Acteur, réalisateur et comédien américain né en 1926, Jerry Lewis est une icône du cinéma comique mondial. Célèbre pour son duo avec Dean Martin, il est particulièrement vénéré en France où il fut élevé au rang de Commandeur des Arts et des Lettres.
Jerry Lewis(1926 — 2017)
Jerry Lewis
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je suis le seul génie que je connaisse.»
« La France m'a appris à m'aimer moi-même.»
Faits marquants
- Né le 16 mars 1926 à Newark, New Jersey, sous le nom Joseph Levitch
- Forme avec Dean Martin un duo comique légendaire entre 1946 et 1956
- Réalise et joue dans 'The Bellboy' (1960) et 'Docteur Jerry et Mister Love' (1963)
- Décoré de la Légion d'honneur par la France en 1984
- Décède le 20 août 2017 à Las Vegas
Œuvres & réalisations
Premier film du duo Martin & Lewis, produit par la Paramount, qui inaugura la formule de leurs succès : le grand séducteur face au bouffon attendrissant. Il lança définitivement leur carrière cinématographique et en fit les comédiens les plus populaires d'Amérique.
Premier film réalisé par Lewis lui-même, tourné en dix-sept jours à l'hôtel Fontainebleau de Miami. Film quasi muet dans l'âme, il révèle un cinéaste visionnaire qui construit ses gags avec une précision architecturale et spatiale sans précédent.
Film dans lequel Lewis inventa le système du video assist et conçut un décor unique — une maison de pension filmée en coupe transversale — considéré comme l'un des plus inventifs de l'histoire de la comédie cinématographique.
Chef-d'œuvre absolu de Lewis, relecture de la légende de Jekyll et Hyde dans laquelle il incarne à la fois le timide professeur Kelp et l'arrogant Buddy Love. Le film est considéré par la critique internationale comme une œuvre majeure de la comédie américaine du XXe siècle.
Film de Martin Scorsese dans lequel Lewis joua son premier grand rôle dramatique, celui de Jerry Langford, star du talk-show américain victime d'un fan obsessionnel. Sa performance sobre et inquiétante révéla une profondeur d'acteur que le grand public ne lui soupçonnait pas.
Émission caritative télévisée annuelle animée par Lewis pendant quarante-cinq ans, levant plus de deux milliards de dollars pour la recherche contre les maladies musculaires. Ce Téléthon devint une institution culturelle américaine et inspira directement le Téléthon français de l'AFM créé en 1987.
Anecdotes
Jerry Lewis a révolutionné le tournage cinématographique en inventant le système du « video assist » sur le plateau de The Ladies Man en 1961. Il brancha un moniteur vidéo directement à la caméra afin de visualiser immédiatement les prises de vue sans attendre les rushes du lendemain. Cette innovation technique, qu'il ne breveta jamais, est aujourd'hui utilisée sur tous les tournages du monde entier.
La séparation du duo Martin & Lewis le 24 juillet 1956 fut l'une des ruptures les plus dramatiques du show-business américain. Lors de leur dernière représentation au Copacabana de New York, les deux comédiens se séparèrent sans aucune annonce officielle préalable, laissant leur public sous le choc. Le rideau tomba sur dix ans de succès fulgurants et une amitié qui ne se réconciliera que vingt ans plus tard, brièvement, lors d'un Téléthon.
En France, Jerry Lewis bénéficiait d'une adoration que les Américains ne comprenaient pas toujours. Les critiques des Cahiers du Cinéma le considéraient comme un véritable auteur de cinéma, au même titre que Chaplin ou Keaton. Il reçut la Légion d'honneur en 1984 et fut élevé au rang de Commandeur des Arts et des Lettres, une distinction qui le toucha profondément et qu'il évoquait avec émotion jusqu'à la fin de sa vie.
Pendant quarante-cinq ans, Jerry Lewis anima le Téléthon annuel de l'Association américaine contre les maladies musculaires (MDA), débutant en 1966. Il y consacrait souvent plus de vingt heures d'affilée, levant au total plus de deux milliards de dollars. Cette mobilisation lui venait d'une rencontre marquante avec un enfant atteint de myopathie dans les années 1950, qui avait éveillé en lui un engagement philanthropique indéfectible.
Lors du tournage de The Nutty Professor en 1963, Jerry Lewis joua deux personnages radicalement opposés : le professeur Kelp, maladroit et attachant, et Buddy Love, séduisant mais arrogant. Beaucoup ont vu dans ce personnage de Buddy Love un portrait acide de Dean Martin, son ancien partenaire. Lewis a toujours démenti cette interprétation, mais l'ambiguïté contribua durablement au mythe du film.
Sources primaires
The director is the total film-maker. He must be the writer, the actor, the set designer, the costume designer, the cutter — he must be all things to all men on the set.
Dean and I had something that was bigger than either one of us. We were greater than the sum of our parts, and the day we split up, a piece of me died.
Jerry Lewis est le seul réalisateur américain qui ait réussi à faire de la mise en scène un acte comique en lui-même.
La France m'a donné quelque chose que l'Amérique ne m'avait pas encore donné : le respect en tant qu'artiste. Vous m'avez vu comme un cinéaste, et cela m'a changé.
Lieux clés
Ville de naissance de Jerry Lewis le 16 mars 1926, dans un quartier à forte population juive immigrée. Ses parents, comédiens de vaudeville, l'initièrent très tôt au métier du spectacle dans ce contexte d'Amérique populaire et laborieuse.
Cabaret mythique de Manhattan où le duo Martin & Lewis se sépara définitivement le 24 juillet 1956, lors de leur ultime représentation commune. Ce lieu est entré dans la légende du show-business américain comme le théâtre d'une rupture aussi soudaine que retentissante.
Cœur de l'industrie cinématographique américaine où Lewis tourna la majorité de ses films, d'abord avec Dean Martin puis en solo. Les studios Paramount furent son terrain de jeu artistique pendant plus d'une décennie.
Capitale du divertissement américain où Lewis se produisit régulièrement dès les années 1950, notamment au Sands Hotel aux côtés du Rat Pack. Las Vegas fut sa résidence principale pendant les dernières décennies de sa vie et le lieu de son décès en 2017.
Institution culturelle parisienne qui consacra Jerry Lewis comme auteur de cinéma à part entière, organisant plusieurs rétrospectives majeures de son œuvre. Paris fut la ville où son génie fut le plus tôt et le plus pleinement reconnu, bien avant les États-Unis.
Objets typiques

