Jim Bridger(1804 — 1881)

Jim Bridger

États-Unis

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ExplorationFar WestExplorateur/triceXIXe siècleConquête de l'Ouest américain et exploration des montagnes Rocheuses dans la première moitié du XIXe siècle

Trappeur, guide et explorateur américain, figure emblématique des « mountain men » des Rocheuses. En 1824, il est l'un des premiers Anglo-Américains à atteindre le Grand Lac Salé. Il fonde Fort Bridger, relais essentiel sur les pistes de l'Ouest.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Jim Bridger (1804-1881) est bien plus qu'un simple trappeur : il est l'un des premiers mountain men à avoir exploré et cartographié mentalement une grande partie des Rocheuses. Ce qui le rend décisif, c'est sa double contribution : d'une part, il fut un guide exceptionnel pour les expéditions officielles et les émigrants, et d'autre part, il fonda Fort Bridger en 1843, un relais vital sur les pistes de l'Oregon, de la Californie et du Mormon Trail. Contrairement à beaucoup d'autres explorateurs de son époque, Bridger ne savait ni lire ni écrire, mais sa mémoire prodigieuse lui permettait de tracer des cartes d'une précision remarquable, comme le rapportent les capitaines Raynolds et Stansbury.

Faits marquants

  • Né en 1804 en Virginie, il rejoint dès 1822 l'expédition de traite des fourrures d'Ashley sur le Missouri
  • En 1824-1825, il devient l'un des premiers Anglo-Américains à voir le Grand Lac Salé (Utah)
  • Il explore et décrit le secteur du futur parc de Yellowstone, longtemps jugé invraisemblable
  • En 1843, il fonde Fort Bridger (Wyoming), poste de ravitaillement sur les pistes de l'Oregon et de Californie
  • Mort en 1881 dans le Missouri, après avoir guidé de nombreuses expéditions militaires et de colons

Œuvres & réalisations

Atteinte du Grand Lac Salé (1824-1825)

L'un des premiers Anglo-Américains à atteindre et décrire le Grand Lac Salé, contribuant à la connaissance géographique de l'Ouest.

Fondation de Fort Bridger (1843)

Création d'un comptoir devenu une étape essentielle des pistes de l'Oregon, de la Californie et du Mormon Trail.

Découverte de Bridger Pass (1850)

Identification d'un col raccourcissant la traversée des Rocheuses, plus tard suivi par le télégraphe et le chemin de fer transcontinental.

Guide de l'expédition Stansbury (1850)

Conduite de l'expédition de relevé du Grand Lac Salé, à laquelle il indiqua de nouveaux passages praticables.

Guide de l'expédition Raynolds (1859-1860)

Pilotage de l'exploration officielle du bassin du Yellowstone et de la Yellowstone River pour l'armée américaine.

Ouverture du Bridger Trail (1864)

Tracé d'une route alternative et plus sûre vers les mines d'or du Montana, évitant les territoires de conflit avec les Lakotas.

Anecdotes

En 1823, alors qu'il n'a que 19 ans, le jeune Bridger est chargé avec un autre trappeur de veiller sur Hugh Glass, un compagnon affreusement blessé par une ourse grizzly et que l'on croit mourant. Les deux hommes finissent par l'abandonner en emportant son fusil. Mais Glass survit, rampe sur des centaines de kilomètres et revient hanter la légende de l'Ouest — Bridger, lui, sera pardonné en raison de sa jeunesse.

Vers 1824-1825, en suivant la rivière Bear pour gagner un pari entre trappeurs, Bridger débouche sur une immense étendue d'eau salée : le Grand Lac Salé. Goûtant l'eau et la trouvant saumâtre, il crut un moment avoir atteint un bras de l'océan Pacifique. Il fut l'un des premiers Anglo-Américains à le voir.

Bridger était célèbre pour ses récits extraordinaires sur la région du futur parc de Yellowstone : geysers bouillonnants, sources fumantes, « forêt pétrifiée » avec des oiseaux pétrifiés chantant des chansons de pierre. On riait de ses exagérations, mais beaucoup de ses descriptions de la zone géothermique se révélèrent exactes des années plus tard.

En 1843, Bridger fonde avec son associé Louis Vasquez un comptoir, Fort Bridger, sur la piste de l'Oregon. Ce relais devint une étape vitale pour les milliers de pionniers, mormons et chercheurs d'or qui traversaient les Rocheuses : on y réparait les chariots, on y achetait chevaux et provisions.

Bridger ne savait ni lire ni écrire, mais il possédait une mémoire géographique prodigieuse : il pouvait dessiner sur une peau ou dans la cendre des cartes étonnamment précises de territoires immenses. Il parlait aussi plusieurs langues amérindiennes ainsi que le français et l'espagnol appris auprès des autres trappeurs.

Sources primaires

Captain William F. Raynolds, Report on the Exploration of the Yellowstone River (1868)
Bridger, qui servit de guide à l'expédition, était présenté comme l'homme connaissant le mieux les Montagnes Rocheuses, capable de décrire de mémoire des régions qu'il n'avait pas vues depuis des années.
Grenville M. Dodge, Biographical Sketch of James Bridger (1905)
Bridger ne savait ni lire ni écrire, mais sa connaissance des montagnes et des plaines était si exacte qu'il pouvait tracer des cartes d'une justesse remarquable sur le sol ou sur une peau.
Captain Howard Stansbury, Exploration and Survey of the Valley of the Great Salt Lake (1852)
Le guide Bridger indiqua un nouveau passage à travers les montagnes, plus court et plus praticable pour les chariots que la route alors suivie par les émigrants.

Lieux clés

Richmond, Virginie

Ville où naît Jim Bridger en 1804, avant que sa famille n'émigre vers l'Ouest, près de Saint-Louis dans le Missouri.

Grand Lac Salé

Vaste lac salé de l'actuel Utah que Bridger atteint vers 1824-1825, croyant un instant avoir touché un bras du Pacifique.

Fort Bridger, Wyoming

Comptoir de commerce fondé par Bridger en 1843 sur la piste de l'Oregon, relais vital pour les émigrants traversant les Rocheuses.

Région de Yellowstone

Zone géothermique des Rocheuses dont Bridger décrivait geysers et sources bouillonnantes, longtemps prises pour des exagérations.

Bridger Pass

Col des montagnes Rocheuses découvert par Bridger en 1850, offrant un passage plus court aux chariots et plus tard à la ligne de chemin de fer.

Westport (Kansas City), Missouri

Lieu où Bridger se retire sur une ferme et meurt en 1881, presque aveugle, loin des montagnes qu'il avait parcourues.

Voir aussi