Physicien français (1870-1942), il démontra expérimentalement l'existence des atomes par l'étude du mouvement brownien. Prix Nobel de physique en 1926, il fonda le CNRS en 1939.
Jean Perrin(1870 — 1942)
Jean Perrin
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La science est une œuvre collective qui exige l'organisation.»
« Voir l'invisible, tel est le but de la science.»
Faits marquants
- 1895 : thèse sur les rayons cathodiques, mesure de la charge de l'électron
- 1908 : expériences sur le mouvement brownien confirmant la théorie atomique d'Einstein
- 1913 : publication des 'Atomes', ouvrage de référence sur la réalité atomique
- 1926 : prix Nobel de physique pour ses travaux sur la discontinuité de la matière
- 1939 : cofondateur du CNRS (Centre national de la recherche scientifique)
Œuvres & réalisations
En mesurant avec précision les déplacements de grains microscopiques en suspension, Perrin confirma la théorie d'Einstein et mesura le nombre d'Avogadro, prouvant définitivement la réalité physique des atomes.
Ouvrage de synthèse et de vulgarisation qui explique la théorie atomique et les preuves expérimentales de l'existence des atomes. Traduit en plusieurs langues, il eut une influence considérable sur la communauté scientifique internationale.
Récompense décernée par l'Académie royale des sciences de Suède pour ses travaux sur la discontinuité de la matière et la découverte de l'équilibre de sédimentation des colloïdes.
Institut de recherche fondamentale créé avec le soutien du mécène Edmond de Rothschild, dédié aux interfaces entre physique, chimie et biologie, préfigurant les politiques modernes de recherche interdisciplinaire.
Musée des sciences interactif inauguré lors de l'Exposition universelle de Paris, conçu pour démocratiser l'accès à la science et rester un lieu emblématique de la culture scientifique en France.
Aboutissement de l'engagement politique de Perrin pour la recherche publique, le Centre National de la Recherche Scientifique est devenu l'un des principaux organismes de recherche fondamentale au monde.
Anecdotes
Pour prouver l'existence des atomes, Perrin passa des semaines à observer au microscope des grains de résine de gamboge en suspension dans l'eau. Il compta patiemment des milliers de particules à différentes hauteurs, démontrant que leur distribution suivait exactement les lois prévues par la théorie atomique. Cette patience expérimentale lui permit de mesurer le nombre d'Avogadro avec une précision inégalée pour l'époque.
Avant ses travaux sur les atomes, Perrin s'était illustré en 1895 en prouvant que les rayons cathodiques étaient des particules chargées négativement. Il construisit une expérience ingénieuse pour dévier ces rayons et collecter leur charge, confirmant l'hypothèse de Crookes et ouvrant la voie aux découvertes de J.J. Thomson sur l'électron deux ans plus tard.
Lors de la remise du Prix Nobel à Stockholm en 1926, Perrin insista dans son discours sur le fait que la science devait rester accessible à tous. De retour en France, il milita avec passion pour la vulgarisation scientifique, convainquant le gouvernement du Front Populaire de créer le Palais de la Découverte en 1937, musée interactif où le public pouvait assister à de vraies expériences scientifiques.
En 1936, nommé sous-secrétaire d'État à la Recherche dans le gouvernement de Léon Blum, Perrin obtint la création du Centre National de la Recherche Scientifique en 1939, donnant à la France une institution publique dédiée à la recherche fondamentale. Il déclarait volontiers que 'la recherche est un luxe qui rapporte davantage que les armées'.
Lorsque l'Allemagne envahit la France en 1940, Perrin, âgé de 70 ans et profondément républicain, refusa catégoriquement de vivre sous l'Occupation et le régime de Vichy. Il s'embarqua pour les États-Unis depuis Marseille et poursuivit ses activités scientifiques à New York jusqu'à sa mort en 1942. Ses cendres furent rapatriées au Panthéon en 1948, hommage posthume à celui qui avait définitivement 'donné corps aux atomes'.
Sources primaires
Peut-on voir les molécules ? Oui, si l'on appelle voir le fait de percevoir directement les effets individuels d'objets singuliers. Le mouvement brownien nous offre précisément ce spectacle : chaque grain visible est agité sans cesse par les chocs incessants des molécules invisibles qui l'entourent.
La réalité des molécules est aujourd'hui difficile à contester. L'accord entre les valeurs du nombre d'Avogadro obtenues par des méthodes entièrement différentes constitue une confirmation éclatante de la théorie atomique de la matière.
Mes mesures des déplacements moyens des grains de gamboge concordent remarquablement avec la formule d'Einstein. Le nombre d'Avogadro que j'en déduis, voisin de 6,8 × 10²³, s'accorde avec les valeurs obtenues par des voies entièrement indépendantes.
Il faut que la France se dote d'un organisme national capable de coordonner et de financer la recherche fondamentale, indépendamment des impératifs industriels immédiats, si elle veut maintenir son rang dans la compétition scientifique internationale.
Lieux clés
Ville natale de Jean Perrin, né le 30 septembre 1870. Chef-lieu du Nord industriel, elle forma le cadre de son enfance avant qu'il ne monte à Paris pour ses études à l'École Normale Supérieure.
Perrin y fut professeur de 1910 à 1940, d'abord maître de conférences puis professeur titulaire de chimie physique. C'est dans ses laboratoires qu'il mena ses expériences fondamentales sur le mouvement brownien.
Musée scientifique populaire fondé par Perrin et inauguré lors de l'Exposition universelle de 1937. Il y réalisa son rêve de rendre la science vivante et accessible à tous, avec des expériences présentées en direct au public.
Lieu d'exil et de mort de Jean Perrin. Réfugié aux États-Unis après la défaite de 1940, il y mourut le 17 avril 1942 sans avoir revu la France libre. Ses cendres furent rapatriées au Panthéon en 1948.
Temple républicain où les cendres de Jean Perrin furent transférées en 1948 lors d'une cérémonie officielle. Il y repose aux côtés d'autres grands savants, consacrant sa place dans le panthéon de la science française.
Objets typiques

