'Iran où Panahi vit et travaille, et où il a tourné clandestinement plusieurs de ses films, dont « Taxi Téhéran ».
Grande prison de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques. Panahi y a été emprisonné après ses arrestations de 2010 et 2022.
Grand festival de cinéma français où Panahi a obtenu la Caméra d'or en 1995 puis la Palme d'or en 2025.
Festival de cinéma allemand où « Taxi Téhéran » a remporté l'Ours d'or en 2015, prix reçu par sa nièce en son absence.
Festival de cinéma italien où « Le Cercle » a obtenu le Lion d'or en 2000.
Objets typiques

Petite caméra vidéo discrète qui permet de tourner sans autorisation et sans gros équipement. Panahi s'en sert pour filmer dans des appartements ou des voitures, là où une équipe officielle serait repérée.

Support numérique sur lequel un film entier peut tenir. Dissimulée dans un gâteau, elle a permis de faire sortir clandestinement « Ceci n'est pas un film » d'Iran vers le Festival de Cannes.

Dans « Taxi Téhéran », l'habitacle d'une voiture devient le décor unique du film, avec des caméras fixées sur le tableau de bord. Le véhicule sert à filmer la ville et ses habitants sans attirer l'attention.

Texte qui décrit les scènes et les dialogues d'un film. Pour Panahi, écrire des scénarios fait partie de ce que le régime lui a interdit, ce qui rend l'objet hautement symbolique.

Récompense suprême du Festival de Cannes, en forme de palme dorée. Panahi la reçoit en 2025 pour « Un simple accident », consécration internationale après des années d'interdiction.

Téléphone capable de filmer en haute qualité, utilisé par les cinéastes iraniens pour tourner discrètement. Il permet de capter des images dans un pays où le tournage est étroitement contrôlé.
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Pendant ses années d'interdiction et d'assignation à résidence, Panahi passe une grande partie de ses matinées chez lui, à Téhéran. Il lit, écrit en secret des idées de scénarios et reste en contact avec ses proches et d'autres artistes.
Après-midi
L'après-midi, il prépare ou tourne discrètement ses films avec une équipe minuscule, parfois réduite à lui-même et un proche. Il travaille dans des espaces fermés comme un appartement ou une voiture pour échapper à la surveillance.
Soir
Le soir, il visionne et monte ses images, écoute de la musique et regarde des films d'autres cinéastes. Il échange aussi avec des amis du monde du cinéma, en Iran et à l'étranger.
Alimentation
Son alimentation est celle de l'Iran contemporain : riz parfumé (le « tchelo »), ragoûts mijotés (« khoresht »), pain plat, herbes fraîches, yaourt et thé noir servi très chaud tout au long de la journée.
Vêtements
Panahi s'habille de manière sobre et moderne, à la façon des artistes urbains iraniens : chemise ou pull, veste simple, et souvent une écharpe. On le reconnaît à son allure discrète, loin du faste.
Habitat
Il vit dans un appartement de Téhéran, métropole de plusieurs millions d'habitants. Ce logement, lieu de vie ordinaire, est aussi devenu le décor forcé de certains de ses films pendant son interdiction de tourner.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Ballon blanc (Badkonak-e Sefid)
1995
Le Cercle (Dayereh)
2000
Sang et or (Talaye Sorkh)
2003
Hors-jeu (Offside)
2006
Trois visages (Se Rokh)
2018






