Janusz Korczak

Henryk Goldszmit, dit Janusz Korczak

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SociétéLettresSpiritualitéPédagogueÉcrivain(e)XXe sièclePologne du début du XXe siècle, de l'Empire russe à la Seconde République polonaise, jusqu'à l'occupation nazie et la Shoah

Médecin pédiatre, pédagogue et écrivain polonais d'origine juive, pionnier des droits de l'enfant. Directeur d'orphelinats à Varsovie, il développa une pédagogie fondée sur le respect de l'enfant. Il refusa d'abandonner les enfants juifs dont il avait la charge et fut déporté avec eux à Treblinka en 1942.

Questions fréquentes

Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit, était un médecin pédiatre, pédagogue et écrivain polonais du début du XXe siècle. Ce qui le rend unique, c'est qu'il a consacré sa vie à défendre les droits des enfants, à une époque où ceux-ci étaient souvent considérés comme des êtres inférieurs. Il a mis en pratique ses idées dans l'orphelinat Dom Sierot à Varsovie, créant un tribunal d'enfants et un journal rédigé par eux. Mais ce qui le hisse au rang de figure mythologique, c'est son refus d'abandonner les enfants juifs de son orphelinat en 1942, les accompagnant jusqu'à la mort à Treblinka. Moins un simple pédagogue qu'un symbole de sacrifice et de dignité humaine, il incarne l'idée que l'enfant mérite un respect absolu, même face à l'horreur.

Citations célèbres

« On ne devient pas un bon éducateur si l'on n'a pas, au fond du cœur, le sourire de l'enfant. »
« Les enfants ne sont pas les hommes de demain, ils sont des hommes aujourd'hui. »

Faits marquants

  • Né en 1878 ou 1879 à Varsovie sous le nom de Henryk Goldszmit
  • Fonde et dirige à partir de 1912 l'orphelinat juif Dom Sierot à Varsovie
  • Publie en 1919 « Comment aimer un enfant » et en 1929 « Le droit de l'enfant au respect »
  • Anime des émissions de radio sous le nom du « Vieux Docteur » dans les années 1930
  • Déporté avec ses orphelins au camp d'extermination de Treblinka en août 1942, où il est assassiné

Œuvres & réalisations

Comment aimer un enfant (Jak kochać dziecko) (1919)

Essai pédagogique majeur posant le principe du respect intégral de l'enfant comme personne.

Le Roi Mathias Ier (Król Maciuś Pierwszy) (1923)

Roman pour enfants, classique de la littérature polonaise, sur un enfant-roi qui veut donner le pouvoir aux enfants.

Mały Przegląd (Petit Journal) (1926)

Premier journal entièrement écrit par et pour les enfants, tribune inédite de la parole enfantine.

Le droit de l'enfant au respect (Prawo dziecka do szacunku) (1929)

Texte fondateur qui inspira plus tard la Convention internationale des droits de l'enfant (1989).

Orphelinat Dom Sierot (1912)

Institution-laboratoire où il appliqua sa pédagogie : tribunal d'enfants, conseil d'autogestion, journal interne.

Causeries du Vieux Docteur (radio) (1934)

Émissions radiophoniques très populaires où il s'adressait aux enfants avec tendresse et humour.

Journal du ghetto (Pamiętnik) (1942)

Dernier écrit, rédigé dans le ghetto, bouleversant témoignage sur les enfants et la dignité humaine.

Anecdotes

En août 1942, lorsque les nazis ordonnèrent l'évacuation de l'orphelinat du ghetto de Varsovie, Korczak refusa les offres de fuite qu'on lui proposait. Il conduisit lui-même près de 200 enfants vers l'Umschlagplatz, en rangs calmes, un enfant portant en tête le drapeau vert du roi Mathias. Ils furent tous déportés à Treblinka.

Dans son orphelinat, Korczak avait créé un véritable tribunal d'enfants où les pensionnaires pouvaient juger les conflits selon un code écrit. Fait extraordinaire : le directeur lui-même acceptait d'y être convoqué et jugé par les enfants, persuadé qu'un adulte devait répondre de ses actes comme eux.

Sous le nom de « Vieux Docteur » (Stary Doktor), Korczak anima dans les années 1930 des émissions de radio polonaises très écoutées. Il y parlait aux enfants d'une voix douce et pleine d'humour, mais ses origines juives finirent par lui faire perdre cette tribune.

Korczak lança en 1926 un journal entièrement rédigé par des enfants, le « Mały Przegląd » (Petit Journal), supplément d'un grand quotidien. Des centaines de jeunes correspondants y envoyaient articles et lettres, faisant entendre la voix des enfants dans la presse adulte.

Son roman « Le Roi Mathias Ier » raconte l'histoire d'un enfant devenu roi qui veut donner le pouvoir aux enfants. Le livre, immensément populaire en Pologne, est une sorte de manifeste déguisé en conte sur les droits et les limites de l'enfance.

Sources primaires

Journal du ghetto (Pamiętnik) (1942)
Je suis arrosé. Les hannetons, eux aussi, ont droit à l'arrosoir. Mais existe-t-il un homme qui se demanderait : et les enfants ?
Le droit de l'enfant au respect (Prawo dziecka do szacunku) (1929)
Il n'y a pas d'enfants, il n'y a que des êtres humains, mais avec une autre échelle de notions, un autre fonds d'expérience, d'autres élans, un autre jeu des sentiments.
Comment aimer un enfant (Jak kochać dziecko) (1919)
Tu dis : « C'est épuisant de s'occuper des enfants. » Tu as raison. Tu ajoutes : « Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner. » Là, tu te trompes. Ce n'est pas cela qui épuise, mais le fait de devoir s'élever jusqu'à leurs sentiments.

Lieux clés

Varsovie

Ville natale de Korczak et cœur de toute son œuvre pédagogique et littéraire. Il y vécut sous l'Empire russe, la Pologne indépendante puis l'occupation nazie.

Orphelinat Dom Sierot, rue Krochmalna

Maison d'orphelins juifs qu'il dirigea dès 1912, laboratoire de sa pédagogie du respect avec tribunal et journal d'enfants.

Ghetto de Varsovie

Quartier où les nazis enfermèrent dès 1940 l'orphelinat et sa population juive dans des conditions effroyables. Korczak y rédigea son journal et lutta pour nourrir ses enfants.

Umschlagplatz

Place de Varsovie d'où partaient les trains de déportation vers les camps. Korczak y conduisit ses enfants en août 1942.

Treblinka

Camp d'extermination nazi où Korczak et les enfants de l'orphelinat furent assassinés en août 1942.

Voir aussi