Instrument central des expériences de Perrin pour observer le mouvement brownien de grains de gamboge en suspension. Il passait de longues heures à compter et mesurer le déplacement des particules visibles à fort grossissement.

Tube de verre sous vide dans lequel Perrin étudia les rayons cathodiques dès 1895, prouvant leur charge négative. Cette expérience fondatrice l'inscrit dans la chaîne de découvertes menant à l'identification de l'électron.

Pigment jaune extrait d'un arbre d'Asie du Sud-Est, broyé en grains microscopiques et mis en suspension dans l'eau par Perrin pour ses expériences. Sa taille uniforme et sa stabilité chimique en faisaient un matériau expérimental idéal.

Appareil utilisé par Perrin pour produire des suspensions de particules de tailles uniformes, condition indispensable à la rigueur de ses mesures sur la distribution verticale des grains et le mouvement brownien.

Cahier dans lequel Perrin consignait méticuleusement ses comptages de particules, ses mesures et ses calculs. La rigueur de ses notes permit à la communauté scientifique internationale de vérifier et de reproduire ses résultats.

Distinction remise à Jean Perrin à Stockholm en décembre 1926 pour ses travaux sur la discontinuité de la matière. Elle symbolisait la reconnaissance internationale de la réalité physique des atomes, longtemps contestée par une partie de la communauté scientifique.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Jean Perrin arrivait tôt dans son laboratoire de la Sorbonne, vers huit heures, après un trajet dans le Quartier Latin. Il commençait sa journée par la lecture du courrier scientifique international et la vérification des expériences en cours laissées à ses assistants la veille.
Après-midi
L'après-midi était consacrée aux manipulations délicates : réglage minutieux du microscope, comptage des particules de gamboge, relevé des mesures et calculs dans ses carnets. Il accueillait aussi des étudiants et des chercheurs, animant la tradition d'échange ouvert qui caractérisait son laboratoire.
Soir
Les soirées de Perrin étaient souvent occupées par des réunions dans les cafés ou salons parisiens où se retrouvait l'intelligentsia scientifique et politique. Il fréquentait les milieux républicains et laïques, débattait de la place de la science dans la société et rédigeait ses articles et conférences.
Alimentation
Comme beaucoup de professeurs de la Sorbonne, Perrin prenait ses repas dans les brasseries du Quartier Latin. Sa table était simple — viandes, légumes de saison, pain — sans ostentation, bien que ses liens avec le milieu intellectuel l'amenassent parfois à des dîners plus fastueux chez des mécènes ou des collègues.
Vêtements
Perrin arborait la tenue classique du professeur républicain de la Belle Époque : costume sombre en laine, gilet, cravate nouée, et souvent un lorgnon. Sa mise, soignée sans être recherchée, reflétait la dignité du scientifique engagé dans la vie publique.
Habitat
Perrin vivait dans un appartement bourgeois de la Rive Gauche parisienne, à proximité de la Sorbonne. Son intérieur combinait une bibliothèque fournie, des instruments de travail et des objets de curiosité naturelle que rapportaient ses voyages scientifiques en Europe.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Démonstration expérimentale de l'existence des atomes par l'étude du mouvement brownien
1908-1913
Prix Nobel de physique
1926
Fondation de l'Institut de Biologie Physico-Chimique
1927
Création du Palais de la Découverte
1937
Fondation du CNRS
1939