Outil emblématique des cabarets et salles de spectacle des années 1940-1960, le microphone à col de cygne permettait à Lewis d'interagir avec le public tout en se livrant à ses numéros de pantomime. Il en faisait souvent un accessoire comique à part entière.

Caméra professionnelle standard des studios hollywoodiens des années 1950-1970, utilisée par Lewis comme réalisateur sur ses propres productions. Il en maîtrisait les paramètres techniques avec une précision d'ingénieur perfectionniste.

Lewis fut le premier à brancher un moniteur vidéo directement à la caméra de cinéma pour visualiser les prises en temps réel, inventant ainsi le système du video assist en 1961. Cette innovation révolutionnaire qu'il ne breveta jamais est aujourd'hui universelle sur tous les plateaux du monde.

Tenue de gala typique des cabarets et spectacles de Las Vegas des années 1950, le costume formel à nœud papillon était le point de départ élégant à partir duquel Lewis déclenchait ses ruptures comiques. Le contraste entre l'élégance du vêtement et la maladresse jouée du personnage était au cœur de son art.

Accessoire indispensable au tournage cinématographique synchronisant image et son, la claquette devint pour Lewis, réalisateur-acteur, le symbole de sa double fonction sur ses plateaux. Il supervisait lui-même son usage, signe de son contrôle total sur la fabrication de ses films.

Accessoire comique récurrent dans les sketches et films de Lewis, le téléphone lui permettait d'exploiter les quiproquos et les situations absurdes nées des malentendus de communication. Ce thème du malentendu et de l'incompréhension était central dans son humour.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les années 1960, au sommet de sa carrière, Lewis commençait ses journées très tôt sur ses plateaux de tournage, souvent dès cinq heures du matin. Il supervisait personnellement les éclairages, les décors et la disposition des caméras avant l'arrivée des équipes, une manie de perfectionniste qui garantissait la cohérence visuelle de ses films mais épuisait ses collaborateurs.
Après-midi
Les après-midis de tournage étaient consacrés aux prises de vue, entrecoupées de séances de revue immédiate sur son moniteur vidéo. Après le clap final, il restait souvent en salle de montage pour superviser les rushes du jour, cumulant avec une énergie peu commune les fonctions de réalisateur, acteur et producteur.
Soir
Le soir, Lewis se transformait en homme de scène : shows au casino ou spectacles en salle complète, notamment à Las Vegas où il se produisait plusieurs soirs par semaine. Il était réputé pour ses longues soirées avec le Rat Pack — Sinatra, Davis Jr., Martin — mêlant improvisation, musique et la camaraderie masculine typique du milieu du show-business américain des années 1950-1960.
Alimentation
Lewis mangeait souvent rapidement sur le plateau, des repas simples préparés par les équipes de catering. Sa dépendance progressive aux antidouleurs, liée à des problèmes de dos chroniques aggravés par des années de cascades comiques, affecta son rapport à la nourriture et son apparence physique à partir des années 1970.
Vêtements
À l'écran et sur scène, Lewis portait des costumes soigneusement calculés : le smoking à nœud papillon pour les shows de cabaret, le vêtement trop grand ou trop court pour accentuer la maladresse de ses personnages. Dans la vie privée, il était élégant et attaché aux tenues de qualité, reflet d'un goût pour le luxe acquis avec le succès.
Habitat
Lewis habitait dans de luxueuses demeures à Hollywood Hills puis à Las Vegas, symboles de sa réussite dans l'Amérique du rêve d'après-guerre. Sa résidence de Las Vegas était réputée pour abriter une collection impressionnante d'équipements électroniques et cinématographiques, témoignage de sa passion indéfectible pour la technique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Téléthon MDA (Muscular Dystrophy Association)
1966—2011






