Biographie

Juriste et homme d'État français (1742-1810), conventionnel pendant la Révolution, brièvement membre du Directoire, puis conseiller d'État et comte de l'Empire sous Napoléon. Il joua un rôle clé dans la rédaction du Code civil.

Jean-Baptiste Treilhard(1742 — 1810)

Jean-Baptiste Treilhard

France

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PolitiqueSociétéJuristeXIXe siècleRévolution française et Premier Empire

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Treilhard est un juriste et homme d'État né en 1742 à Uzerche, en Corrèze, qui a traversé la Révolution et l'Empire. Moins connu que Portalis, il fut pourtant l'un des principaux rédacteurs du Code civil (1804) et le père du Code de procédure civile (1806). Ce qui le rend décisif, c'est qu'il a contribué à façonner le droit français moderne en unifiant des règles jusqu'alors éparses, ce qui a profondément marqué la société.

Faits marquants

  • 1742 : Naissance à Uzerche (Corrèze)
  • 1789 : Élu aux États généraux, siège à l'Assemblée nationale constituante
  • 1792-1795 : Membre de la Convention nationale
  • 1798-1799 : Membre du Directoire
  • 1804 : Participation active à la rédaction du Code civil napoléonien

Œuvres & réalisations

Contribution à la rédaction du Code civil (Code Napoléon) (1801–1804)

Treilhard fut l'un des membres les plus actifs de la commission du Conseil d'État chargée d'élaborer le Code civil. Il rédigea et rapporta plusieurs titres fondamentaux relatifs aux personnes, à la famille et aux successions, contribuant à l'unification du droit privé français.

Code de procédure civile (1806)

Principal rédacteur de ce code organisant le déroulement des procès civils en France, Treilhard en présenta l'exposé des motifs devant le Corps législatif. Ce texte régit la procédure judiciaire française pendant plus d'un siècle et demi.

Rapports et discours à la Convention nationale sur l'organisation judiciaire (1792–1795)

Durant son mandat de conventionnel, Treilhard produisit de nombreux rapports sur la réforme de la justice et l'organisation des tribunaux, posant les bases d'une justice rationnelle et égale pour tous les citoyens.

Avis et rapports au Conseil d'État (1800–1810) (1800–1810)

Conseiller d'État actif, Treilhard rédigea de nombreux avis sur des questions de droit civil, de procédure et d'organisation judiciaire qui contribuèrent à bâtir l'architecture juridique cohérente de l'Empire napoléonien.

Anecdotes

Avocat réputé au barreau de Paris avant la Révolution, Treilhard s'était bâti une solide réputation dans les prétoires du Palais de Justice. Lorsque les États généraux s'ouvrirent en 1789, il fut élu représentant du tiers état de Paris : ce juriste pragmatique allait devenir l'un des architectes discrets du nouveau droit français.

Lors du procès de Louis XVI en janvier 1793, Treilhard siégeait à la Convention nationale. Il vota pour la mort du roi sans appel au peuple, assumant une position parmi les plus radicales — un vote qui lui vaudrait le titre de régicide et pèserait lourd sur sa réputation après la Restauration des Bourbons.

En mai 1798, Treilhard fut élu membre du Directoire pour remplacer Jean-François Reubell. Mais son élection fut rapidement contestée : la Constitution exigeait qu'il ait siégé un an entier dans les Conseils législatifs, ce qu'il n'avait pas accompli. En juin 1799, son élection fut déclarée nulle et il dut quitter le Directoire — une humiliation rare pour un homme de son rang.

Nommé au Conseil d'État après le coup d'État du 18 Brumaire, Treilhard devint l'un des membres les plus actifs de la commission chargée de rédiger le Code civil. Il présida de nombreuses séances et rédigea personnellement plusieurs titres fondamentaux, notamment ceux relatifs aux personnes et à la famille. Napoléon lui reconnut ce mérite en le faisant comte de l'Empire en 1809.

Parallèlement au Code civil, Treilhard fut le principal rédacteur du Code de procédure civile, promulgué en 1806. Ce code, bien moins célèbre que le Code Napoléon, régla pendant des décennies la façon dont les procès civils se déroulaient en France. Sans ce travail méthodique, les droits instaurés par le Code civil auraient manqué d'un cadre procédural cohérent pour être réellement appliqués.

Sources primaires

Rapport de Treilhard sur le titre préliminaire du Code civil, présenté au Conseil d'État (1801)
La loi doit être claire, précise, et assez générale pour embrasser tous les cas que le législateur a pu prévoir, sans entrer dans des détails qui rendraient le code impossible à appliquer avec uniformité sur l'ensemble du territoire.
Vote de Treilhard lors du procès de Louis XVI, registre de la Convention nationale (Janvier 1793)
La mort. Je vote pour la mort, sans sursis et sans appel au peuple.
Exposé des motifs du Code de procédure civile, présenté par Treilhard au Corps législatif (1806)
L'objet de la procédure civile est de garantir à chaque citoyen la jouissance paisible de ses droits, en réglant les formes suivant lesquelles les contestations seront portées et jugées devant les tribunaux compétents.
Discours de Treilhard à l'Assemblée constituante sur l'organisation judiciaire (1790)
Il faut que la justice soit rendue en France par des hommes qui tiennent leur pouvoir de la loi seule, et non d'une tradition héréditaire ou d'une grâce particulière du souverain.

Lieux clés

Uzerche, Corrèze

Ville natale de Jean-Baptiste Treilhard, surnommée la « perle du Limousin » pour ses remparts médiévaux dominant la Vézère. Treilhard y fit ses premières études avant de monter à Paris pour étudier le droit.

Palais de Justice de Paris

Siège du Parlement de Paris et des tribunaux royaux où Treilhard exerça comme avocat avant la Révolution. C'est en plaidant dans ces salles qu'il acquit la maîtrise du droit civil et de la procédure qui ferait de lui un codificateur de premier plan.

Salle du Manège, Paris (Convention nationale)

Lieu où siégea la Convention nationale à partir de 1792. C'est dans cette salle reconvertie que Treilhard prit part aux grands débats de la Révolution, dont le procès et la condamnation à mort de Louis XVI.

Palais du Luxembourg, Paris

Siège du Directoire exécutif de 1795 à 1799. Treilhard y siégea brièvement comme directeur en 1798-1799 avant que son élection soit annulée pour vice de forme, épisode douloureux de sa carrière politique.

Palais des Tuileries, Paris

Résidence officielle de Napoléon Bonaparte, les Tuileries abritaient les séances du Conseil d'État. C'est dans ce cadre palatial que Treilhard, conseiller d'État, participa aux discussions du Code civil parfois présidées par l'Empereur lui-même.

Voir aussi