Amiral néerlandais (1761-1812) ayant servi la République batave puis l'Empire napoléonien. Commandant de la flotte batave, il affronta la Royal Navy britannique à la bataille de Camperdown en 1797, où il fut fait prisonnier après une résistance acharnée.
Jean-Guillaume de Winter(1761 — 1812)
Jean-Guillaume de Winter
France, Royaume des Pays-Bas
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1761 à Dokkum, dans les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas)
- Commande la flotte batave lors de la bataille de Camperdown contre les Britanniques en octobre 1797
- Fait prisonnier par l'amiral Adam Duncan à Camperdown, libéré par échange de prisonniers
- Intégré dans la hiérarchie militaire française sous l'Empire napoléonien
- Décède en 1812 à Paris
Œuvres & réalisations
Nommé vice-amiral en chef de la flotte de la République batave, de Winter entreprit de reconstruire et réorganiser la marine néerlandaise, mise à mal par des années de guerre et de déclin. Il parvint à réunir une flotte de seize vaisseaux de ligne opérationnels, exploit logistique et organisationnel considérable.
Sa conduite héroïque à la tête de la flotte batave lors de cet engagement naval majeur contre les Britanniques lui valut une reconnaissance internationale. Bien que vaincu, de Winter fut célébré dans les deux camps pour son courage et son refus de se rendre avant l'épuisement total de ses moyens.
Document stratégique rédigé à l'attention des autorités bataves et des généraux français, analysant les faiblesses défensives de la côte néerlandaise et proposant des améliorations pour contrer une éventuelle opération amphibie britannique.
Sous le Royaume de Hollande de Louis Bonaparte, de Winter contribua à intégrer les restes de la flotte batave dans le dispositif naval de l'Empire napoléonien, travaillant à harmoniser les procédures et les équipements avec les standards français.
Anecdotes
Lors de la bataille de Camperdown, le 11 octobre 1797, le vaisseau amiral de de Winter, la Vrijheid (« Liberté »), fut littéralement mis en pièces par les canons britanniques. De Winter continua pourtant à combattre jusqu'à ce que son navire ne soit plus manœuvrable, refusant de baisser son pavillon. Il fut l'un des derniers officiers debout sur le pont quand la bataille prit fin, ce qui força l'admiration de ses adversaires.
Fait prisonnier, de Winter fut conduit devant l'amiral britannique Adam Duncan. La scène est restée célèbre : de Winter, d'une taille imposante, tendit son épée à Duncan en disant qu'il était heureux de se rendre à un homme digne de le recevoir. Duncan aurait répondu qu'il n'avait jamais rencontré d'ennemi qu'il aurait été aussi honoré d'avoir comme ami.
Pendant sa captivité en Angleterre, de Winter fut traité non pas comme un prisonnier ordinaire, mais comme un hôte de marque. Il fut reçu dans la haute société londonienne et ses qualités de marin et de chef furent publiquement saluées par la presse britannique, qui le présenta comme un modèle de bravoure et d'honneur militaire.
Après son retour grâce à un échange de prisonniers, de Winter continua de servir sous Napoléon. Malgré sa défaite à Camperdown, il fut maintenu dans des fonctions de commandement, illustration du respect que lui témoignaient les autorités françaises et bataves pour sa conduite héroïque lors de cet engagement.
De Winter était connu pour sa stature imposante — près d'un mètre quatre-vingt-dix-cinq — qui lui valait d'être immédiatement reconnaissable sur le pont de ses vaisseaux. On raconte qu'il refusait systématiquement de se baisser ou de s'abriter lors des combats, estimant qu'un commandant devait rester visible de ses hommes dans les moments les plus critiques.
Sources primaires
L'ennemi a combattu avec la plus grande bravoure et une résistance opiniâtre. L'amiral hollandais, que j'ai personnellement reçu à bord de mon vaisseau, s'est conduit avec une dignité et un courage qui commandent le respect de tout homme d'honneur.
Notre amiral de Winter a montré en cette journée funeste toutes les qualités du grand marin et du brave officier. La République batave peut se glorifier d'avoir eu à sa tête un chef aussi valeureux, quoique la fortune des armes ne lui ait pas été favorable.
Le vice-amiral de Winter, nommé commandant en chef, s'est employé avec zèle et compétence à reconstituer une force navale digne de ce nom ; les résultats obtenus en moins d'un an témoignent d'une énergie et d'une capacité organisatrice remarquables.
Lorsque nos officiers montèrent à bord du vaisseau amiral hollandais, ils trouvèrent le pont jonché de morts et de blessés. L'amiral de Winter, blessé mais debout, refusait encore de reconnaître sa défaite ; il fallut lui montrer que son vaisseau était pris pour qu'il consentît à se rendre.
Lieux clés
Ville hanséatique de l'Overijssel sur le fleuve IJssel, lieu de naissance de Jean-Guillaume de Winter en 1761. Kampen conservait alors une tradition maritime héritée de son passé de port actif.
Engagement naval décisif du 11 octobre 1797, au large des côtes hollandaises près du village de Kamperduin, où la flotte batave de de Winter fut vaincue par la flotte britannique de l'amiral Duncan. Ce fut la plus grande bataille navale des guerres de la Révolution française.
Base principale de la flotte batave et mouillage stratégique contrôlant l'accès à Amsterdam depuis la mer du Nord. C'est depuis Texel que de Winter appareilla pour affronter les Britanniques en octobre 1797.
Capitale britannique où de Winter fut conduit après sa capture à Camperdown. Il y fut traité en prisonnier de haut rang, reçu dans les cercles aristocratiques et militaires, et ses qualités furent publiquement reconnues par la presse britannique.
Capitale de l'Empire napoléonien où de Winter s'installa après son retour de captivité et où il mourut le 2 juin 1812. Il y exerça des fonctions au service de Napoléon jusqu'à la fin de sa vie.
